Anelka se marre

Suite à la terrible sanction infligée par la Commission de Discipline de la FFF, hier, (18 matches de suspension), Nicolas Anelka a répondu à ses juges. Aujourd'hui, dans un entretien accordé à France-Soir, il les a envoyé au diable, entérinant par là même sa décision de ne plus jamais jouer en équipe de France...

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Une sanction trop lourde ?

D'abord la sanction. 18 matches de suspension... Le « 18 » rappelle un peu le numéro des Pompiers quand y'a le feu. Mieux ! Dans l'argot anglais, « 18 » désigne la surface de réparation (the 18 yards). « Pompiers » , « surface de réparation » ... hum... Pas mal vu, tout compte fait. Le contexte d'urgence (Pin-pon !) et de punition (réparer le mal) colle tout à fait au procès. Sinon, la lourdeur de la peine évoque la justice pénale américaine et ses incroyables condamnations à vie, plutôt qu'à mort, ce qui revient au même. James Earl Ray, l'assassin présumé de Martin Luther King, avait été condamné à 99 ans de prison en 1969. Bien entendu, ce pauvre Ray est mort avant, au pénitencier, en 1998... Retour à Niko avec la réaction indignée de Laurent Davenas, membre de la mission d'information qui avait fourni le rapport au Conseil fédéral sur « la grève de l'équipe de France pendant le Mondial 2010 » (ouf !) : « Une sanction assez sévère (...) Autant le radier à vie. Les choses auraient été plus claires. Pour les autres, ça me paraît être une décision juste qui marque le coup tout en ménageant l'avenir de l'équipe de France. Mais il y a une énorme disproportion » . « Radié à vie » : le mot est lâché. C'est bien de mise à mort en Bleu qu'il est question ici pour Niko. A ceci près que Anelka peut faire appel et voir sa peine commuée. Et que « matériellement » , après avoir purgé son exclusion, il serait sélectionnable en mai 2012, donc alignable à l'Euro polonukrainien... Rigolez pas, il n'aura que 33 ans !

L'adieu aux Bleus (bis)

Reste que son absence hier à Paris, face à la commission de discipline, a certainement aussi joué dans le sens de la sévérité maximum. Mais en fait, Niko s'en fout : il ne désire plus jouer pour les Bleus. Il l'a redit aujourd'hui : « Je le répète : la page des Bleus a été tournée le 19 juin lors de mon éviction de Knysna » ... Nicolas peut donc agonir de mépris tous ceux qui l'ont tourmenté en juin en Afrique du Sud et en août à Paris : «  Pour moi, toute cette histoire de commission de je ne sais quoi est une aberration, une mascarade pour ne pas perdre la face (...) Ils ont sanctionné dans le vide car Anelka Nicolas n'a jamais existé dans cette histoire pitoyable et grotesque. Ils ont amusé la galerie. Ce sont de vrais clowns ces gens... Je suis mort de rire! Qu'ils tournent enfin la page, car Laurent Blanc a besoin de bosser sereinement » . Cash. Du pur Anelka dans le texte. Très importants, les mots. Autant ceux-ci scellent ce qu'on pourrait considérer comme son adieu définitif à l'équipe de France (même s'il ne faut jamais dire « jamais » ), mais autant ceux qu'on lui a prêtés dans le vestiaire des Bleus à la mi-temps de France-Mexique en Coupe du Monde vont être source de nouvelles polémiques.

Le poids des mots

«  Va te faire enculer, sale fils de pute » : ce sont ces mots publiés à la une de l'Equipe le samedi 19 juin qui avait mis le feu aux poudres et déclenché par ricochet la grève du lendemain. Or, Anelka n'a pas prononcé exactement ces mots ! Dans un mouvement d'humeur (comme il y en a dans tous les vestiaires à la mi-temps) il a adressé cette phrase à Raymond Domenech : «  Va te faire enculer avec ton équipe. Fais l'équipe que tu veux » . Ce qui est bien différent de la thèse de départ. C'est ce qu'ont affirmé tous les interlocuteurs (joueurs et staff) à la commission de discipline, selon le Parisien d'aujourd'hui. Et alors ? Et alors Nicolas Anelka est en procès avec l'Equipe. Voilà qui va mettre le quotidien sportif dans la difficulté, vu le langage manifestement excessif dans l'insulte que le journal avait publié. Car ici, pas de traces de « sale fils de pute » ... L'avocat de l'Equipe va avoir du boulot.

Et la jurisprudence Cantona ?

Bizarrement, Niko Anelka a trouvé d'autres alliés objectifs dans sa triste situation. L'UNFP, le syndicat national des footballeurs pros a perfidement critiqué la sanction qui a frappé l'attaquant de Chelsea : « La commission de discipline de la FFF a frappé lourdement, sous la pression politico médiatique. Seul Eric Abidal échappe au massacre. Aurait-il fallu que Nicolas Anelka soit présent et s'explique pour que les dix-huit matches de suspension prononcés, qui signifient la fin de sa carrière internationale, soient ramenés à de plus justes proportions ? Faut-il rappeler qu'Eric Cantona, pour des faits similaires et avérés ceux-là puisque les mots avaient été prononcés devant les caméras de télévision et non dans l'intimité d'un vestiaire, n'avait écopé, en son temps, que d'un an de suspension ? » . Autant pour les quatre autres prévenus (Evra, Ribéry, Toulalan, condamnés, et Abidal « innocenté » ), il n'existait pas de jurisprudence particulière pour des faits vraiment similaires à ceux de Knysna. Autant pour Anelka, le précédent Cantona était « source de droit » qui pouvait faire loi.

Alors ? Niko Anelka parfait bouc émissaire ? Eternel mal-aimé du foot français désormais exilé des Bleus et de la France ? Cette nouvelle « affaire Anelka » n'est certainement pas finie. Au plan judiciaire, avec le procès contre l'Equipe. Et peut-être sur le plan sportif : Laurent Blanc avait affirmé que la porte resterait ouverte pour Nicolas... Mais, là, faut pas rêver. Un autre coach peut se frotter les mains : Carlo Ancelotti, qui disposera dès maintenant et à plein temps de son cher « Niko » , qu'il apprécie énormément.

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