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Anelka, le Blue tousse

On imaginait que l'attaquant de Chelsea et de l'Equipe de France avait mûri, passé un cap, franchi un palier, appelez ça comme vous le voudrez. Mais non, tant en sélection qu'en club, le natif de Trappes a renoué avec sa terrible nonchalance adossée actuellement à un rendement chiffré proprement famélique. Et tout les observateurs de se poser la question : faut-il encore compter sur Nicolas Anelka ?

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Encore feintés... On croyait qu'il avait changé, une promesse constante chez les Nicolas, mais une promesse constamment non tenue. Car franchement, tous ceux qui avaient assisté au déplacement de l'Equipe de France en Serbie en septembre dernier étaient près à jurer la main sur le cœur : Nicolas Anelka a définitivement mûri. Enfin prêt à assumer un statut de grand joueur si longtemps promis. A Belgrade, en infériorité numérique, les Bleus s'étaient tapé ferme pour aller chercher avec les dents un nul méritoire (1-1). L'artisan principal de cette révolte ? Anelka que jamais ô grand jamais, on n'avait vu aller au turbin de cette façon, pressant haut et fort, prompt à cavaler sur le moindre ballon et dur sur les contacts, un goût pour le mastic conjugué à une réelle justesse technique. Talent, courage et maturité, une trilogie qui fait voyager loin. Sauf quand derrière on retombe dans ses travers historique. Après tout, en foot comme partout ailleurs, les promesses engagent surtout ceux qui y croient... Car après avoir esquissé tant de possibilités, en sélection ou à Chelsea, l'indécrottable Nico a fini par redevenir ce qu'il était : une déception.

4-3-3 = Ciao Nicolas

Mais en vérité, on avait aussi oublié que le Trappiste ne donne sa pleine mesure que dans une configuration, une seule : en liberté totale. C'était le cas au Marakana où l'infériorité numérique commandait une grande rigueur défensive mais conférait davantage de souplesse devant. En club, c'est le cas plus généralement quand l'attaquant de Chelsea peut évoluer dans l'axe. Que ce soit en soutien ou en pointe. Ainsi durant le premier trimestre, son duo avec Didier Drogba fit fureur dans le 4-4-2 de Carlo Ancelotti. A l'Ivoirien le soin de fixer, à Nico celui d'ambiancer. Idem quand DD file à la CAN, Anelka prend les clés et pilote le bouzin en solo. Son secret ? User de son goût du décrochage pour resquiller à tout-va entre les lignes pour mieux faire parler ses jambes et son toucher de balle assez soyeux. Bilan : cinq pions en neuf journées entre décembre et janvier. Simplement voilà, depuis février la donne a changé. Drogba est rentré d'Angola et Ancelotti a arrêté ses expérimentations en revenant sagement au 4-3-3 maison. Et forcément, dans ce système, le Francilien occupe un flanc, le droit en l'occurrence, avec toutes les emmerdes qui vont avec. Soit à la louche, l'animation du flanc, un repli défensif stricte et, cauchemar absolu pour lui, jeu sans ballon pour ouvrir le couloir. Sans surprise, Anelka a sombré avec un tout petit but en deux mois et demi. Certes, ce genre de chiffre ne livre qu'une vérité partielle du rendement d'un joueur mais ce bémol, comme un réflexe, ne résiste pas à l'analyse des prestations de l'international français. Pour le mastoc Kevin Davies de Bolton, ancien pied à terre de Nico, il y aurait un souci entre son ex-partenaire et Drogba : « C'est toujours difficile de parler avec Nicolas, il a une personnalité vraiment difficile à lire. Vous ne savez jamais ce qu'il se passe dans son esprit, mais là il semble y avoir quelque chose entre lui et Didier Drogba. Je ne suis pas sûr qu'ils s'entendent très bien. C'est un grand joueur capable de faire de grandes choses, mais pour le moment, on sent qu'il n'est tout simplement pas heureux » . Mouais, possible, possible, mais on serait tentés plutôt de chercher (aussi ?) du côté technique. Là où se situe peut-être la vraie limite du bonhomme.

L'Espagne comme révélateur


Au vrai, c'est sans doute un ex-membre de l'équipe de France qui en parle le mieux : « Faut arrêter avec Anelka ! Ce type ne joue jamais dans le bon tempo. Il s'obstine à vouloir décrocher mais il ne sait pas donner du mouvement : il démarre puis s'arrête, puis redémarre et ainsi de suite avec ses crochets. Le problème est que ça casse tout le mouvement autour. Résultat : il n'apporte rien mais en plus il brise l'élan collectif » . En ce sens, le barrage face à l'Eire a été une caricature, tout comme le dernier désastre en amical face à l'Espagne (0-2), une tare d'autant plus mise en valeur qu'en face, la Roja régalait en deux touches, soit contrôle-passe, aux antipodes des délires “anelkaïens”. Le hic (un de plus en fait), c'est que Nico n'a rien trouvé de plus malin que d'ouvrir son clapet pour dézinguer son coach et l'expression générale de l'équipe sans jamais faire un tour du côté du miroir : « On ne peut pas continuer à prendre des leçons de football comme contre l'Espagne par exemple. Au niveau du positionnement, tactiquement, au niveau de la confiance, les mecs (les Espagnols) n'ont rien à avoir avec nous. Ils ont du jeu, ils savent où ils vont aller, par où ils vont passer... Quand c'est bloqué d'un côté, ils changent de côté... Ils connaissent le football ! Tant qu'on n'aura pas ça, il n'y aura rien du tout. Tu ne peux pas perdre 2-0 comme ça. C'est vraiment ridicule, on le sait tous, on s'est fait tuer sur le terrain. C'était une D1 contre une D4. On aurait dit des pros contre des amateurs. Je n'arrive pas à l'expliquer, on a les joueurs, on a les qualités pour faire quelque chose de bien » . La vraie question étant, n'en déplaise à Nicolas Anelka : avec ou sans lui ? Dans une sélection au maximum de ses moyens, l'affaire serait vite classée : à la maison, comme lors des trois Coupes du monde précédentes. Mais entre l'absence de Gignac, la saison chaotique de Henry et Benzema, se passer d'Anelka relèverait du non-sens. Mais en l'état actuel, l'aligner aussi. Oui, Anelka reste définitivement insaisissable...

Traduit de l'anglais par Simon Capelli-Welter, source The Guardian

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