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Anelka, la vieille querelle

En inscrivant un doublé, samedi, pour WBA contre West Ham, Nicolas Anelka est un peu plus entré dans l’histoire de la Premier League. Pourtant, c'est évidemment sa célébration, en forme de soutien à Dieudonné, sur le premier de ses deux buts qui a mis en émoi une France qui n’aime le voir que sous un angle : l’angle mort. Un geste qui, au-delà des débats bien éloignés des terrains de foot quant à sa signification, rappelle surtout que l'attaquant s'est médiatiquement forgé seul et souvent contre tous.

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«  FOOT-DISCRIMINATION-ENG-FRA-RACISME-ANTISÉMITISME » . C’est peu dire que les mots-clés de l’article que l’AFP a livré samedi soir à propos de la célébration d’un but de Nicolas Anelka sont forts. À commencer par ce mystérieux « Foot » qui n’est pas le terme le plus approprié pour évoquer un West Ham – West Bromwich Albion, autrement dit un choc entre le 19e et le 15e du championnat d’Angleterre. Trêve de plaisanterie, l’essentiel est ailleurs : à 34 ans, l’homme qui a connu onze clubs dans sa carrière a confirmé ce week-end qu’il dispose du don de ne pas avoir à beaucoup ouvrir la bouche pour diviser la France. Au Boleyn Ground de West Ham, il n’a même rien eu à dire. Simplement à toucher son biceps droit avec son gant Adidas gauche et le petit sourire qui en dit long. « Ce geste était juste une spéciale dédicace pour mon ami humoriste Dieudonné » , indiquait-il sur Twitter quelques heures après le match à ceux qui en doutaient encore... Dimanche, le joueur formé au PSG en rajoutait même une couche sur le réseau social, en réponse aux diverses réactions provoquées par son geste : « Signification de quenelle : anti-système. Je ne sais pas ce que le mot religion vient faire dans cette histoire ! (...) Je demanderai donc aux gens de ne pas se faire duper par les médias. Et bien sûr, je ne suis ni antisémite ni raciste et j'assume totalement mon geste. » Peu importe le sens de la quenelle de Dieudonné, tant les débats qu'elle engendre n'ont rien à voir avec le football, celle d’Anelka rappelle à quel point l’expression «  c’est le geste qui compte » ne rime à rien. Non, ce n’est pas le geste qui compte. C’est l’identité de son auteur.

Au rayon des sportifs français qui ont singé l’ancien binôme d’Elie Semoun, figurent notamment Mamadou Sakho, Tony Parker et Teddy Riner. Soit un néo-sauveur de la patrie, un triple champion NBA et un judoka dont la gentillesse fait l’unanimité, sans quoi il ne titillerait pas régulièrement Mimie Mathy et Jean-Jacques Goldman au classement des personnalités préférées des Français. Preuve que la France ne réagit aux chatouilles que quand ça lui chante. Nicolas Anelka a beau disposer d’un palmarès très honnête (doublé Ligue des champions - Euro en 2000), avoir évolué dans les plus grands clubs européens et étalé ses 69 sélections en équipe de France sur douze années, la seule énonciation de son nom est source de polémique. Ce phénomène d’allergie à l’attaquant a vu le jour en février 1997 quand, à peine majeur, le Francilien choisissait de quitter le PSG pour Arsenal. Le coup d’envoi des emmerdes qui connaissent leur climax lors du Mondial 2010. En Afrique du Sud, il avait décidé de cloisonner ses émotions dans l’intimité du vestiaire des Bleus. Ça n’avait pas empêché L’Équipe de faire sa Une sur des propos racoleurs qu’elle n’avait pas recueillis, entourés de guillemets pour décorer son « Va te faire enculer, sale fils de pute  » que l’enfant des Yvelines aurait alors adressé à son sélectionneur Raymond Domenech. Entre-temps, il avait manqué l’Euro 2004, car sa demande de voir Jacques Santini s’agenouiller pour qu’il revienne chez les Bleus n’avait pas abouti, ou versé sa bile sur la France, ce « pays hypocrite » qui « a un problème avec l'argent  » fin 2009 dans les colonnes de 20minutes. Bref, qu'on aime le joueur ou pas, Nicolas Anelka, le personnage médiatique, donne régulièrement l'impression de tendre la joue.

Fourneyron, Kaaris et Franck Dubosc

Si les célébrations de but de Nicolas Anelka importent tant à la France aujourd’hui – comme l’atteste la rapide et radicale réaction de la ministre des Sports Valérie Fourneyron ( «  Le geste d'Anelka est une provocation choquante, écœurante. Pas de place pour antisémitisme et incitation à la haine sur terrain de foot  » ) – pourquoi ne pas s’être attardé sur celles du passé ? Pas plus tard que l’été dernier, à l’occasion d’un amical avec WBA, il fêtait sa réalisation en reprenant le mouvement de bras de Kaaris, symbole de puissance dont le Juventino Paul Pogba a également fait son gimmick.

Vidéo
Pendant longtemps, Nico dessinait une colombe avec ses mains en guise de manifestation de joie. C'est sûr, ça déclenche tout de suite moins de polémiques.


La force de l’histoire du week-end provient surtout de son improbabilité. Il fallait un concours de circonstances incroyable pour qu’Anelka marque samedi, lui qui n’avait encore jamais scoré avec WBA dans un match officiel. Avant son come-back dans le Royaume cet été, il sortait d’une expérience d’un semestre sans but à la Juve et ses statistiques chinoises (3 buts en 24 matchs avec le Shanghai Shenhua) n’indiquaient pas forcément qu’il reviendrait sur le devant de la scène en faisant autant de boucan. Mais Anelka donne l’impression de choisir ses clins d’œil et leur timing. Des clins d'œil qui, disons le tout net, ressemblent souvent à des bras d’honneur. Celui adressé samedi à on ne sait trop qui a été condamné par la presse anglaise, qui s’est emparé du débat de la quenelle avec gourmandise. Mais outre-Manche, on n’oublie pas non plus que lors de cette rencontre, Anelka est devenu le neuvième joueur de l’histoire à marquer avec six clubs anglais différents (Arsenal, Liverpool, Manchester City, Bolton, Chelsea et WBA), performance passée sous silence dans la majorité des médias français au profit de sa quenelle qui tombe en pleine tempête médiatique autour de la volonté du ministre de l'Intérieur d'interdire les spectacles de Dieudonné.

Puisque son image est écornée et quand bien même West Brom prend sa défense pour le moment, Nicolas Anelka sera peut-être invité à changer d’air dans les prochains mois. Un mal pour un bien, sportivement parlant, puisque cela lui permettrait de tenter de marquer pour un septième club anglais et de griffer un peu plus l’histoire de la Premier League. Ce jour-là, Nicolas aura 35, 36 ou 37 ans. Ça lui laisse le temps de copiner avec Franck Dubosc et Kev Adams et de croiser les doigts pour que parmi ces deux-là, aucun ne soit entre-temps devenu le principal problème de Manuel Valls.

Par Matthieu Pécot
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