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Andrea Ranocchia, récit d’un talent gâché

Après cinq ans à l’Inter, Andrea Ranocchia commence une nouvelle aventure à la Sampdoria, en prêt pour six mois. Pendant ses années à Milan, le défenseur est passé par toutes les émotions possibles. De jeune talent à capitaine pour finalement terminer remplaçant, on ne peut pas dire que son passage chez les Nerazzurri ait été tout rose.

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« Ça m’embête de laisser partir un joueur comme lui. C’est un garçon intelligent et en forme. Je suis fier de pouvoir me vanter de l’avoir découvert. » C’est sur ces belles paroles qu’Enrico Preziosi, président du Genoa, laissait filer Andrea Ranocchia, alors âgé de 23 ans, à l’Inter début janvier 2011 pour 12,5 millions d'euros. Tout portait donc à croire que les Nerazzurri avaient fait une affaire, vu ce qu’on en disait en Italie. Car, un an plus tôt, il formait en effet un duo très prometteur avec Leonardo Bonucci à Bari. Alors que le club pugliese venait de remonter en Serie A en 2009, Giampiero Ventura, aujourd’hui entraîneur du Torino, décidait de lancer ces deux jeunots malgré quelques doutes. « Bari devait débuter sa saison contre l’Inter. De leur côté, il y avait Milito et Eto’o. Ventura était convaincu qu’il fallait lancer Bonucci et il m’a demandé si ce n’était pas l’occasion de le faire jouer en duo avec un joueur plus expérimenté comme Stellini. Mais il avait en tête Ranocchia et il voulait mon avis. Je lui ai dit que contre les grands joueurs qu’avait l’Inter, on pouvait mettre un duo de jeunes inconscients. Ils joueront et ils arrêteront l’attaque nerazzurra » , se souvenait Giorgio Perinetti, ex-directeur sportif de Bari, lors d’un entretien pour la Repubblica Bari. Il ne s'était pas trompé. Ce jour-là, les Galletti tiennent en échec l’armada de Mourinho, 1-1.

L’héritage de Materazzi


Comme annoncé, les débuts de Ranocchia sont prometteurs. Sous les ordres de Leonardo, qui vient alors de prendre la place de Rafael Benítez sur le banc de l’Inter, Ranocchia entame son parcours milanais, une semaine après son arrivée, contre ses anciens partenaires du Genoa en Coupe d’Italie. Il ne lui faut guère longtemps avant d’ouvrir son compteur buts, puisqu’il trouve le chemin des filets un mois plus tard. Mieux que ça, ce pion est le seul du match et permet à l’Inter de décrocher les trois points face à Cagliari. Il enchaîne avec des premiers pas également convaincants en Ligue des champions, lors des huitièmes de finale sur le terrain du Bayern (victoire interista 3-2).


Un match au cours duquel il sauve notamment un ballon sur la ligne. Bref : dès lors, on peut légitimement penser que la relève est assurée en défense centrale et que Walter Samuel, Ivan Córdoba, Lúcio et Marco Materazzi peuvent prendre leur retraite, peinards. D’ailleurs, ce dernier est à l'époque une véritable source d’apprentissage pour Ranocchia, et la presse italienne ne manque jamais une occasion pour les comparer, au vu de leurs physiques identiques. À la fin de saison 2010-2011, Materazzi tire sa révérence et lui laisse même son symbolique numéro 23.

La grenouille s’est noyée


Tout semble parfaitement lancé, et pourtant, la suite de l’aventure interista de Ranocchia est bien moins glamour. Devenu peu à peu titulaire, le défenseur, qui a même eu le privilège d’être appelé en équipe nationale, commence déjà à s’essouffler. Certes, son mètre quatre-vingt-quinze l’aide à marquer de temps à autre sur coups de pied arrêtés, mais défensivement, cela devient de plus en plus compliqué. Lent, mal positionné, incertain dans ses initiatives et des boulettes défensives de plus en plus fréquentes, le jeune gamin autrefois plein de promesses laisse tout doucement place à un défenseur moyen de Serie A. Le véritable élément perturbateur de sa carrière a certainement été la reprise du brassard de capitaine, laissé vacant par Javier Zanetti, qui part pour une retraite bien méritée à la fin de l’exercice 2013-2014.


Sans charisme et loin d’être un meneur d’hommes, la « Rana » (la grenouille, comme il est surnommé, ndlr) se met également les supporters à dos, malgré lui. Que ce soit sur le terrain ou en dehors, il tente toutefois de rester positif et répond toujours avec humour et ironie aux commentaires, parfois très violents, des tifosi. Pour beaucoup d’entre eux, le voir enfin quitter le navire nerazzurro est une véritable satisfaction, même s’il n’est apparu qu’à dix reprises cette saison après avoir laissé le brassard à Mauro Icardi. Désormais parti à la Sampdoria dans le cadre d’un prêt de six mois, l’Italien veut se relever, et rapidement, en vue de l’Euro qui approche. C’est malheureusement déjà mal parti pour lui, puisqu'il s'est rendu coupable sur le deuxième but encaissé par le club de Gênes à Bologne ce dimanche (défaite 3-2), suite à une avancée balle au pied trop ambitieuse. Ses vieux démons étaient, semble-t-il, compris dans le contrat.

Par Giuliano Depasquale
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Dans cet article

Je dois avouer qu'à la manière d'un Santon, cette dégringolade de niveau est incompréhensible.
Quelle tristesse, je me souviens de ses premiers matchs, il remportait presque tout ses duels, et s'imposait physiquement, le potentiel etait visible, quel dommage qu'il n'ait pas réussi à continuer sur cette lancée!
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