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André, l’éloge de la propreté

Arrivé libre à Rennes en juin 2014, Benjamin André a longtemps souffert de son handicap : sa polyvalence. Alors, il a été baladé derrière, sur un côté, avant de s’installer définitivement comme point d’équilibre du jeu rennais. Dans un silence qu’il serait temps de briser.

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Le football est souvent cruel. En débarquant au chevet du Stade rennais le 20 janvier dernier, Rolland Courbis n’avait qu’un objectif : laver l’honneur d’un club giflé en Coupe de France à Bourg-en-Bresse (3-1), mais surtout donner (enfin) du plaisir aux quelque 20 000 personnes qui dépensent du fric tous les quinze jours pour s’installer sur un siège au Roazhon Park. Dans un entretien donné à L’Équipe fin mars, le pompier en costume avait même avancé vouloir faire de Rennes « l’Atlético de Madrid du foot français, c’est-à-dire une équipe emmerdante à jouer, difficile à battre. (...) Nous sommes satisfaits car, dans les discussions que j’ai pu avoir à mon arrivée, il s’agissait justement d’essayer de trouver des améliorations pour que le public rennais puisse repartir du stade, quel que soit le score, content et fier d’avoir supporté une équipe qui mérite d’être supportée. » Courbis voulait des émotions et, en quatre mois de mandat, il en a eu, bouclant finalement la saison à une anecdotique huitième place de Ligue 1. Avec Rennes, c’est un classique : avancer avec quelques éclaircies et apprendre à être déçu à la fin. Alors, il fallait franchir un cap, balancer des nouvelles ambitions. Coach Courbis se serait bien vu rester, mais le projet a finalement été confié à Christian Gourcuff avec un « groupe un peu moins compliqué » que celui laissé par Montanier en janvier. Difficile à avaler, mais un héritage partiellement conservé sur la forme. Les améliorations de Courbis ? Un retour à la jeunesse, mais aussi quelques ajustements, dont le principal n’a pas fait beaucoup de bruit. Comme si Benjamin André, enfin replacé au cœur du jeu, avait signé pour une vie d’ouvrier dont la mission est simple : venir, nettoyer, éclairer, se doucher et se barrer. Mais c’est un peu plus que ça, et Gourcuff l’annonce : « Le meilleur est encore à venir. »

Le rêve de la possession et le point d’ancrage


Le gamin de Nice s’est toujours présenté comme un amoureux du jeu. Interrogé début novembre par Ouest-France, André expliquait rêver « d’avoir 70% de possession à tous les matchs » . L’ancien joueur de l’AC Ajaccio est comme ça. Son bonheur est dans l’espace, les échanges, la conservation, plutôt que dans une praline en pleine lucarne ou un slalom technique. Longtemps, celui qui cavale aujourd’hui sous ses vingt-six ans a pourtant été une énigme. Comment l’utiliser ? En milieu droit ? Derrière, comme aimait le faire Philippe Montanier ? Dans l’axe ? Christian Gourcuff dépouille le sujet : « Je le suivais déjà pas mal quand il était à Ajaccio [entre 2006 et 2014, ndlr]. Quand j’étais à Lorient, c’était un profil qui m’intéressait, mais comme milieu droit. C’est un joueur avec une qualité technique évidente et il a évolué vers un nouveau registre où il peut utiliser son gros volume de jeu. Sa force, c’est sa créativité et quand tu as une marge de progression comme la sienne... » Longtemps, le Stade rennais a avancé sans unité entre une attaque séduisante et un équilibre défensif incertain. André a donc été la solution il y a maintenant une dizaine de mois pour établir ce lien, cette transition, et ce point d’ancrage indispensable au système Gourcuff. C’est simple : cette saison, Benjamin André a disputé toutes les rencontres à l’exception du déplacement à Paris où il était suspendu. Résultat ? Rennes s’est fait désosser (4-0).

« Comme il aime le jeu, on peut le titiller »


André fait partie de la classe des travailleurs silencieux, des « hommes simples » , comme l’explique Gourcuff. Une caste où on peut aussi retrouver son partenaire Gelson Fernandes, avec qui il est souvent associé. Des amoureux de la générosité, mais aussi des footballeurs à finir. « Ce qui est positif, c’est la façon dont un joueur comme Benjamin adhère à notre style de jeu. Là, il sort d’un mois plus compliqué qu’on peut expliquer par une forme de contre-coup logique. Quand je dis que ce n’est que le début, j’en suis persuadé, car il reste à travailler sa discipline tactique. Il a une tendance à dézoner dans un souci noble qui est d’aider l’équipe avec ou sans ballon. Mon regret, c’est qu’on a perdu un peu de temps, car dans la première partie de notre préparation estivale, l’effectif était très fourni avec beaucoup de joueurs dans l’axe. Je l’ai fait jouer un peu partout au milieu et ça l’a un peu retardé. Mais comme il aime jouer, on peut le titiller sur les détails » , complète l’entraîneur rennais. Une façon d’avancer qui s’explique par une passion, une sincérité. Celle d’un mec qui reparlait récemment de « ce sentiment du ballon en mousse dans la cour d’école quand tu fais deux équipes » . Le plaisir simple, l’essence du foot et l’histoire d’un mec normal devenu indispensable. Enfin.

Par Maxime Brigand Propos de Christian Gourcuff recueillis par MB.
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