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Anderlecht, champion sans saveur

Au terme d’une saison dominée de la tête et des épaules, les Mauves deviennent champions, alors qu’il reste deux journées de championnat à disputer. Le succès d’un quatuor talentueux Jovanovic-Gillet-Suarez-Mbokani.

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Anderlecht est-il un petit champion de Belgique ? Les mauvaises langues n’hésitent pas à l’affirmer. Un match nul après un pénalty généreux durant les arrêts de jeu face à Bruges (1-1) et c’est bouclé. Anderlecht remporte son 31ème titre de champion de Belgique. Un succès mitigé… Pourtant archi-dominants cette saison, les Bruxellois n’ont pas entièrement convaincu les observateurs. Le niveau d’ensemble du championnat a par ailleurs atteint cette saison des sommets de médiocrité. En cause, pour beaucoup d’observateurs, l’accumulation des matchs entre les ténors, qui retire beaucoup de saveurs à ces chocs.

Individuellement, les Mauves possèdent sans conteste les forces les plus talentueuses du championnat. Mais sans verser dans la mauvaise foi, ce sacre tient davantage à l’insigne faiblesse des concurrents qu’à la force des Anderlechtois. Un Standard en chantier, insipide, un Bruges défensif et sans idée, Genk qui se réveille trop tard et La Gantoise insuffisante, c’était donc la voie royale qui s’ouvrait pour eux. Le club le plus titré de Belgique creuse encore l’écart avec les autres écuries belges. Au niveau du fond de jeu, malgré quelques prestations 3 étoiles lors de matchs au sommet, le constat est triste. Les champions de Belgique se sont surtout montrés dangereux en contre-attaque… Un comble pour une équipe qui possède une supériorité aussi écrasante au niveau de ses individualités !

Mbokani au-dessus du lot

Si Anderlecht a dominé la Jupiler League à ce point, il le doit avant tout à son quatuor offensif. A gauche, le serpent serbe, Milan Jovanovic, a livré une saison assez irrégulière, marquée par une baisse de rythme en fin d’exercice. Mais au niveau belge, l’ancien joueur du Standard reste une valeur sûre, capable de faire la différence. A droite, Guillaume Gillet s’est fendu d’un premier tour canon. Une dizaine de cageots en première partie de saison, 13 au total. Pas mal pour un type qui évoluait encore arrière droit la saison dernière. Et puis, il y a Matias Suarez, la perle argentine. Lui, c’est le talent à l’état pur. Un style chaloupé, classieux, propre. Il devrait quitter la capitale belge cet été. Suarez facture 11 buts, 14 assists et un soulier d’or cette saison. Arsenal serait sur le coup. Mais la vraie star du 11 d’Ariel Jacobs, c’est Dieumerci Mbokani. Un attaquant extrêmement complet, capable de joueur dans la profondeur, en pivot, de conserver le ballon, de dribbler. Seul bémol, son mental est parfois défaillant, il ne brille que dans les rencontres au sommet et snobe les matchs face aux sans-grades. Cette saison pourtant, malgré deux années difficiles, des échecs à Monaco et à Wolfsburg, le décès tragique de son bébé, Mbokani a retrouvé la forme. Sa fin de saison a été tout simplement énorme. Son bilan ? 10 buts en 18 matchs de championnat.

Au milieu, c’est nettement moins réjouissant. L’Américain Sacha Kljestan est un joueur correct mais qui risque de tirer la langue la saison prochaine en Ligue des Champions. Et puis il y a l’Argentin Lucas Bilgia, qui compte 6 sélections sous le maillot albicelseste. Le pote de Léo Messi en sélection de jeunes serait même ciblé par le Real Madrid. Sérieusement, on se demande si Mourinho a réellement visionné le joueur. Bon techniquement, Bilgia n’a ni le volume de jeu, ni l’explosivité, ni la taille, ni la frappe à distance pour espérer s’imposer dans une équipe de ce niveau. Et si, à 26 ans, le petit Argentin n’a pas encore quitté la Jupiler League, il y a tout de même une raison… Enfin, on s’en voudrait d’oublier la surprise Kanu. Il y a un an, le Brésilien était élu Soulier de plomb de la D1 belge. Un titre qu’il n’avait pas volé. Cité un temps au Terek Grozny, la direction mauve se frottait les mains à l’idée de se débarrasser de ce joueur maladroit, une sorte de Brandao, en moins costaud. Pourtant,, contre toute attente, le Brésilien a été l’un des hommes de ces play-off. Alors que le milieu de terrain bruxellois tirait la langue, Jacobs a eu l’idée saugrenue de relancer Kanul. Un coup dans le mille ! Kanu a redynamisé le milieu, inscrivant même quelques buts au passage. « Je suis très fier de lui. Un jour, je l’ai appelé dans mon bureau pour lui dire que c’était fini, qu’il était seul, qu’on ne voulait plus de lui, expliquait Herman Van Holsbeeck, le manager sportif d’Anderlecht dans Le Soir. Il avait touché le fond. Il s’est rendu compte de la situation, s’est mis à bosser seul et est métamorphosé. »

Tous derrière le Bayern Munich

En défense, les lacunes sont également criantes. Derrière la révélation Cheikhou Kouayaté, c’est presque le vide. Le Sénégalais est très costaud, rapide, intraitable dans les duels et doté d’une relance perfectible mais en progrès. Kouyate est le baobab qui cache la forêt. Derrière, c’est le vide ou presque. Le Hongrois Roland Juhasz est aussi lent que le débit de parole de François Hollande. Et, malgré son excellent jeu de tête, il se révèle incapable d’amorcer les attaques depuis l’arrière, préférant balancer de longs ballons vers l’avant. Mortel au plus haut niveau. Sur les côtés, ce n’est guère mieux. A droite, l’ours de Poznan, Marcin Wasylewski, est un boucher. Et à gauche, l’international suédois Behrang Safari reste un bon joueur bien que limité défensivement. Enfin dans les cages, on trouve l’insupportable mais néanmoins excellent Sivlio Proto.

Reste à savoir quel visage offriront les Mauves la saison prochaine en Ligue des Champions. Mais pour y accéder sans tour préliminaire, ils devront espérer une défaite de Chelsea en finale de Ligue des Champions. En cas de victoire des Blues, la Premier League déroberait à la Belgique son ticket d’accès direct aux lucratives poules de Ligue des Champions. Après avoir transféré un chat dans un sac avec Romelu Lukaku, les Blues pourraient donc rendre la monnaie de leur pièce aux Anderlechtois.

Par Adrien de Marneffe
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elmazatleco Niveau : DHR
je vois vraiment pas pourquoi tu dis que proto est insupportable en quoi ?
et désolé mais y a pas de petit champion ...
MaximSanzeu Niveau : Loisir
C'est Dieumerci Mbokani pas Dieudonné Mbokani comme écrit dans la légende de la photo. il me semble que c'est dans un registre moins burlesque :)
Adrien de Marneffe a une dent contre Anderlecht ??
pas que je soit supporter d'Anderlecht mais l'Adrien il y va quand même fort! un supporter du standard frustré?

je suis d'accord que c'est pas un grand anderlecht mais il y a peut-être autre chose à dire que la moitié des joueurs sont nuls et avec des jugements de valeurs basés sur du vent. parler de leur parcours en europa league, du problème de l'entraineur qui est assez critiqué etc.
Vladas_Ivanauskas Niveau : Loisir
C'est clair que ce ne fut pas un grand Anderlecht, mais faut raison garder.Cet article sent la partialité à plein nez.

Mais bon, quelque chose me dit que tu ne portes pas Anderlecht dans ton coeur, mon cher Adrien...RSCA champion olé olé.
On ne sait pas si on doit rire ou pleurer en lisant cet article, d'autant qu'il semble que l'auteur se soit donné du mal pour l'écrire!

Anderlecht est-il un petit champion? Quelques indices:
- l'an passé, le champion acclamé - Genk - a terminé le championnat avec 51 points (suite à la division des points après la phase classique). Cette année, Anderlecht en a 49 à deux journées de la fin.
- Anderlecht a terminé la phase 'classique du championnat' avec 6 points d'avance sur le deuxième, Bruges (points divisés par 2 au début des PO)
- Anderlecht a encore 7 points d'avance sur son dauphin à 2 journées de la fin des PO.
- Anderlecht a obtenu 28/30 points pendant la phase classique contre les 5 autres équipes qualifiées pour les PO (les 6 premières équipes de la phase classique).
- Anderlecht a obtenu 15/24 pendant les PO (seul Genk fait mieux avec 18/24).
- Phase classique et PO combinés Anderlecht a un différentiel buts marqués / buts encaissés de +47. Le second meilleur différentiel est pour Gand avec + 27.
- il est vrai qu'Anderlecht n'a pas toujours bien joué pendant ce championnat, notamment contre Bruges aujourd'hui.

Bref, c'est sûr, Anderlecht semble être un tout petit champion. Mais j'aurais été curieux de voir leurs résultats si ils avaient été considérés comme un champion dit 'normal'!

Quant à Adrien de Marneffe, gageons qu'il nous écrira prochainement un article enflammé lorsqu'il nous retranscrira un énième article repris sur le site de la DH mais remanié à la sauce sofoot il est vrai...
Les personnes qui parlent de "petit champion" n'ont pas dû suivre le championnat belge attentivement. Il est clair que la concurrence n'était peut-être pas des meilleures, mais ça le Sporting n'en peut rien. Ils ont joué le coup comme il le fallait, quant aux commentaires sur chacun des joueurs de l'équipe je trouve déplorable de qualifier Proto d'insupportable alors qu'il s'agit d'un des joueurs les plus fair-play du championnat. Et vue le 18 sur 18 réalisé en Europa League (chose qu'une équipe française aurait bien du mal a réaliser) on ne peut pas parler d'équipe sans saveur ou de victoire sans saveur. Ils ont fait une grosse saison.
Proto est insupportable! Ce mec a un QI négatif... Ce qui ne l'empêche pas d'être le meilleur gardien du championnat...
nononoway Niveau : CFA
Je trouve que l'article est dur. Ils étaient bien les meilleurs, ce qui m'énèrve c'est le nombre de penaltys qu'on leur accorde ... Encore hier, il FALLAIT qu'ils soient champions ce jour-là.

Un peu comme le Milan, Real, FCB et Man.U...
Assez d'accord avec le constat général de l'article. Avec les individualités à sa disposition, Anderlecht aurait dû proposer un jeu plus léché. Selon moi, la faute en incombe principalement à l'entraîneur Jacobs (bizarre que l'auteur ne le mentione pas). En revanche, le titre est archi-mérité, Anderlecht a survolé les confrontations avec ses concurrents directs et possède 7 points d'avance sur le 2e, même après la division des points par 2.
Et sérieusement, ce titre "Champion sans saveur", pitié quoi... sans saveur pour les autres équipes, ouais !
C'est quoi un champion avec saveur ? Malgré le match médiocre d'hier, je peux vous jurer que j'ai bien savouré fêter le titre face à l'ennemi héréditaire du FC Bruges et de voir les frustrés de tout bord, principalement Standardmen, encore hurler à l'arbitrage comme ils le font à chaque titre des mauves. Je savoure autant l'idée de les voir enrager, l'écume aux lèvres, quand ils verront leurs joueurs faire une haie d'honneur aux nôtres dimanche prochain
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