1. // Amérique de Sud

Amerika Perdida

Le buteur vedette du championnat mexicain flingué à 5h30 du mat' en boîte VIP, le dernier coup de queue de scorpion de René « el loco » Higuita, et la suite des aventures de Cuauhtémoc Blanco : America latina go crazy.

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Salvador Cabanas avait mal commencé le week-end. Une défaite à Morelia avec son America, et une pluie de projectiles reçus après avoir inscrit un but refusé par le corps arbitral. Donné partant à l'inter-saison, l'attaquant-phare de la sélection paraguayenne a finalement choisi d'entamer le tournoi de fermeture avec l'équipe la plus aimée et la pus haïe du Mexique, malgré un conflit larvé avec son entraîneur. Dimanche soir, Cabanas décide d'étirer son week-end au “Bar-Bar”, établissement nocturne couru par le gratin du show-biz, joueurs de foot compris. Officiellement, la boîte huppée ferme ses portes à trois heures. Deux plombes plus tard, Cabanas y traîne pourtant toujours accompagné de son épouse. Direction les toilettes, où le couple se sépare pour honorer son genre. Issue dramatique : Cabanas se prend une balle dans la tête. Deux hommes habitués des lieux sont actuellement recherchés par la justice, mais le motif de l'agression reste inconnu. Jesus Ramirez, l'entraîneur de l'America, qui avait connu la consécration à la tête de la sélection aztèque championne du monde des moins de 17 ans (génération Vela/Giovani), semble toutefois avoir son opinion sur la question, puisqu'il considère que les « critiques des médias (..) génèrent de la violence » . Pour situer monsieur Ramirez, il suffit de penser à Guy Lacombe au PSG, même foi en lui-même, même décalage entre sa morale de professeur des écoles et le club le plus riche du Mexique. Mêmes déclarations inappropriées aussi. Au moins n'est-il pas l'auteur de celle-ci, entendue sur un programme à Guadalajara : « Mais qu'est-ce qu'il foutait en boîte une veille d'entraînement ? » Pour le moment, Salvador Cabanas dort avec une balle dans la tête. Son état est jugé grave.

Golazo de Salvador Cabanas





Le scorpion suspend son vol

Un joueur avec des millimètres de plomb dans la tête, René Higuita connaît. C'est ainsi qu'avait terminé son coéquipier de sélection, Andres Escobar, auteur d'un csc fatidique lors de la Coupe du Monde 94. C'était il y a 16 ans. Le gardien le plus “loco en el coco” en avait alors 28. Faîtes le compte, le frisotté en chiffre désormais 44, l'âge d'ouvrir un centre de remise en forme ou un restau chic et vulgaire pour tout ex-footballeur digne de ce nom. Pour le “loco”, l'âge de prendre sa retraite. Le visage amoché par les opérations de chirurgie esthétique qu'il s'est infligées, tel une vulgaire Cher, René a donc jubilé dimanche à Medellin, une ville pas moins cintrée que son gardien à frisettes. Diego Maradona, Romario et Ronaldinho étaient annoncés, ils ne sont évidemment pas venus. Enfin, pas de quoi non plus gâcher le plaisir du gardien-dribbleur-buteur (52 réalisations tout au long de sa carrière), qui a exécuté un ultime coup de scorpion, et conclu l'affaire sur une déclaration qui le place sur la liste des grands pacifistes, juste après Gandhi et Martin Luther King : « J'espère que nous vivrons en paix, et que les victimes d'enlèvement pourront retrouver leurs foyers. C'est une demande que je fais aux autorités et aux groupes armés » . Avant d'ajouter, dans un souci rédempteur : « Je demande pardon pour mes erreurs, je ne suis pas parfait, juste un pauvre pécheur » . Et s'il est besoin de le préciser, ce n'est pas pour son crochet sur Roger Milla que René “les narines blanches” cherchait la rémission.

Les larmes de René






El Diez, version mexicaine

Retour au Mexique, où Cuauhtémoc Blanco, le vraisemblable meneur de jeu de la sélection mexicaine à la Coupe du Monde, tente de surnager dans la médiocrité de la deuxième division du pays (liga de ascenso). Rapatrié de Chicago vers Veracruz avec pour mission de faire monter les Tiburones Rojos dans l'élite, l'exécuteur du saut du crapaud ne parvenait pas à pousser les siens vers une trajectoire ascendante. Résultat : deux défaites et des supporters écœurés, au point que la direction du club, en sus de baisser le prix des places, en offrait trois pour une achetée samedi dernier. Deux passes déc' du Cuau plus tard, Veracruz accrochait sa première victoire face aux Leones Negros de Guadalajara, les chèvres de la division. Mais l'important n'est pas là, puisque le numéro 10 vouté animera un show télé à partir de début février sur Fox Sport. Il recevra des comédiens, des chanteurs, des sportifs : les clients habituels du “Bar-bar”.




Thomas Goubin, à Guadalajara

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