1. // France – Ligue 1 – 15e journée – Monaco/Rennes

Alors, ça donne quoi Montanier à Rennes ?

15 matchs. 16 en comptant la Coupe de la Ligue. 4 victoires, 7 nuls, 4 défaites, un ventre mou et une qualification acquise contre une L2. Des temps forts – Toulouse cartonné 5-0 au Stadium – et des plus faibles – deux derbys ratés de suite. Tel est le premier bilan bien mais pas top de Philippe Montanier, nouveau chef de chantier du Stade rennais. Au-delà de ces résultats, qu’est-ce qui a réellement changé en Bretagne depuis l’arrivée de celui qui a été élu meilleur entraîneur de Liga la saison dernière ?

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La tactique et le jeu : une copie à réappliquer

Philippe Montanier est de l’école du 4-3-3, avec une défense à plat, un milieu dense, deux ailiers et une pointe. Un schéma immuable, où seul le triangle de l’entrejeu est amené à évoluer selon l’adversaire et selon les joueurs en forme à disposition : parfois pointe basse avec une sentinelle et deux relayeurs, parfois pointe haute avec deux récupérateurs et un meneur (ce dernier cas de figure ayant des similitudes avec le 4-2-3-1 fétiche du prédécesseur au poste, Frédéric Antonetti). À la Real Sociedad, l’ancien gardien de but avait fini par trouver la formule gagnante avec le bon à tout faire Asier Illarramendi intercalé entre un profil défensif – Markel Bergara le plus souvent – et un offensif – Xabi Prieto ou Carlos Vela. À Rennes, Montanier hésite encore dans la manière d’agencer au mieux ce secteur clé. En cours de match, il lui arrive d’ailleurs souvent de changer de stratégie, passant d’une pointe basse à une pointe haute et inversement. Devant en revanche, les postes sont clairement établis, avec toujours ces deux joueurs de couloir qui travaillent pour un seul finisseur au centre de l’attaque. Avec ces éléments ainsi positionnés, quelle philosophie souhaite mettre en place Montanier ? La même qu’à la Real et encore avant à Valenciennes : un jeu de mouvements et de passes courtes avec si possible une relance dans les pieds depuis la défense, un milieu qui doit parvenir à trouver des décalages par du jeu dans les petits espaces, une occupation efficace de la largeur du terrain par une bonne entente souhaitée entre les latéraux et les ailiers et enfin un renard qui furette dans la surface adverse. Voilà pour le plan idéal que prône le nouveau technicien des Bretons. C’est séduisant sur le papier mais ça exige d’avoir à sa disposition des joueurs particulièrement techniques et dotés d’un gros « coffre » pour presser en équipe en phase défensive et vite gicler en multipliant les solutions en phase offensive.

Le choix des joueurs : Féret sacrifié ?

Le remplacement d’Antonetti par Montanier n’a pas été le seul changement de l’été parmi le staff rennais. Jean-Luc Buisine a débarqué lui aussi, en provenance de l’AS Monaco. Son job : recruter des joueurs dont le profil est susceptible de cadrer avec les projets de jeu du nouvel entraîneur. Une tâche occupée jusqu’alors par l’ancien manager général Pierre Dréossi, qui a quitté les lieux onze ans après son arrivée. On devrait réellement pouvoir juger la complémentarité du nouveau duo lors du prochain mercato, avec un an de collaboration dans les jambes. En attendant, il a fallu travailler dans l’urgence, d’abord en allégeant numériquement l’effectif de joueurs en fin de cycle et/ou n’entrant pas dans l’exigence collective martelée par Montanier, ensuite en comblant quelques manques et en densifiant le groupe : dans le couloir gauche de la défense (M’Bengue et Emerson), aux postes offensifs (Kadir et Romero) et en pointe (Oliveira). Montanier a aussi hérité du dernier transfert dealé par Dréossi avant d’être lourdé : l’embauche de Sylvain Armand pour stabiliser une défense qui en avait bien besoin. L’ancien Parisien est l’élément de base de l’animation défensive cette saison, avec Kana-Biyik à ses côtés, Costil dans les cages, le capitaine Danzé à droite et M’Bengue préféré à Emerson à gauche. Dans l’entrejeu, le turnover est nettement plus intense. Par choix – les tâtonnements de Montanier cités plus haut – autant que par obligation, avec quelques fâcheuses blessures, celle de Pajot notamment. S’il y a des satisfactions côté recrues (Kadir, Oliveira), d’intéressants retours en forme à confirmer (Makoun, Pitroipa, Alessandrini malgré ses velléités de départ) et des jeunes qui commencent à se montrer (Bakayoko, Hunou, Allée), un cadre de l’époque d’Antonetti apparaît actuellement comme le grand perdant du changement d’ère : Julien Féret, qui n’est plus titulaire ces derniers temps. Largué sur le terrain, peu efficace, le Costarmoricain ne parvient pas pour l’instant à adapter son style au jeu en mouvement souhaité par le nouvel entraîneur. Féret est un joyau de technique balle au pied mais sa lenteur est un problème dans le jeu sans ballon. Les discussions autour d’une prolongation de contrat (l’actuel court jusque la fin de cette saison) traînent et il se murmure qu’un départ cet hiver serait même envisagé…

Le discours : du calme et de la patience

C’est peut-être pour l’heure le changement le plus spectaculaire : alors qu’Antonetti semblait dans la frustration permanente et s’adressait aux médias tout en colère (difficilement) contenue, Philippe Montanier fait pour l’instant l’unanimité par son côté zen. L’homme est poli, respectueux, ne s’affole pas. Il a pour lui sa bonne réputation et son titre de meilleur entraîneur de Liga 2012-2013 qui lui offrent un certain crédit et du temps pour imposer sa patte sur une équipe bretonne maudite, marquée ces dernières saisons par une série de rendez-vous et de trophées manqués. C’est une chance. Ses dirigeants (qui ne lui ont pas fixé un objectif de classement) comme les supporters savent que le chantier était vaste à son arrivée dans la capitale bretonne, après une dernière demi-saison catastrophique sur le plan des résultats et une déprime générale qui avait fini par contaminer tout le club et ceux qui le suivent. « Mon moteur, disait Montanier lors de sa première conférence de presse, c'est d'optimiser le potentiel d'une équipe » , comme il avait réussi à le faire avec la Real Sociedad. Depuis, il n’a cessé de transmettre un discours le plus positif et serein possible. Le bon gars Philippe connaît la recette : en Espagne, il avait obtenu une 12e place mitigée la première saison avant de taire les sceptiques et de décrocher un ticket pour la Ligue des champions la seconde. Le même plan est à reproduire route de Lorient : une première actuelle saison de transition suivie, si tout se passe bien, d’une montée en puissance à partir de l’été prochain.

Par Régis Delanoë, à Rennes
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LeJusticier Niveau : Ligue 2
Note : 11
C'est sur que c'est pas avec l'effectif de poney qu'Antonetti et Dréossi ont laissé qu'il va envoyer du joga bonito.
Qu'est ce que j'aimerais que Montanier arrive à reproduire ce qu'il a fait en Espagne avec Rennes.
C'est une équipe assez jumelle de Lille (moyens, effectif) qui devrait depuis 5-10 ans jouer les trouble-fêtes. Si Montanier se foire pas, on pourrait la voir l'année prochaine en Europe, et elle devrait s'installer durablement dans le top 5 (grâce entre autres à la défection de l'OL et des Girondins qui ont de plus en plus de mal)

A voir!
Dernier paragraphe bien inspiré. Il lui faut du temps, et visiblement Rennes a appris de ses erreurs passées à ce niveau-là.
La patte Montanier n'est pas évidente à cerner au premier coup d'oeil (ou en regardant le résumé de Jour de Foot, poke Pierre Menès). Néanmoins, il a déjà réussi à plusieurs niveaux :

- mettre fin à la série noire de la saison dernière ;
- intégrer des nouveaux jeunes. bien que certains soient encore trop juste physiquement (cf. Hunou). J'aimerais voir plus souvent Allée, qui a été impressionnant à l'intersaison ;
- stabilisation de la défense et maitrise collective ... jusqu'au 30 dernière mètre. Par rapport à la première partie de saison l'an dernier, où l'on pouvait compter sur la baraka d'Alessandrini et les passes lumineuses de Férêt, c'est là où on pêche. On n'a pas encore pu aligner Kadir/Feret, Pitroipa, Alessandrini et Oliveira ensemble sur la duréee. C'est quand même une des lignes d'attaque les plus séduisantes de L1.

Par contre, c'est assez dur de voir Féret sur le banc, ou encore pire sur un côté comme contre Bordeaux. Il sera probablement titulaire ce soir en l'absence de Kadir, mais cela ne risque pas d'être le match le plus facile pour les Rennais, à l'image du reste du mois de décembre (Monaco, Paris, Sainté, derby à Lorient, Bordeaux en CDL, et Nice).
ErminigMode2k11 Niveau : DHR
On sent clairement que tout le monde va lui laisser une saison pour s'installer (sauf descente ...), ce qui est une très bonne chose. Pour l'instant honnêtement à part en conf de presse je vois pas trop la différence avec le corse. On jugera à la Noël 2014 après le mercato estival durant lequel va falloir se démerder pour garder Nelson


En contrepartie on vit une saison un peu dépassionnée (excepté pour les derbys et pour la demie perdue de Coupe de la Ligue contre Tours à venir).
Mine de rien ça faisait 10 ans qu'on accrochait un top10 avec 4 participations en coupe d'Europe, 2 finales et 2 demies de coupe nationale. Ce début 2013 catastrophique avec sa 13ème place a fait mal.
Vu l'histoire du club, on vit clairement nos meilleures années sous l'ère Pinault en terme de régularité alors commencer une saison sans objectif bah on est plus trop habitué.

Un Top10 + 1 beau parcours en coupe et bien sûr du jeu en 2014 c'est plus bandant qu'"Objectif ventre mou"





ErminigMode2k11 Niveau : DHR
Message posté par Rozmo


Monaco, Paris, Sainté, derby à Lorient, Bordeaux en CDL, et Nice).


On va juger de la solidité du club après ce mois de décembre car on devrait logiquement chuter au classement. Si on prend 5pts en 5 matchs ce sera déjà bien ...

Tout d'accord avec toi Rozmo sur le reset. Pour Féret faut se rendre à l'évidence : c'est mieux sans lui cette année. A lui de prouver en l'absence de Kadir qu'il peut au moins redevenir un joker
Pour moi, la plus grosse amélioration est la nouvelle politique de recrutement. Fini les Tettey,Boukari, Bangoura,Apam,Inamoto etc. Le recrutement a été intelligent, notamment avec Kadir, Armand et Oliveira. Et puis l'apport des jeunes est intéressant, je trouverais juste dommage de se passer de Féret.
Par contre, niveau jeu, je n'ai pas réussi à tenir un match en entier, ça reste encore très très laborieux, et quand en plus on se fait gifler lors des deux derbys...
Il Ragno Nero Niveau : CFA2
Euh, pour un titre, va falloir laisser tomber pour le futur proche, c'est sûr.

La malédiction du Bambino a duré 86 ans. S'il en est de même pour la malédiction du Prouff, vous pouvez attendre 2057 pour le prochain titre, amis Rennais.

Ceci dit, on est déjà presque à mi-chemin !
Real-Sociedad Niveau : Loisir
Petite erreur dans le premier paragraphe de l'article : Le milieu de la Real Sociedad n'avait pas comme meneur Prieto ou Vela. Prieto joue sur le flanc droit (tout le temps) tandis que Vela se positionne soit en Pointe, soit sur les cotés. Les meneurs étaient donc Zurutuza et/ou Pardo (ils le sont toujours, Arasate, joue avec Markel comme sentinelle).
Il arrivait aussi à Montanier de jouer en 442 offensif (ou 4-2-4) avec Markel ou Parod/Zurutuza dans l'entrejeu, Griezmann/Prieto sur les cotés et enfin Agiretxe/Vela en attaque.
Voilà pour l'info.

Ensuite pour parler de Rennes, j'avoue ne pas trop les suivre mais il est clair qu'il ne faut pas espérer grand chose avant d'avoir recruté. Montanier avait à sa disposition à la Real Sociedad un vivier de joueur hyper talentueux (Inigo Martinez, Pardo, Zurutuza, Griezmann, Prieto, Vela) ce qui n'était pas du tout le cas à Valenciennes où il jouait le milieu de tableau avec une équipe de relégable (cas similaire à Rennes dans une moindre mesure). J'espère juste que les dirigeants lâcheront un peu les billets, de sorte qu'il puisse construire l'équipe.
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