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Allemagne-Angleterre & The Beatles...

On va pas vous refaire Wembley 66, Turin 90, Wembley 96... Non ! Juste vous raconter un autre épisode de la rivalité entre Anglais et Allemands, époque 2000-2001, sur fond de foot et de rock. Accrochez vos ceintures, c'est du lourd. Pardon : du heavy !

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Définir le génie des Beatles par, entre autre, la langue anglaise, supposée être le meilleur vecteur langagier de la pop-rock, c'est l'évidence. Ben, oui , “l'anglais, ça sonne !”... No sleep til' Hammersmith résume en quelques mots qui claquent la saucée tabassante que Motörhead faisait pleuvoir en live, non ? Pas besoin de comprendre le sens exact de tout ça : dîtes à quelqu'un qui cause pas l'anglais “No sleep til' Hammersmith” et dîtes-lui que c'est le nom d'un fusil d'assaut... Il vous croira sur parole. Donc, l'anglais, une langue qui sonne rock. Et l'allemand, une langue rock ? Ben, non bien sûr ! La preuve : Scorpion chante en anglais. Mouais... Quoi ?.... Tokyo Hotel chante en allemand et ça marche ? Et Nina a cartonné avec “99 Luftballons” ? Soyons sérieux, là ! On parle de rock music, pas de dégustation de schnaps. Donc, si les Beatles avaient été allemands (Die Bietels ?) et avaient chanté en allemand, ils n'auraient jamais eu ce succès planétaire ? Pas sûr... Les Beatles ont enregistré quelques-uns de leurs morceaux en allemand. A la fois pour des raisons commerciales : dans les sixties, les artistes faisaient des versions en langues étrangères de leurs succès pour vendre sur les “marchés” locaux. Un vieux truc de cinéma : dans la version française des films de Laurel et Hardy, ce sont les deux larrons qui enregistraient eux-mêmes le doublage en français. D'où l'accent amerloque des dialogues de leurs films. Les Fab Four ont aussi enregistré des versions allemandes de leurs hits, sûrement aussi en souvenir de leurs longs séjours pré-Beatles à Hambourg. A cette époque, ils devaient s'appeler les Quarrymen, Silver Beatles, ou même Beatles. Mais pas Die Bietels, hein ! Alors ? Alors, à l'écoute de certaines versions de leurs tubes, on en ressort troublé... “I want to hold your hands”, ça a adonné “Komm gib mir deine Hand”. OK, c'est horrible parce qu'on connaît l'original. Mais ça reste quand même de la bonne musique : même instrumentation et mêmes harmonies vocales...



A ce propos, la connexion Hambourg-Liverpool des Beatles a aussi joué en foot. En 77 (putain d'année, When the two Seven clash...), l'excellent Kevin Keegan est passé du Liverpool FC au Hambourg SV. Un transfert aussi retentissant qu'inattendu : un Briton chez les Teutons... C'est sous les couleurs du club hanséatique que King Kev reçut ses deux Ballons d'Or FF en 78 et en 79, un truc qu'il ne reçut pas quand il était Red. OK, OK !... Beatles... Hambourg... Liverpool... Keegan... Tout ça, pour quoi ?... Ben, tout ça pour dire que Kevin Keegan était le sélectionneur du funeste Angleterre-Allemagne du samedi 7 octobre 2000, à Wembley ! ! ! Vous vos rappelez pas, bandes de nazes ?! La Lemagne avait gagné 1-0 grâce à un but de Dieter Hamann à la 13ème ! Dieter Hamann jouait à Liverpool et il avait planté contre l'Angleterre à Wembley, le salaud ! En plus, c'était pas un match amical, c'était un match de qualification pour le Mondial asiatique 2002, dans le Groupe 9 ! Putain, le 9 ! Un gimmick beatlessien, comme “Revolution 9” (morceaux des Fab Four) ou “Cloud 9”, le titre d'un album solo de George Harrison ! Et en plus c'était le dernier match au vieux Wembley, avant sa démolition pour cause de rénovation ! Vous l'aviez oubliée celle-là ?! Pour le dernier match à Wembley, c'est l'Allemagne qui était venue taper la puissance invitante et ce, par un but inscrit par un Red, nom de Dieu !! C'est pas symbolique, ça ? Mais ce n'est pas tout ! Kevin Keegan s'est fait virer après cette défaite tragique : viré à cause d'un Red allemand ! C'est pas incroyab' ?! A ce moment précis, l'Angleterre se croyait éliminée, alors Albion commet l'inouï : filer le poste de sélectionneur à un ÉTRANGER ! C'est le Suédois Sven-Göran Eriksson qui sera chargé de qualifier quand même les GB. Après tout, s'il échoue, comme il est pas anglais, il fera un bouc émissaire parfait...



Donc, match retour le 1er septembre 2001 à Munich. La RFA-RDA n'avait jamais perdu à Munich depuis 1973 ! L'Allemagne était largement en tête de ce Groupe 9 avec 16 points, loin devant Albion, 10 points (mais un match en moins). Les Allemands marquent fastoche au bout de 6 minutes de jeu par le délicat Carsten Jancker : 1-0, match plié et qualif dans la poche ? Noooooooooon ! L'Angleterre va abattre un Blitzkrieg terrible sur la Nationalmannschaft ! Owen (12, 48, 66ème), Gerrard (45ème + 2) et Heskey (74ème) détruisent les Germains 5-1 ! Putain de coïncidences ! Owen, Gerrard et Heskey ! Trois gars de Liverpool FC ! ! Encore Liverpool ! C'est pas extraordinaire ? Unbelievable ! ! ! Petite tristesse : pendant ce match insensé, le papa de Rudi Völler, coach de la Mannschaft, aura une attaque cardiaque. Mais il s'en remettra... Ensuite, l'Angleterre et l'Allemagne finiront ex-aequo du Cloud 9 mais c'est les Britons qui se qualifieront directement à la différence de buts favorable pour le Mondial 2002, obligeant les Allemands à jouer les barrages contre l'Ukraine (qu'ils remporteront haut la main). En 2002, un sondage effectué par Channel 4 fera de cette victoire anglaise à Munich le deuxième plus grand événement de l'histoire du sport anglais. Vous voulez un épilogue à cette histoire de fous et de foot ? C'est grâce à son triplé de Munich que le sale kid Michael Owen remporta le Ballon d'Or 2001 (Allez l'O- Wen ?)... Un scandale atomique, vu que c'est l'immense Raul qui devait le gagner sans aucune contestation possible. Reste que ce Ballon d'Or FF filé à Owen, ça tombait bien pour finir cette histoire complètement dingue. Alors merci France Foot, merci les Beatles, merci Hambourg, merci Liverpool, merci Keegan, merci Hamann, merci Owen... Euh, non : merde à Owen ! De la part de Raul...

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