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Alexandre Letellier, le patient angevin

Depuis que Ludovic Butelle a quitté Angers pour le FC Bruges, Stéphane Moulin a donné sa chance à Alexandre Letellier. Formé au PSG, le géant de 1,93m a longtemps attendu sa chance. Une habitude pour un garçon qui n'a jamais été perçu comme un phénomène et a grandi dans l'ombre du prodige Alphonse Areola.

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Depuis début janvier, la vie d'Alexandre Letellier a changé. À la faveur du départ de Ludovic Butelle, parti monnayer son talent au FC Bruges, Stéphane Moulin a décidé de confier ses cages au colosse de 1,93m. Lequel attendait patiemment son tour depuis 2010, date de son arrivée en Anjou. La patience, l'une des qualités essentielles du portier formé au PSG au sein de la génération de Mamadou Sakho, Sébastien Corchia et Brice Dja Djédjé. « Il jouait au club depuis les poussins ou les minimes » , se souvient approximativement Christian Mas, ancien éducateur, puis membre du staff de Paul Le Guen à Paris. S'il parle « d'un garçon adorable » , il admet aussi volontiers que l'actuel gardien du SCO n'était pas « un phénomène à la Sakho » .

Et donc pas un joueur en qui tout le monde voyait un futur pro, d'autant que vivant à proximité du centre d'entraînement et n'étant pas un «  interne » , le football n'était pas sa seule option. « C'était un passionné, mais sa priorité était donnée aux études. »
C'était un gros travailleur, ce qui lui a valu d'être convoqué par Paul Le Guen pour les entraînements du mercredi avec le groupe pro.Eric Leroy
Mais si certains doutaient de son potentiel, l'adolescent en pleine croissance et en manque d'aisance n'en a pas moins gardé son cap et sa confiance en son destin. Et s'acharnait à l'entraînement, si bien qu'Éric Leroy, alors responsable des gardiens en formation, était obligé de le contenir. « C'était un gros travailleur, un peu comme Alphonse Areola, ce qui lui a valu d'être convoqué par Paul Le Guen pour les entraînements du mercredi avec le groupe pro, quand ils faisaient des tournois à quatre équipes » , se souvient celui qui a également couvé Mike Maignan du LOSC.

Doublé par Alphonse Areola


Mais alors qu'il n'a jamais semblé aussi près du groupe professionnel, Alexandre Letellier voit Antoine Kombouaré lui préférer Alphonse Areola, pourtant plus jeune, comme troisième gardien. Cruel mais logique selon Leroy, car « le poste de gardien est particulier, il nécessite une forte personnalité pour rassurer une défense. Areola avait plus de prestance, d'autorité de manière naturelle, donc il a été prêt plus vite pour le haut niveau. Alex, quant à lui, a eu besoin de plus de temps, mais aussi d'efforts pour forcer sa personnalité. » Une analyse que partage Mas, en pointant du doigt la trop grande gentillesse du gaillard : « Il avait son caractère, mais n'était pas un leader naturel, je lui ai d'ailleurs conseillé de forcer sa nature pour s'imposer à Angers, d'être un peu plus égoïste et méchant dans le bon sens du terme. » Dans cette optique, l'éclosion plus précoce d'Areola a été un mal utile, car en poussant Letellier à s'exiler à Angers, elle le fait évoluer.

Lionel Letizi, le premier à y croire


« S'il était resté à Paris, il n'aurait peut-être jamais joué en Ligue 1 » , estime Mas, quand Leroy voit même dans ce changement de cadre une remise en question salutaire, car « il ne pouvait plus progresser à Paris, il avait fait le tour en CFA » . Ce grand saut dans l'inconnu, il aurait pu le faire plus tôt, pour jouer comme numéro un dans des clubs de National, mais « il a préféré rester au maximum pour apprendre auprès des gardiens de l'équipe première » , assure Leroy. Aujourd'hui titulaire à Angers, Letellier donne tort à ceux qui n'ont pas cru en lui, et raison à Lionel Letizi, le premier à y avoir cru. Christian Mas : « Quand il jouait au PSG, il venait une fois par semaine aux entraînements des jeunes. Il m'a dit un jour qu'Alexandre Letellier lui faisait penser à Damien Grégorini. Dès le début, il sentait que cela passerait pour Alex. »


Ce dernier n'a pas manqué de rappeler à Mas qu'il n'était pas aussi convaincu que l'ancien gardien international : « Son père a un jour poussé pour qu'on le prenne en interne, afin qu'il soit à 100% focalisé sur le foot. Mais j'avais répondu qu'il devait profiter de la vie et poursuivre ses études, de ne pas tout miser sur le foot, car la probabilité de devenir pro était mince. Il me l'a gentiment rappelé quand il a débuté avec Angers. »
Stéphane Moulin ne l’a pas mis là pour lui faire plaisir, c’est parce qu’il a confiance en ses qualités.Eric Leroy
Si le SCO n'affiche plus la même réussite qu'en 2015 et que Letellier n'a pas été exempt de tout reproche sur certains matchs comme celui à Reims, Leroy se veut confiant. « Je le trouve serein comme numéro 1 à Angers. Il a juste besoin de prouver sur la durée qu’il a le niveau, prendre confiance. Stéphane Moulin ne l’a pas mis là pour lui faire plaisir, c’est parce qu’il a confiance en ses qualités. » Des qualités qui avaient transpiré en décembre 2014 pendant un intérim dans les cages angevines où il avait écœuré la ligne d'attaque de Sochaux, lors d'une affiche de Ligue 2. Reste à reproduire le même type de performances à l'étage du dessus. Christian Mas s'en frotte déjà les mains, « ravi de voir un autre jeune formé au PSG qui perce en Ligue 1. »

Par Nicolas Jucha Tous propos recueillis par NJ
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La malédiction sofoot a frappé... il ne jouera pas ce match étant blessé...
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