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Alessandro Del Piero en dix dates

Aujourd’hui, à 15h, Alessandro Del Piero disputera son tout dernier match de championnat avec la Juventus. Des adieux qui risquent d’en faire chialer plus d’un. Retour en dix dates sur l’une des dernières bandiere de Serie A.

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19 septembre 1993 : Juventus-Reggina 4-0

Alessandro Del Piero fait ses grands débuts avec le club de Padoue. Après deux saisons passées là-bas, il est repéré par la Juve. Le jeune Alex enfile le maillot bianconero pour la première fois le 12 septembre 1993. Une semaine plus tard, il inscrit déjà son premier but en Serie A, alors qu’il n’a pas encore fêté ses 19 ans. Les dirigeants turinois sont persuadés qu’ils ont dégoté là une perle rare. A la fin du match, une journaliste avec une coiffure complètement folle lui accorde sa toute première interview télévisée. On y découvre un joueur timide, qui affirme qu’il peut jouer « aussi bien comme deuxième attaquant que comme numéro 10  » . Et la journaliste de conclure : « Nous te souhaitons une très belle carrière, en espérant te retrouver encore ici comme buteur, d’accord ?  » . Bah ouais, d’accord.

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4 décembre 1994 : Juventus – Fiorentina 3-2

Au fil des matches, Del Piero s’impose au sein de la Juve, aux côtés des Vialli et Ravanelli. Ce jour-là, la Juve est menée 2-0 à domicile par l’ennemi florentin. Vialli claque un doublé et permet à la Vieille Dame de revenir au score. Del Piero va alors inventer, de son propre aveu, l’un des plus beaux buts de sa carrière. Sur un long ballon en profondeur, lui, sans regarder le but, reprend de volée de l’extérieur du pied et lobe le gardien adverse. La Juve s’impose 3-2, et Alex entre dans la légende avec l’un des buts les plus marquants, symboliquement parlant, du championnat d’Italie. Rien que ça.

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22 mai 1996 : Juventus – Ajax 1-1 (4 tab 2)

Scudetto en 1995. Coupe d’Italie en 1995. Supercoupe d’Italie en 1995. Après avoir régné sur la Botte, il faut désormais confirmer sur la scène européenne. Sitôt dit, sitôt fait. La Juve, après avoir perdu la finale de Coupe UEFA 95 contre Parme, atteint celle de la Ligue des Champions, face à l’Ajax. Une campagne européenne au cours de laquelle Del Piero inscrit son tout premier but en Champions League, contre Dortmund, avec une superbe frappe enveloppée, qui va devenir très rapidement sa marque de fabrique. En finale, Alex ne marque pas, mais dispute l’intégralité de la rencontre. La Juve s’impose finalement aux tirs au but. Del Piero remporte la Ligue des Champions. Il ne le sait pas encore, mais c’est la première et la dernière fois qu’il soulève la Coupe aux grandes oreilles.



24 avril 1998 : Juventus – Inter 1-0

Lors de la saison 1997-98, la Juventus a un sacré concurrent en la "personne" de l’Inter Milan. Une Inter emmenée par un monstrueux Ronaldo. Le 24 avril, les deux leaders du championnat, séparés de seulement deux points, s’affrontent au stadio Delle Alpi. Un match qui va véritablement marquer l’histoire de cette Serie A. Une rencontre hachée, disputée, fermée. En première période, c’est justement Del Piero qui débloque la situation avec un numéro d’équilibriste. Après la pause, l’arbitre ne concède pas un pénalty à l’Inter pour une intervention de Iuliano sur Ronaldo, et sur l’action suivante, il accorde un pénalty à la Juve pour une faute sur Del Piero. Protagoniste jusqu’au bout, le numéro 10 bianconero rate son péno. Peu importe. La Juve s’impose 1-0, dans la polémique, et s’envole vers son troisième Scudetto en quatre ans. Del Piero termine à la quatrième place du classement des buteurs, derrière Bierhoff, Ronaldo, Baggio et à égalité avec Batistuta. Putain d’époque.

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8 novembre 1998 : Udinese – Juventus 1-1

Le jour qui change peut-être la carrière de Del Piero. Jusque-là, le joueur a toujours été au top, transcendant son équipe vers les plus belles victoires. Mais ce 8 novembre, sur un tout dernier effort en fin de rencontre, Pinturrichio se blesse au genou. La sentence tombe quelques heures plus tard : rupture des ligaments croisées du genou. Il est opéré aux États-Unis et reste éloigné des terrains pendant près de neuf mois. Conséquence immédiate : la Juventus, championne en titre, fait une saison totalement anonyme, et termine à la septième position, soit son pire résultat depuis 1962. Il fait son retour l’été suivant, mais quelque chose, dans sa façon de jouer, s’est irrémédiablement brisé. Il l’admettra dans plusieurs interviews : il y a eu un Del Piero avant la blessure, et un Del Piero après la blessure.

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14 mai 2003 : Juventus – Real Madrid 3-1

Quelques années plus tard, Del Piero est revenu au top niveau, même si son jeu a évolué suite à sa grave blessure. En 2003, la Juve, championne en titre, réalise une saison incroyable, et atteint la demi-finale de la Ligue des Champions. Battus 2-1 à l'aller par le Real Madrid, les Bianconeri prennent le match par le bon bout, et ouvrent le score par Trezeguet. Quelques minutes plus tard, Del Piero illumine le stade. Après avoir réalisé un contrôle magique, il humilie Fernando Hierro (excusez du peu) avec deux feintes, et fusille Iker Casillas (excusez du peu). 2-0. La Juve s’imposera 3-1 et se qualifie pour la finale de la C1. Mais, pour la troisième fois de sa carrière après 1997 et 1998, Del Piero s’incline en finale, cette fois-ci contre le Milan AC. Un échec contrebalancé par un cinquième sacre national. Suffisant pour se consoler ?

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4 juillet 2006 : Italie – Allemagne 2-0

L’un des matches les plus incroyables de l’histoire de l’équipe d’Italie. Demi-finale de la Coupe du Monde en Allemagne. L’Italie défie justement les Allemands. En Squadra Azzurra, Del Piero n’a jamais obtenu les succès qu’il a décrochés avec la Juve. Surtout, il garde en mémoire cette maudite finale de l’Euro 2000 contre la France, où il rate par deux fois la balle de match, alors que l’Italie menait 1-0. Six ans après, voilà finalement sa revanche. A la 118e minute d’un match sans fin, Fabio Grosso ouvre le score pour la Nazionale. Une minute s’écoule. L’Italie part en contre-attaque. Gilardino, avec des yeux dans le dos, donne le ballon à un Del Piero qui arrive d’en dehors de l’écran. Frappe enveloppée "à la Del Piero". 2-0. Et « andiamo a Berlino » .

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16 septembre 2006 : Juventus – Vicenza 2-1

Lors de l’été 2006, la Juventus est reléguée suite au scandale Calciopoli. Pour la première fois depuis 13 ans et l’époque de Padoue, Del Piero se retrouve en Serie B. En bon capitaine, il n’abandonne pas le navire, et promet de ramener l’équipe en Serie A, malgré la pénalité de neuf points infligée à la Vecchia Signora. Lors de la deuxième journée de championnat, brassard de capitaine sur le bras, Del Piero célèbre son 500e match parmi les pro, dont 486 avec la Juventus. Il fête ça en signant sa première réalisation de la saison, la deuxième de sa carrière en Serie B, après un but marqué avec Padoue en novembre 1992. Alex inscrira finalement 20 buts en championnat, terminant meilleur buteur de Serie B. La Juve remonte et, la saison suivante, voilà le Capitano sacré meilleur buteur de Serie A. Bah quoi ?



30 octobre 2010 : Milan – Juventus 1-2

Le retour en Serie A est difficile. Après deux premières années positives, la Juve termine à la septième position la saison 2009-10. Mais l’exercice suivant débute beaucoup mieux. Les Turinois font même la course en tête avec la Lazio. Del Piero joue moins, car la Juve tente petit à petit de renouveler son équipe. Mais ce jour-là, contre le Milan AC, il est titularisé. Choix judicieux. Après l’ouverture du score de Quagliarella, Pinturicchio profite d’un travail relativement approximatif de Sissoko pour inscrire le deuxième but turinois. Mais ce n’est pas n’importe quel but. Déjà, il donne la victoire à la Juve. Mais surtout, il s’agit du 179e pion de Del Piero avec la tunique noire et blanche en Serie A. Il devient ainsi le meilleur buteur de l’histoire de club, en devançant Boniperti d’une unité. Promis, le vieux Giampiero ne lui en voudra pas.

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11 avril 2012 : Juventus – Lazio 2-1

Avec l’arrivée sur le banc d’Antonio Conte, son ancien coéquipier à la Juve, Del Piero devient un remplaçant. Un remplaçant de luxe, certes, mais un remplaçant quand même. En début de saison, la sanction tombe : Andrea Agnelli, héritier de, annonce qu’il s’agira là de la dernière année du numéro 10 au club. Les tifosi ne veulent pas y croire. Pourtant, Alex accepte son destin avec une immense dignité, et répond de la manière la plus noble : en donnant tout quand son coach lui en donne l'occasion. Il inscrit son premier but dans le nouveau Juventus Stadium le 24 janvier, contre la Roma, devenant le seul joueur de l’histoire à avoir scoré dans les quatre stades de la Juve : Communale, Delle Alpi, Olimpico et Juventus Stadium. Le 11 avril, il entre en cours de jeu face à la Lazio, et inscrit le but de la victoire d’un magnifique coup-franc, à sept minutes du terme. Une victoire fondamentale, qui lance définitivement les Bianconeri vers le Scudetto. Il s’agit du 289e et dernier but marqué par Del Piero sous le maillot de la Juve. A moins que le destin ne soit romantique, et ne lui offre un dernier frisson aujourd’hui. En légende.



Eric Maggiori
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Note : 4
Un grand champion qui s'en va et qui manquera à la série A !
Au football européen en général d'ailleurs.
Dommage qu'il ait pas joué + pour sa dernière saison, il a un Borriello dans chaque cuisse, même à 37 piges...
Un très bon article pour un joueur fabuleux.

Merci, Eric.
+5 uniquement pour le "travail relativement approximatif" de Sissoko.
Un sacré article pour un sacré joueur!

Ça fait quelque chose de revoir le matchs de l'inter en 1998 avec les Zidane, Ronaldo, Djorkaeff, Edgar Davids et la coupe de Taribo West.
Le match contre le Real des Galactiques aussi avec des buts parfaits, j'avais été frappé par le sens du placement de Trézéguet, on a l'impression qu'il sait où la balle va lui arriver, les feintes de Pinturicchio sur Fernando Hierro sur le deuxième but et enfin la course et la frappe de Pavel Nedved qui était intenable pour les défenses adverses.

Il manquera à la Juve mais j'espère toujours qu'Andrea Agnelli le prolonge pour un baroud d'honneur en LDC l'année prochaine.

En tout cas, merci pour ce superbe article Mr Maggiori.
Un des meilleurs joueurs de notre époque.

Sans sa blessure, il raflait tout.

Ciao, Alé!
Grand joueur très sympathique.

Une "bandiera" qui s'en va encore..

Je conseille le reportage "sfide" sur Del Piero si vous en voulez plus: http://www.sfide.rai.it/dl/portali/site … 0dd61.html

Merci pour les articles EM!
Très bon article, je crois que plus que tout ce mec laissera une trace pour la classe qu'il apportait sur le terrain et en dehors, toujours fair play, sobre, efficace, petit gabarit au crochet dévastateur et aux coup francs chirurgicaux, on se rappellera longtemps du trident offensif de la Juve qu'il formait avec Trezeguet et Nedved... j'aimerais bien qu'il prolonge encore une année pour la C1 l'année prochaine...
Un joueur qui a marqué le Calcio et même le foot européen .
maxlojuventino Niveau : Ligue 1
"Del Piero termine à la quatrième place du classement des buteurs, derrière Bierhoff, Ronaldo, Baggio et à égalité avec Batistuta." C'est vrai que c''était fou! Aujourd'hui ça n'existe plus une telle concentration de légendes dans un même championnat.
Merci Del Piero pour tout ce que tu as fait pour ce club!
Note : 1
24 avril 1998 : Une honte pour le football italien
Les frissons quoi...

Bon par contre, le coup des légendes je veux bien, mais rien qu'à prendre le top 3 de la Liga, à savoir Messi C.Ronaldo et Falcao, je vois pas en quoi il y a une moins bonne concentration de qualité. Les légendes sont nommées comme telles parce qu'elles sont du passé. Les trois joueurs que j'ai cités seront considérés de la même manière dans quelques années.
J'ai commencé à supporter la Juve en partie grâce à lui, en 1996, à tout juste 8 ans.

Seize années plus tard, et possédant dans mon armoire quelques maillots Juventus floqués du numéro 10, je regrette ne jamais avoir été à Turin voir jouer mon idole. Joueur que je salue et qui aura marqué, tout comme moi, des millions de personnes.

Je n'ai qu'une seule chose à dire, avant d'aller verser quelques larmes au bout des 90 minutes de ce Juventus-Atalanta : Grazie Capitano.

Je souhaite également vous remercier, monsieur Maggiori, pour la qualité de vos articles ainsi que vos petites touches subtiles à certains moment.
Si je passe de plus en plus souvent par ici, c'est bien grâce à vous.
Note : 1
@Tourments :

Rien à voir, Ronaldo, Bierhoff, Baggio et Batistuta étaient des énormes monstres en sélection contrairement aux joueurs que tu cites.
Ça, je ne peux que le confirmer. Mais puisqu'en l'espèce il parlait du calcio, c'est à dire de club, mon commentaire reste toujours de bon ton.
Ah ! Les rencontres entre Del Piero et le Real...
Je pense que lui-même leur accorde une place à part dans son magnifique parcours, ne serait-ce que parce que sa sortie du terrain en 2008 sous l'ovation de Santiago Bernabeu est un truc qui a été donné à peu de joueurs depuis que le foot est foot.

Grazie Ale', grazie Pinturicchio, grazie capitano !
On parle d'un mec qui a eu droit à de sacrées standing ovation (Santiago Bernabeu et Old Trafford entre autres), c'est dire toute la dimension du gars ! il vient de marquer le 2eme but contre l'atalanta à l'instant !

Ciao Il Pinturrichio ! Grazie Mille !
Grand joueur ! La classe totale, y'en a pas beaucoup des comme ça. L'unanimité des posts en dit long, ça fait plaisir. Très bel article, merci SF.
Pas fan de la Juve mais c'est un monstre qui s'en va....ciao l'artiste...
maxlojuventino Niveau : Ligue 1
Y a une petite différence entre la Liga actuelle et la Serie A des années 90, la différence c'est que tous les grands joueurs étaient répartis dans les 7 meilleurs clubs de la botte(et non dans 2 comme en Espagne). Y avait une vraie émulation dans ce championnat, on ne savait pas qui allait remporter le titre au début de la saison. Parme, la Lazio, la Roma et la Fiorentina faisaient partis de l'élite européenne au même titre que la Juve, le Milan et l'Inter. Pour moi la liga d'aujourd'hui n'est absolument pas comparable à la Serie A d'alors.
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