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Alavés, la Liga par le basket

Au bord de l’extinction il y a de ça une décennie, le Deportivo Alavés retrouve aujourd’hui le haut du panier espagnol. Un retour en Liga qui suit le sillon tracé par l’autre phare de Vitória, le Laboral Kutxa, et qui se retrouve effectif grâce au président de ce même club de basket.

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Le 16 mai 2001, le Westfalenstadion ressemble au paradis de l’irrationnel. Le Liverpool FC, alors détenteur de quatre Ligues des champions et de deux Coupes de l’UEFA, doit même se pincer pour y croire : le Deportivo Alavés, anonyme fanion sur la scène continentale, emmène cette finale de C3 en prolongation. Un parcours inouï, à en croire le passé et les finances basques, qui se retrouve amputé de son rêve d’une fin heureuse : Geli, contre-son-camp, offre le trophée aux Reds en toute fin de match (5-4).


La peine est au rendez-vous, mais l’exploit reste de taille pour Vitória qui, lors de ce même printemps, envoie également son club de basket en finale de l’Euroleague - la C1 de la discipline. Là encore, le revers renvoie la ville basque à sa peine qui, malgré tout, arrive à se placer au centre de l’échiquier sportif européen. Quinze ans plus tard, l’épopée n’est pas aussi ronflante mais renvoie bien le Deportivo Alavés en Primera Division, tandis que le Laboral Kutxa, lui, truste toujours les podiums continentaux. Une remontée qui porte le sceau de Josean Querejeta, saint-sauveur et patron des deux entités sportives de Vitória.

Piterman, des insultes et une ardoise


Sitôt cette finale européenne atteinte, la chute s’entame. D’abord en douceur, elle devient effective deux exercices plus tard, lorsqu’au soir d’une défaite contre le Betis au stade Mendizorroza, le Deportivo Alavés retrouve les bas-fonds de la Liga Adelante. El Glorioso, comme il aime à se faire nommer, rate le coche de la remontée immédiate d’un maigre point. Un point qui marque par la même l’arrivée aux affaires d’un certain Dimitri Piterman. Entrepreneur ukraino-américain aux revenus douteux, il tente de racheter, quelques années plus tôt, le club français de Valence avant de jeter son dévolu sur le Racing Santander. Chassé de la tête du club de Cantabrie par le conseil régional en 2004, il flaire le bon coup et rachète le club de Vitória la même année. Malgré une remontée immédiate, l’organigramme de l’institution se disloque au gré des caprices présidentiels. Ainsi, pour sa première campagne en Liga, Piterman change à trois reprises d’entraîneurs - Chuchi Cos, Rafael Monfort et Juan Carlos Oliva, viré malgré un bilan de zéro défaite en cinq matchs - autant d’exemples qui soulignent l’impossibilité de travailler au côté du natif d’Odessa.


Entre une relégation illico et un budget qui s’effrite, l’ambiance devient rapidement délétère. À tel point qu’en 2006, suite à des menaces physiques de Piterman, le joueur Lluis Carreras, entouré par tous ses coéquipiers, organise une conférence de presse : « Je devais me présenter face à vous car le président Piterman a insulté mes morts (son père venant de décéder, ndlr) et m’a dit qu’il espérait que ses enfants baisent les miens. » Un amoureux de la poésie, donc, qui enchaîne par des insultes auprès du public de Vitória ou des instances de la ville. Le cauchemar dure encore un an, jusqu’en avril 2007, quand un accord est trouvé avec des investisseurs locaux pour rendre sa liberté au club. En plus de l’irrespect, Piterman laisse derrière lui une ardoise de 23 millions d’euros qui pousse le club au bord de la faillite et, donc, de la disparition - en 2009, un juge de Vitória décrète un embargo sur tous les biens de l’Ukrainien pour des impayés à hauteur de 13 millions d’euros. Valeureux mais sans moyen, le club poursuit sa mise en abîme avec une descente en Segunda Division B au printemps 2009.

« Le club ne doit dépendre d’aucun tiers »


Plongé dans un coma douloureux pour son aficion, le Deportivo Alavés retrouve de l’espoir en 2011. Pensionnaire de troisième division espagnole, le club, toujours titubant financièrement, est racheté par Josean Querejeta. Ancien joueur de basket devenu entrepreneur à succès, il est déjà depuis 1988 aux commandes du Laboral Kutxa - anciennement appelé Club Deportivo Vasconia - qu’il a réussi à faire rentrer dans le gratin européen. Pour une ville aux 240 000 habitants, l’exploit est de taille. De fait, il mise sur la même recette : « Une gestion financière où le club ne doit dépendre d’aucun tiers » , éclaire-t-il au Pais.


Le 1er juin 2013, la remontée en Liga Adelante engendre un retour des ambitions définitivement officialisé un an et demi plus tard lorsque le club sort de son processus de liquidation. Entouré d’anciennes gloires des Babazorros, Josean Querejeta entreprend un recrutement excitant (Pacheco du Real, Toquero de l’Athletic…) qui porte illico ses fruits, Alavés retrouvant l’élite ce dimanche et un succès face à Numancia (2-0). Coïncidence, le Laboral Kutxa a, lui, participé au Final Four de l’Euroleague et est toujours en course en Liga ACB. ¡ Aupa Vitória !

Par Robin Delorme
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wallotexas Niveau : CFA
Alavés le linge sale en famille.
louvressac Niveau : DHR
16 mai 2001, j'étais a Dortmund,le matin du match je passe par le stade et comme les guichets sont ouverts je m'achete un ticket avec les supporters espingouins pour 14 euros (oui,oui quatorze euros)!
mais ça c'était avant.....
Le club de basket est courament appelé le Baskonia, c'est plus sympa que de le nommé par le nom du sponsor.
Gros travail de la part de la direction qui montre qu'en Liga, un club bien administré peut se faire sa place, on a eu le cas avec Eibar, autre club basque. Ça nous des exemples de gestions qui je le souhaite sera suivi par d'autres clubs.
Et puis c'est cool pour la ville de Vitoria et les supporters qui sont derrières leurs deux équipes, de basket et de foot sans qu'un sport n'empiète sur l'autre.

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