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Alavés et les erreurs du passé

De retour au plus haut niveau national, le Deportivo Alavés ne rêve que d’un maintien en fin de saison. Un objectif qui passe par les terrains, mais également par un coup d’œil dans le rétroviseur. Car depuis quinze ans, le Glorioso n’a fait qu’enchaîner les galères sportives et, surtout, les psychodrames en interne.

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Le 15 mai 2001, 11 000 Alavésistas remplissent les hôtels de Dortmund et de sa périphérie. Le lendemain, ces 11 000 gorges crient leur amour commun pour leur Deportivo Alavés, tandis que 22 000 mains frottent des yeux qui ne croient pas ce à quoi ils assistent : l’équipe de Vitória affronte Liverpool en finale de la Coupe de l’UEFA. Quinze saisons plus tard, la défaite de 5 à 4 face aux Reds reste dans les livres d’histoire locaux comme la plus belle page des 95 ans du Glorioso. Rien de plus normal pour un club dont le palmarès se limite à quatre titres de Liga Adelante.


Mais plus encore que cette armoire à trophées désespérément vide, c’est bien la dernière décennie cauchemardesque du club qui marque au fer rouge les supporters basques. En somme, ils ont vécu plusieurs enfers qui les ont conduits de la Liga jusqu’à la Segunda Division B, des joies européennes à la peur de la disparition administrative. Le retour au plus niveau national d’Alavés a donc tout de la résurrection. Et pour ne pas retomber dans leurs travers, les Babazorros n’ont d’autres choix que de ne pas répéter leurs erreurs du passé.

Du vampire Piterman à la guerre civile interne


Le premier arrêt en enfer, le Deportivo Alavés l’aborde deux ans après sa finale face aux hommes de la Mersey. La descente officialisée après une ultime défaite face au Betis n’offre pourtant qu’un aperçu du marasme dans lequel s’apprêtent à plonger les Basques. Car, incapable de remonter lors de l’exercice suivant, le Glorioso change de propriétaire durant l’été : Gonzalo Anton, héritier de la figure emblématique du club Juan Arregui, vend 51% des parts à l’entrepreneur ukraino-américain Dimitry Piterman. Trois ans durant, de 2004 à 2007, le manque de respect, les insultes et menaces de la présidence défient les peñas et supporters locaux. En cause, la gestion cataclysmique de l’ancien propriétaire du Racing Santander – qu’il plonge également dans une crise toujours aujourd’hui sans fin – qui enchaîne dix licenciements de coachs, dont trois pour le seul Chuchi Cos. De mémoire d’Oscar Téllez, ancien Alavésista interrogé par El Pais, « c’est impossible de cohabiter avec lui dans un vestiaire. Toi, en tant que joueur, tu n’es rien pour lui. L’atmosphère est irrespirable. Piterman doit sortir du sport et se dédier à ses entreprises et son business » .


Après plusieurs affrontements avec les aficionados, de nombreuses querelles avec les élus municipaux de tout bord, et une litanie de clashs avec un vestiaire décomposé, Dimitry Piterman quitte enfin le Deportivo Alavés en mars 2007. Les supporters soufflent, avant de s’effondrer devant la dette du club : durant la période de gestion de l’entrepreneur ukraino-américain, elle se multiplie par trois pour atteindre les 23 millions d’euros. Pour Fernando Ortiz, le cadeau empoisonné se transforme en second enfer successif à traverser pour un Glorioso au bord de la faillite. D’abord sauvé in extremis, Alavés plonge dans les abysses du foot espagnol lors de l’exercice 2008/09. Cet arrêt en Segunda Division B dure quatre saisons. Une éternité pour une aficion qui assiste à la désintégration du club par l’intérieur. Car aux mauvais résultats sportifs s’ajoutent une guerre entre direction et effectif qui culmine en avril 2012. Au lendemain d’un revers face à Logroñes, le conseil d’administration décide de sanctionner tous les joueurs d’une amende oscillant entre 600 et 3000 euros. Si bien qu’à la reprise estivale, le club ne compte que deux joueurs sous contrat…

Modèle basket et licenciement facile


Le marasme du Deportivo Alavés prend fin lors de cette même année 2012, lorsque les dirigeants du prospère club de basket local, souvent qualifié pour le Final Four de l’Euroleague, prennent en main la destinée du Glorioso. Le Saski Baskonia, également connu sous le nom de Laboral Kutxa, rend à son comparse footballistique une structure cohérente et assainit enfin ses finances. Si bien qu’en juin 2013, la remontée en Segunda est effective. Trois ans plus tard, rebelote, le club se hisse d’une division pour atteindre de nouveau la sacro-sainte Liga. Pourtant, le doute subsiste quant à l’apprentissage de leurs erreurs par les Alavésistas.


En atteste le licenciement, au lendemain de la montée, de l’entraîneur José Bordalas au profit de l’Argentin Mauricio Pellegrino. Un choix motivé par un supposé manque de niveau de l’artisan de l’ascension, mais qui renvoie irrémédiablement vers les périodes de gestion calamiteuses du club. Reste qu’en cette soirée dominicale, c’est loin de l’anonymat des divisions inférieures, mais bien sous les projecteurs du Vicente-Calderón que le Deportivo Alavés s’apprête à entamer sa saison.

Par Robin Delorme
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