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Alain Casanova : des adieux et une larme

Après presque sept ans de (parfois) bons et (toujours) loyaux services, Alain Casanova a laissé sa place d'entraîneur du Toulouse Football Club à Dominique Arribagé, chargé de sauver le club de la relégation en Ligue 2. Retour sur le septennat d'un coach de devoir profondément amoureux de son club.

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Alain Casanova n'aura pas passé l'hiver 2015. Pas l'occasion de remettre ses polos Uhlsport les beaux jours venus. Presque sept ans à arpenter les bords de touche de Ligue 1 et à étrenner les plus belles pièces de survêtement impeccablement repassées par Jacky Teulières, l'inamovible intendant. Sept ans à vous broyer de main avec sa poigne de fer, sept ans à ne jamais gueuler contre un coup de sifflet injuste quand d'autres auraient crié à la sodomie arbitrale, sept ans de conférences de presse laborieuses à rabâcher sur ses « regrets » ou de « la jeunesse  » de son équipe. Alain Casanova était une figure familière mais méconnue du championnat de France. Pas assez sexy, pas assez méridional, pas dans le bon mot. Un gros bosseur oui, mais dont le charisme ne dépassait pas les murs de son vestiaire. Le contremaître idéal selon Olivier Sadran, son président, employeur et ami. «  Alain a ce mérite exceptionnel de ne jamais se mettre en scène. Il ne gère pas son image. Il est le salarié d'un club qu'il aime et jamais dans la compromission avec les journalistes  » , vantait le président du TFC l'an dernier lors d'un long entretien à So Foot.

Des promesses et des regrets


Un départ de Casanova ? Début mars, le roi de la restauration aérienne piquait une colère noire et son traditionnel communiqué quand certains médias osaient relayer l'infâme rumeur. « À la suite de récents articles parus dans la presse ces derniers jours, Olivier Sadran tient à démentir fermement toute rumeur faisant état de l'arrivée d'un nouvel entraîneur à la tête de l'équipe professionnelle. Le président du TFC rappelle qu'il maintient toute sa confiance à Alain Casanova. » Il était prêt à mourir avec ses idées, son entêtement et son « Casa » . N'avait-il pas maintenu en poste un Élie Baup qu'il ne pouvait plus encadrer jusqu'au dernier moment lors de la saison 2007/2008 ? Toulouse s'était sauvé à la dernière journée sur un but de Pantxi Sirieix, l'Amara Diané du 31. Baup écarté, Casanova découvrait enfin la lumière. Arrivé 15 ans plus tôt de Marseille où il accompagnait Papin dans ses séances d'heures supplémentaires, l'éternel remplaçant avait trouvé sa ville, son club. Gardien, entraîneur des gardiens, adjoint puis numéro un, « Casa » avait débuté par une défaite 3-0 à Lyon en août 2008. On parlait de choix par défaut, les supporters avaient déjà en tête le nom de son successeur.

Sept ans après, il était toujours là. Une longévité qui tenait de l'anachronisme. La première saison, l'ancien de l'INF Vichy avait transformé le plomb Gignac en or, fait confiance à Capoue, Sissoko et Mbengué, instauré son cher 4-1-4-1 pour terminer 4e. Une saison presque parfaite à une élimination près en demi-finale de Coupe de France au Stadium contre Guingamp. L'effet de surprise passé, il assurait l'objectif présidentiel «  entre la 5 et 15e » assurant le maintien sans frémir (14e, 8e, 8e, 10e, 9e). Pour Toulouse, c'était déjà beaucoup. Son TFC parfait fort et s'écroulait souvent dans les derniers kilomètres avec sa traditionnelle fringale du printemps. « Casa » n'a jamais eu la cote dans les médias malgré quelques relégations de moins que Jean-Marc Furlan. Une histoire de charisme, d'austérité et de rendez-vous manqués peut-être. Comme cette demi-finale de Coupe de la Ligue perdue contre l'OM par la faute d'un pointu de Brandão en 2010. Avec des Abdennour, Capoue, Didot et Ben Yedder, il aurait pu viser mieux que les eaux calmes du milieu de tableau. Mais comme le patron n'en demandait pas beaucoup plus…


Puis il a décidé de changer. Pas l'extérieur, non, le fond. Il a osé un 3-5-2 inspiré par la Juve de Conte pour mieux se rapprocher de ses racines espagnoles, lui qui avoue surtout vibrer pour la Roja et le Barça. Les résultats sont restés les mêmes, mais son audace a été saluée. Toulouse a arrêté d'ennuyer et de bien défendre aussi. En début de saison, il annonçait à ses joueurs son envie de se «  frotter au top 6  » . C'était d'une audace inattendue, presque de la témérité. Un message en esperanto dans un vestiaire aussi hétéroclite qu'un jury de l'Eurovision. Il n'avait pas senti venir la saison de trop et les limites d'un recrutement bâti à parti des filières d'Ali Rachedi, ce directeur sportif qui accorde autant d'interviews que JD Salinger en son temps.

Sacrifié pour la cause


Dans la tempête, le capitaine Casanova n'a jamais lâché ses hommes. Il les a protégés à l'excès devant les médias et les supporters. Toujours les mêmes excuses, les sempiternels regrets et cette optimiste aveugle. Même après avoir heurté l'iceberg contre Lens, il refusait de monter dans le dernier canot de sauvetage. «  L'équipe a montré des valeurs dans son comportement.  » Il jouait en boucle et dans le vide. En interne, il avouait ces dernières semaines être à court de solution. On évoquait une démission refusée par Sadran. Il le sait trop bien, son équipe n'a pas une gueule et les tripes à lutter pour sa survie en L1. C'était aussi un peu de sa faute, à trop la couver. Ce lundi dans la salle de presse du Stadium, il est venu une dernière fois devant les journalistes. Jamais, il n'a été aussi bon. « S'il y avait un dernier électrochoc à trouver, c'était celui-ci : donner la possibilité aux joueurs d'être encore plus placés devant leurs responsabilités, donner aussi la possibilité à des gens du club, comme "Domi" Arribagé, d'avoir un autre discours, donner encore plus de confiance et tout mettre en œuvre pour sauver ce club que l'on aime tant. » Il aurait pu remplacer le « on » par un « je » . Sadran lui a bien proposé un poste à la formation ou dans le confort d'un bureau, mais il a préféré décliner. Pas l'âme d'un recasé ou d'un planqué. Il a terminé avec une larme à l'œil, sous les applaudissements et dit qu'il allait « prendre du temps » pour lui avant de rebondir ailleurs. Il le mérite bien. Avec un nouveau survêt' et une autre marque de polo bien sûr.



Par Alexandre Pedro
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