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Ajax/Rapid : La barre de fer, c'est pas super !

Ce soir, l'Ajax Amsterdam affronte le Rapid Vienne en tour préliminaire de Ligue des champions. Mais dans l'histoire du club ajacide, Vienne rime avec Austria depuis le Staafincident : ce soir de 1989 où un Batave allumé a décidé de faire un lancer de javelot sur Franz Wohlfahrt.

Vienne et l'Ajax, c'est peut-être un détail pour vous, mais pour le club néerlandais, ça veut dire beaucoup. Il y a vingt ans presque jour pour jour, la bande « barely legal » de Louis van Gaal y remportait la Ligue des champions dans l'antre du Ernst-Happel Stadion – entraîneur mythique de la Hollande 78, soit dit en passant. Le dernier en date des Ajacides. Et si le Rapid Vienne n'a pas un gros passif commun avec son adversaire du soir, à l'exception de deux gifles infligées en amical par les Autrichiens il y a 85 ans (2-5, puis 16-2 à l'été 1930), son rival dans la capitale autrichienne, l'Austria, a connu plus mauvaise fortune face à l'Ajax. Plus précisément le 27 septembre 1989 lors d'un match qui reste méchamment collé à l'inconscient collectif néerlandais sous le nom de Staafincident ( « l'incendie à la barre de fer » en VF).

Un Ajax en phase de nettoyage


À l'époque, l'Ajax Amsterdam est en pleine transformation. Pour ne pas dire dans un incroyable bordel. Si le club a bien remporté une C2 en 1987 avant d'accrocher la finale l'année suivante, cela fait quatre ans que les Godenzonen n'ont plus remporté le titre en Eredivisie. De plus, Johan Cruijff est parti monter sa Dream Team en terres barcelonaises, laissant place à un chapelet d'entraîneurs intérimaires. Quatre en seulement un an et demi : Barry Hulshoff, Spitz Kohn, Bobby Haarms et Kurt Linder. En conséquence, Ton Harmsen claque son strapontin de président du club, remplacé par Michael van Praag, fils de Jaap, big boss de l'Ajax des sixties et seventies. Pour redynamiser son équipe, Van Praag installe Leo Beenhakker sur le banc. Problème : en Eredivisie, l'Ajax pointe à la neuvième place et se voit menacé d'élimination dès le premier tour de la Coupe UEFA après une défaite 1-0 face à l'Austria Vienne au match aller. L'ambiance promet donc d'être électrique lorsque les Autrichiens se pointent au match retour dans un De Meer Stadion plein comme un œuf (24 000 personnes). Pendant le match, Beenhakker enchaîne clope sur clope jusqu'à ce que Jan Wouters envoie un missile dans la lucarne de Franz Wohlfahrt à la 44e minute. Si l'espoir renaît, alors que les hommes de Don Leo se dirigent doucement vers le vestiaire, c'est bien le début des emmerdes pour l'Ajax.

Une vanne bien lourde et une barre en métal soudainement légère


Lors de la saison 1989-90, pour maintenir l'ambiance dans les tribunes pendant que les joueurs sont aux vestiaires, Michael van Praag a décidé d'inaugurer une nouvelle formule : des personnalités bataves s'improviseront speakers à De Meer. Après l'acteur Hank Slinger et l'animateur de télé Frank Masmeijer, c'est au tour de Freek de Jonge de s'inviter dans le rond central. Mic' à la main, le comédien et chroniqueur de radio lâche une bombe : « Monsieur Wiesenthal pour Monsieur Waldheim au téléphone ! » Waldheim pour Kurt Waldheim, le chef d'État autrichien de l'époque, accusé – à tort – lors des élections présidentielles de 1986 d'avoir été impliqué dans des crimes nazis durant la Seconde Guerre mondiale, notamment par… Simon Wiesenthal, « chasseur de nazis » reconnu. Sur le terrain, le score reste le même tout au long de la seconde mi-temps, obligeant les deux équipes à pousser en prolongation. À la 98e minute, l'attaquant de l'Austria, Hannes Pleva, est en embuscade pour reprendre un ballon échappé par Stanley Menzo dans ses six mètres. 1-1, l'Ajax Amsterdam doit marquer deux fois s'il ne veut pas dire adieu à la C3 prématurément. Quelques minutes plus tard, Franz Wohlfahrt capte une frappe lointaine d'Aron Winter… Puis s'écroule sur le sol, ballon à la main. Le portier autrichien vient de recevoir dans le dos une tige en métal d'au moins un mètre qu'un supporter de dix-sept ans, Gerald M., vient de balancer par-dessus le grillage. Pendant que Wohlfahrt se tord de douleur, les cris montent du côté du F-Side, les hooligans de l'Ajax : « Nazis ! Nazis ! Nazis ! » L'arbitre du match, Bruno Galler, décide alors d'arrêter le match.


Vidéo

« Je l'ai jeté sur un coup de tête »


Derrière, l'Ajax Amsterdam perd le match sur tapis vert et se voit radié pendant un an de toute compétition européenne alors que les ouailles de Leo Beenhakker étaient parvenues à remonter leur retard pour finalement remporter le titre en Eredivisie. Gerald M. prend cinq mois de prison ferme, une peine sans doute alourdie en raison du contexte footballistique de l'époque, plombé par la catastrophe de Hillsborough intervenue quelques mois plus tôt. « Pourquoi ? Je crois qu'il est trop tard pour répondre, mais j'ai quand même une explication à fournir. Pour moi, ça s'est passé pendant un match de football quand pour d'autres, l'arrestation se fait après une soirée arrosée » , expliquera l'ancien hool à Sportgeschiedenis.nl en 2004. Ça a plus à voir avec l'âge. Des jeunes entre onze et vingt-quatre ans dans une ville qui craignait à l'époque. C'est la puberté et tu ne veux pas te rabaisser devant qui que ce soit. Et d'un autre côté, tes parents te secouent en te rappelant tes obligations scolaires. Mais si tu ne sors pas, t'en es pas, toutes les jolies filles te passent sous le nez et tu passes pour un idiot. On s'arrêtait jamais et je venais d'avoir dix-sept ans. Plus t'es jeune, plus t'es imprévisible. […] Tu vois ces barres qui gisaient sur le sol, arrachées aux vieilles grilles ? D'une façon ou d'une autre, l'une d'entre elles a atterri dans mes mains et je l'ai jetée sur un coup de tête. » La légende veut que le projet de l'Amsterdam ArenA, terminé en 1997, trouve son origine dans ce Staafincident qui reste, à l'heure actuelle, l'acte de hooliganisme le plus grave qu'ait connu l'Ajax. La fameuse barre de fer, elle, trône toujours au musée de l'Ajax.

Par Matthieu Rostac, à Amsterdam
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