Ajaccio, sérieux promu

Plus petit budget de l'élite, Ajaccio est logiquement présenté comme le petit poucet du prochain exercice. Le club insulaire a pourtant bien des arguments à faire valoir.

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Vu comment se déroule le début du mercato, l'AC Ajaccio semble donner raison à deux types de personnes. Il y a d'abord ceux qui pensent qu'il n'y a pas la place, en France, pour avoir une élite à 20 clubs, puisque cela offre la possibilité à des clubs limités en termes d'infrastructures d'être en Ligue 1. Il y en a également qui se disent que les petits clubs du Sud, c'est toujours un peu pareil : magouille, débrouille et compagnie. Autant dire que tout ce joli petit monde va se trouver bien étonné dès les premières journées de championnat. Alors certes, il n'y a qu'une quinzaine d'éléments à la reprise de l'entraînement. Ok, les joueurs présents font une préparation physique avec les mêmes équipements que l'an dernier. D'accord, la case “arrivées” du tableau des transferts est remplie de manière inquiétante, avec une recrue étrangère que l'on n'a jamais vraiment vu jouer et des profils peu courtisés en Ligue 1. Mais il ne va pas falloir compter sur le club insulaire pour jouer le rôle du cancre de service. Car même si personne ne s'attendait trop à la montée, le staff fait bloc et sait parfaitement où il va, ce qui est loin d'être le cas de tout le monde en L 1.

En effet, rares sont les entraîneurs français à pouvoir bénéficier d'une liberté aussi grande que celle d'Olivier Pantaloni. L'accès parmi l'élite n'a pas tourné la tête des dirigeants. Même si une série de défaites venait sanctionner le début de parcours des acéistes, personne ne viendrait chercher des noises au technicien adepte du combo « t-shirt Armani – jeans – Air Max » . Par contre, contrairement à ce qui s'était passé à Grenoble il y a deux ans, les joueurs se feraient sérieusement bouger par une direction qui est bel et bien là. Fort heureusement, le technicien n'a pas comme seul mérite de générer l'adhésion de ses supérieurs. Il a aussi un projet de jeu. Car Ajaccio, deuxième de Ligue 2, n'est pas monté en claquant des doigts.

La vie sans Rivière

L'équipe évolue la plupart du temps en 4-5-1 compact. Avec des latéraux qui font tout sauf s'économiser, trois milieux de terrain qui s'efforcent d'être sur tous les ballons, et des ailiers qui n'hésitent pas à filer des coups de main dans l'axe. C'est pas compliqué, l'équipe laisse le ballon à l'adversaire, mais il y a toujours au moins un blanc et rouge à proximité de la balle pour mettre le pied. Et une fois le cuir récupéré, tout le monde monte en groupe. « A la fin d'un match contre Tours, l'entraîneur adverse nous a dit qu'il n'avait jamais vu une équipe courir autant que nous » avouera même Benjamin André, la pépite du groupe, qui fait tout comme tout le monde, mais en plus vite. A la lecture de ce plan de jeu, le recrutement d'un Sammaritano ne fait plus passer le promu pour le nouveau Arles-Avignon. «  La démarche d'Ajaccio m'a touché, ils ont été les premiers à me contacter. Ici, les gens sont francs et disent ce qu'ils pensent. C'est toujours mieux » lâche même le meneur de poche. Mieux, avec l'arrivée d'Ochoa, un mec qui ne demande qu'à être sollicité une vingtaine de fois par match dans ses buts, l'ACA a bouclé 10 de ses onze postes de titulaires.

Reste le cas du buteur. Car comme Dijon, Ajaccio a perdu son meilleur élément offensif en fin de contrat. Jean-François Rivière a beau avoir scoré moitié moins que Ribas, il était un des meilleurs éléments de Ligue 2 de par son jeu complet, un peu à la Pagis. A 34 ans, il voulait un contrat de 24 mois, il a donc signé à Clermont. Pour le remplacer, l'ACA attend la bonne opportunité. C'est que le club n'a pas les moyens du cousin marseillais. 30 000 € par mois, c'est le maximum que le club peut offrir en salaire à son grand attaquant. Dur à ce tarif là de trouver un bonhomme qui facture plus de dix buts dans l'élite quasiment à tous les coups. Mais c'est la seule mission du club jusqu'au 31 août. Car pour les autres postes, les joueurs anciennement prêtés, comme Lasne à Bordeaux ou N'Diaye à Marseille, font le maximum pour revenir sur l'Île de Beauté et y parviennent. Preuve que l'ACA a peut-être un coup à jouer.

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franchement, cette année, en L1, je serai pour eux.
Franchement je les vois faire mieux que Dijon, ETG est pour moi au dessus.
Sinon le buteur à 30K€/mois ça va être très très chaud!
ça fait plaisir de retrouver un club corse dans l'élite en espérant que bastia suive l'exemple l'année prochaine.
En tout cas il sera difficile de s'imposer à Francois Coty l'année prochaine
Article plutôt bien vu, l'ACA a des valeurs et le prouve en prolongeant les héros de la montée (sauf Jeff Rivière qui a préféré partir).

Au niveau des transferts avec le peu de moyensàa dispositions Ajaccio s'en sort super bien avec des gars qui correspondent à la mentalité: Lasne, qui l'a prouvé l'an dernier, Sammaritano, surtout la version vannetaise, et Ochoa qui reste une énigme (pour le football européen j'entends).

Reste le problème de l'attaquant, Andy Delort est un super espoir, mais il n'a pas encore l'étoffe de la L1. Comme le dit l'article, c'est le seul poste où il faut recruter à tout prix (façon de parler), par contre si on peux éviter un Bagayoko, un Sammassa, un Moussilou ou un joueurs de ce type ça serai bien.
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