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Agne Simonsson, l’exception suédoise du Real

Il est le seul compatriote de Zlatan à avoir porté le maillot blanc. C’était au début des années 1960 et ça n’a vraiment pas duré très longtemps. Voici Agne Simonsson.

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Il fut un temps où les parents de Zlatan n’étaient pas encore en mesure de procréer, et pourtant la Suède était l’une des meilleures équipes du monde. C’était en 1958, durant le seul Mondial au pays des rennes. Après avoir marché sur l’URSS et l’Allemagne de l’Ouest, les Jaune et Bleu rejoignent le Brésil de Pelé en finale. Pendant une demi-heure, la Suède fait illusion en ouvrant le score. Et puis la Seleção se décide enfin à passer la seconde et corrige les Nordiques 5-2.

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Agne Simonsson, seul en attaque ce jour-là, ne marquera qu’un seul but, quatre dans toute la compétition, loin derrière Just Fontaine et ses treize réalisations, mais ses prestations ne passent pas inaperçues. Le grand blond et ses dents du bonheur tapent dans l’œil des dirigeants du Real Madrid. Ils voient en lui le parfait remplaçant d'Alfredo Di Stéfano.

Dans l’ombre de « Don Stéfano »


Car à cette époque-là, il faut un mec à la fois suffisamment malléable et bon pour suppléer la grosse star du Real. Agne a le profil parfait : il est jeune, il vient tout juste de passer professionnel et il réalise une première saison de porc : 42 matchs, 25 buts avec Örgryte, le deuxième club de Göteborg. Il finit même cinquième au classement du Ballon d’or cette année-là. Du coup, comme ils l’ont fait avec Ødegaard récemment, les dirigeants du Real le récupèrent au plus vite. Avant la concurrence. Et c’est comme ça qu’à l’été 1960, Agne Simonsson débarque à Madrid, de loin la meilleure équipe d’Europe : vainqueur de la Ligue des champions 1956, 57, 58, 59 et 60 et vainqueur de la Liga 1954, 55, 57 et 58. Rien que ça. Seul « problème » , Di Stéfano fait la loi devant et les entraîneurs lui obéissent au doigt et à l’œil.


Il a déjà plus ou mois fait fuir Raymond Kopa et Didi, censés le doubler à son poste, à cause de son autorité démesurée et de son égoïsme sur le terrain. Ce n’est pas pour rien qu’on le surnomme « Don Stéfano » . Didi qualifiera d’ailleurs son expérience au Real comme la pire de sa carrière. Bref, Agne Simonsson ne s’en doutait pas vraiment en posant ses valises dans la capitale espagnole, mais il ne jouera quasiment jamais. Seulement trois matchs et un seul but la première année. Les trois seules fois où un Suédois portera le maillot merengue. Ensuite, Simonsson retombera dans l’anonymat, en prêt à la Real Sociedad, puis de retour au pays.

Le goût de l’amertume


Mais quand Malmö doit se rendre à Bernabéu, c’est forcément vers Agne Simonsson que l’on se tourne. Le seul homme du pays à pouvoir en parler un tant soit peu. Aujourd’hui, il a toujours un immense espace entre ses deux dents de devant, mais il n’a plus vraiment le même âge, ni la même fougue qu’avant.


À 80 ans, la vie ne lui a pas réservé que des bonnes surprises. Il a perdu sa femme, a eu pas mal de souci de santé, se déplace en chaise roulante et a des difficultés à parler. Ce qui ne l’a pas empêché d’accorder une interview dernièrement au Kvällsposten, un quotidien suédois. Une dizaine de questions, tout au plus, dont voici la plus fournie : « Qui était le meilleur entre Puskás et Di Stéfano ? – Puskás. En plus, c’était mon ami. Nous partagions souvent les chambres d'hôtel. C’était un bon gars qui a fui la Hongrie en 1956. De son côté, Di Stéfano était vraiment terrifié, il me surveillait tout le temps et voulait voir comment j’agissais. » Comme quoi, le temps a beau passer, l’amertume, elle, ne disparaît jamais vraiment.
Ugo Bocchi

Dans cet article

Je ne connaissais pas le moins du monde, et le sujet est très bon.

Que Di Stefano ne fût point un cadeau par contre, ça : affaire entendue, oui..

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