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Aduriz, le valet de Valence

Avant de devenir une option potentielle pour Vicente del Bosque en équipe nationale, Aritz Aduriz est passé par pas mal d’états d’âme au cours de sa carrière. Un temps rejeté par sa famille de l’Athletic Bilbao, le buteur retrouve aujourd’hui le FC Valence, sa dernière écurie avant l’adoubement définitif chez les Lions.

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Il épate depuis l’ouverture de la saison avec l’Athletic de Bilbao. Et malgré les résultats en montagnes russes de son club, Aritz Aduriz marque, encore et toujours. D’ailleurs, son principal fait d’armes est venu à la fin de l’été dernier, quand les Leones recevaient au San Mamés le géant de la dernière saison, le FC Barcelone, pour la finale aller de Supercoupe d’Espagne. Prêt à tout pour mettre à sa merci les champions d’Espagne et d’Europe en titre, Aduriz virevolte à la pointe de l’attaque et perturbe l’arrière-garde blaugrana. Résultat : trois buts en l’espace de 15 minutes, et un Barça amorphe devant autant de sens du but, autant de confiance. Bilbao dézingue Barcelone (4-0), Aduriz démarre son exercice 2015-2016 de la meilleure des façons. Six mois plus tard, la dynamique est similaire. Le goleador se classe au septième rang des buteurs européens, avec 30 buts inscrits en 44 matchs toutes compétitions confondues. Sans surprise, le meilleur buteur espagnol de la saison ne pouvait plus passer inaperçu pour le sélectionneur national, Vicente del Bosque. « C’est un cas exceptionnel » , expliquait le patron de la Roja à Marca, à 100 jours du démarrage de l’Euro. « Il a eu une bonne trajectoire, mais personne ne demandait à ce qu’il soit en sélection. Il est le prototype de ce que doit être l’avant-centre. Nous ne faisons pas une sélection par un vote populaire, mais quand tout le monde dit "Aduriz, Aduriz, Aduriz", c’est une chose à laquelle on doit penser. Nous ne serons pas plus intelligents que les autres si nous disons non. Nous allons le voir. » Si aujourd’hui, le joueur retrouve de nouveau les portes de l’équipe nationale et rend fier le Pays basque, le natif de Saint-Sébastien aura entre autres connu son salut à travers un club : le FC Valence.

Le choix de la difficulté


On l’a bien vu contre l’Olympique de Marseille, Aduriz ne tergiverse pas au moment de tenter un geste instinctif, et ce, même si le geste en question est réalisé en compétition européenne. Le Vieux Continent, El Zorro (le Renard, en VF) l’a connu au moment où il était en pleine ascension sportive. Cédé par Majorque pour 4 millions d’euros à la suite de nécessités d’ordre économique, Aduriz arrive à Valence en juillet 2010, malgré d’autres propositions venues de Getafe ou des Turcs du Fenerbahçe. À 29 ans, l’homme souhaite affronter une concurrence rude dans un club qualifié pour la Ligue des champions. À la suite du départ de David Villa pour Barcelone, l’autre recrue du club, Roberto Soldado, sera son principal concurrent. Les débuts sont bons pour le Basque, avec quatre buts et une passe décisive en sept rencontres. Cerise sur le gâteau en octobre, puisqu'après les blessures successives de Pedro et Fernando Torres en sélection, Del Bosque décide de l’appeler en sélection pour les matchs éliminatoires de l’Euro 2012. Déjà. « Grâce au très haut niveau de Valence, je suis parvenu à la sélection, évoque l’heureux élu après sa convocation. Je souhaite profiter du moment, et si quelque chose d’autre s’offre à moi, c’est avec plaisir. » Un quart d’heure à Salamanque suffira au bonheur d’Aduriz pour honorer sa seule et unique sélection à ce jour.


Si l’occasion ne s’est plus représentée derrière, c’est qu’il y a des raisons à cela. D’une, l’Espagne se composait d’un effectif de rêve, où les meilleurs buteurs ne laissaient pas de place au doute quant à l’occupation du poste. De deux, l’exigence imposée par le FC Valence est tout autre à supporter que celle de Majorque. Satisfaire le Mestalla de façon hebdomadaire n’est pas une chose facile, et Aduriz l’apprend à ses dépens. Plus efficace devant le but, Roberto Soldado prend les devants sur les statistiques et enchaîne les buts pour sa ville natale. En conséquence, Soldado prend aussi plus d’importance aux yeux du sélectionneur national. Malgré ce tandem de bonne facture, Aduriz commence à se retrouver petit à petit à l’ombre des projecteurs. Une convocation avec l’équipe du Pays basque lui est même refusée par son club en fin d’année civile. « Je comprends la décision du club, mais j’avais envie de jouer pour l’Euskadi, explique l’intéressé en conférence de presse. Je ne peux pas faire beaucoup plus. » Ou comment se retrouver dans le creux de la vague.

L’amour dure trois fois


Longtemps satisfait de son duo, Unai Emery voit finalement en Jonas le point d’ancrage parfait pour alimenter Soldado, son finisseur en pleine bourre. L’épopée en Ligue des champions vient de se boucler, et Aduriz laisse son coach libre de tous ses faits et gestes. « Le coach, c’est celui qui décide, tranche le remplaçant de luxe. Quand on traverse un mauvais moment, l’entraîneur opte pour d’autres solutions. Je dois être prêt pour aider l’équipe. » Loyal et compréhensif, le joueur décide de poursuivre l’aventure avec les Murciélagos pendant une année encore. Mais dans la tête, un club lui reste toujours en mémoire : l’Athletic de Bilbao. Son club de cœur, où il n’a pourtant jamais réussi à s’imposer sur le long terme, malgré deux tentatives et cinq années passées sous les couleurs locales.


Depuis Valence où il continue son bonhomme de chemin, Aduriz voit des compatriotes comme Mikel San José, défenseur de l’Athletic Club, couvrir d’éloges son ancien partenaire. Lors d’un rassemblement de l’équipe du Pays basque, les deux hommes se retrouvent après que Valence a cédé devant une pétition des sélectionneurs José Maria Amorrortu et Mikel Etxarri. « L’an passé, son équipe ne l’avait déjà pas laissé venir au match, rembobine San José. Ne pas avoir Aritz pour ces matchs-là, c’est vraiment dommage. C’est un grand attaquant, et c’est une joie de pouvoir compter sur lui. Nous pourrons profiter de lui sur le terrain, parce que d’habitude pendant l’année, il nous fait souffrir. » Des messages subliminaux envers le joueur, forcément intéressé à relever un challenge de ce type. Valence n’est pas contre le fait de vendre son vétéran, Bilbao pose 2,5 millions d’euros sur la table. Malgré une place qualificative en Ligue des champions acquise par Valence, Aduriz décide de revenir aux sources, histoire d'être enfin empereur en son royaume. Mieux vaut être roi que valet.

Par Antoine Donnarieix
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