Adriano, un Empereur à Rome

Attention, la bête revient en Europe ! Exilé dans sa favela de Rio depuis plus d'un an, Adriano a décidé de tenter à nouveau le pari du calcio. Il débarquera à Rome le 6 juin prochain, pour signer à la Roma. Au moins, on sait déjà que la saison 2010-11 risque d'être drôle.

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« J'ai discuté avec le garçon et tout s'est bien passé. Nous sommes venus sonder sa volonté et sa motivation pour nous rejoindre, et je dois dire qu'il nous a fait une très bonne impression. Entre le 6 et le 12 juin, il sera à Rome, rencontrera Rosella Sensi, puis on lui fera un contrat » . Si Daniele Pradè, directeur sportif de la Roma, se mouille à ce point, c'est que tout est calé : oui, la Roma vient de signer son premier transfert de l'intersaison. Vu les difficultés que le club romain éprouve à recruter ces derniers temps, c'est plutôt une bonne nouvelle. Le souci, ce serait plutôt le nom du transfert, en fait : Adriano Leite Ribeiro, dit Adriano, son surpoids, ses problèmes d'alcoolisme, ses histoires de mœurs. Si vous voulez voir un flop la saison prochaine, il est tout trouvé.

Quand même, Adriano. Un mec qui avait fui le football européen en février 2009 pour pouvoir vivre en tongs tranquille au bord de la plage. Qui s'est un peu refait la cerise au Flamengo, remportant un titre de meilleur buteur brésilien (16 buts), avant de tout lâcher dans un grand éclat de n'importe quoi. Actuellement, Adriano est un attaquant brésilien de 103 kilos qui ne marque que sur pénalty, fait du camping dans la surface de réparation adverse, engueule ses coéquipiers, se pointe à l'entraînement quand il veut (c'est-à-dire un jour sur trois) et dont l'unique préoccupation consiste à réussir les bacchanales qu'il organise dans sa somptueuse villa de Barra de Tijuca. Son dernier fait d'armes remonte à la semaine dernière : la publication dans la presse brésilienne d'une photo de lui une Kalach à la main, en compagnie d'un des plus gros trafiquants de drogue de Rio. Sur l'ensemble de ces critères, Adriano n'intéresserait sans doute même pas les recruteurs de Serie B. Sauf que voilà : Adriano, pour ceux qui s'en souviennent, fut furtivement le meilleur avant-centre du monde, et cela s'est passé en Italie -27 buts en 41 matchs à Parme entre 2002 et 2004, 26 buts en 39 matchs pour sa première saison à l'Inter Milan, en 2004-05. Cela remonte certes un peu, mais après tout, Adriano n'a que 28 ans.

Que s'est-il passé dans la tête des dirigeants de la Roma ? Franchement, on se demande. Voilà un club qui a déjà un buffle brésilien inefficace dans son effectif (Julio Baptista), et dont le jeu, basé sur le mouvement et la circulation de balle, est situé aux antipodes d'Adriano. Honnêtement, qui pour voir l'ancien “nouveau Ronaldo” courir chercher les ouvertures de De Rossi et Pizzaro ou comprendre les déviations de Totti ? Depuis que Ranieri a pris les rênes de l'équipe, c'est encore pire : la Roma joue en moins de touches que sous Spalletti, préférant se la donner en contres. Le temps que Menez prenne la balle au milieu et arrive à la surface adverse, Adriano sera déjà à bout de souffle, en train de se tenir les côtes.
Au moins devrait-on assister à de belles scènes : Adriano-Rome, le duo est prometteur. Symboliquement, il y a d'abord une certaine logique à ce que l'Imperator et la capitale de l'Empire Romain se rencontrent sur fond d'orgies. D'ailleurs, le joueur lui-même a fait la remarque dans La Repubblica : « On m'appelle l'Imperator et j'ai aujourd'hui la possibilité de jouer dans la ville des “Imperateurs”. Vous m'en voyez content » . Humainement parlant, les liens que le joueur développera avec le public le plus drôle du monde seront sans nul doute intéressants à observer. Et puis, il y a le côté disciplinaire de l'affaire. Apparemment, la Roma aurait insisté pour faire figurer dans le contrat du joueur une clause “comportementale” permettant d'annuler l'affaire à tout moment si d'aventure l'Imperator dévisserait à nouveau. Apparemment, Adriano l'aurait signée. Ne reste plus donc qu'à parier sur la date de rupture du contrat. Début septembre ?

Stéphane Monteverdi

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On peut trouver des points positifs, comme le fait que les ex-nerazzurri réussient bien ces temps à la Roma (Burdisso, et le merveilleux Pizzaro).

Ca reste la pari le plus sympa de la saison prochaine. Soit il pète tout, soit non.
En tant que sympathisant Romanista, avoir un meuble avec une grosse force de frappe, tel qu'Adriano, dans la surface serait bon tactiquement. C'était le pari Toni, ça n'avait pas trop mal débuté si une blessure lui avait pas pété la forme.
En tout cas, pressé de voir cette ligne offensive en champions.
Menez-Totti-Vucinic
-----Adriano------
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