Achille Emana : « J'ai perdu du temps »

Lost in Translation à Dubaï depuis deux ans, l'international camerounais Achille Emana poursuit son tour du monde au Mexique, où il défend les couleurs de Cruz Azul depuis le mois de septembre. L'ex du TFC et du Betis revient sur ses choix de carrière, pas toujours heureux, et sort les griffes quand il cause Lions indomptables.

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Comment se passe la découverte du championnat mexicain ?
Bien. Je suis arrivé dans l'inconnu et j'ai découvert un championnat compétitif, même s'il y a beaucoup plus d'espaces qu'en Espagne ou en France pour s'exprimer. Les matchs ne sont pas tous aussi disputés qu'en Europe car certaines équipes se contentent d'être ce qu'elles sont, le système de compétition fait qu'un match peut n'avoir aucun enjeu pour une équipe (nda : système de descente au pourcentage sur trois ans, et titre de champion accessible pour le 8e de la saison régulière, dernier qualifié pour les plays-offs).

Plusieurs camerounais ont joué au Mexique (François Oman-Biyik, Jean-Claude Pagal, Alain N'Kong), vous êtes-vous renseigné auprès d'eux avant de signer pour Cruz Azul ?
Pas du tout. J'aime découvrir de nouveaux horizons. J'avais quelques touches en Espagne, mais étant donné la situation économique de la plupart des clubs de Liga, je manquais de garanties. Cruz Azul m'a proposé un bon contrat et j'ai accepté sans me renseigner dans le détail sur le club et sur le championnat mexicain.

Aujourd'hui, le Mexique fait avant tout parler à l'international pour ses problèmes d'insécurité. Cela ne vous a pas préoccupé ?
Non. J'estime que si mon jour est arrivé, mon jour est arrivé. Faut simplement savoir avec qui et où tu traînes. Moi, je suis quelqu'un de tranquille, j'aime la vie de famille. Je connais ma chance d'être joueur de foot, et je suis simplement heureux d'être ici.

Dans quel état avez-vous terminé vos deux années aux Émirats ?
Franchement, je me sentais inactif. Le niveau de la compétition est faible. Parfois, on reste sans jouer deux semaines quand il y a une trêve internationale. Et encore, mon dernier entraîneur était Quique Sanchez Flores, l'ex de l'Atlético, qui a amené davantage de professionnalisme. Dans cet environnement, il est difficile de ne pas baisser les bras.

Comment se passait votre vie quotidienne à Dubaï ?
Je ne vais pas mentir, il faut aller à Dubaï pour les vacances, pas pour travailler. La journée tu la passes à dormir, car tu t'entraînes tard le soir, à cause de la chaleur, mais aussi car l'entraînement ne peut chevaucher l'une des cinq prières du jour. On terminait souvent la séance à 23h. Tu te retrouves alors à manger à 2h du mat', et le temps de regarder un film, de décompresser, tu peines à dormir avant 6h. Ensuite, quand tu te lèves, il n'y a pas grand-chose d'autre à faire que d'aller au shopping. Enfin, je mesure tout de même ma chance d'avoir vécu à Dubaï. Je n'étais pas isolé non plus. Dans l'équipe, il y avait un Espagnol, un Brésilien et un Chilien. Entre nous, on parlait espagnol. Pour mes relations avec les locaux, j'ai dû perfectionner mon anglais.

« Je ne suis pas un faux-cul »

Que s'est-il passé samedi (Cruz Azul a été défait 3-0 par Toluca en quart de finale aller du championnat mexicain) et pourquoi êtes-vous sorti dès la mi-temps ?
Ça a été un jour sans. J'ai du mal à l'expliquer, mais Toluca était simplement plus motivé que nous. Quant à ma sortie, l'entraîneur ne m'a pas expliqué pourquoi il a pris cette décision. On devait pourtant marquer des buts, et je crois que j'aurais été utile à notre secteur offensif. L'entraîneur m'avait déjà fait le même coup lors d'un match face à Pachuca. Franchement, personne ne m'a fait ça lors de ma carrière. Je n'ai pas encore digéré cette décision. Je suis toujours en colère.

Le Cameroun vient de se qualifier pour la Coupe du monde. Espérez-vous disputer l'épreuve malgré le conflit qui vous oppose à votre Fédération depuis 2010 (nda : dans une interview à … So Foot.com en décembre 2010, Emana avait qualifié les dirigeants de la Fédération de « menteurs et voleurs » , il avait écopé d'une amende) ?
Si on a besoin de moi, ce sera un honneur de servir mon pays. On ne peut qu'avoir envie de disputer une Coupe du monde, mais je ne vais pas fermer ma bouche pour autant. Je ne suis pas un faux-cul, passez-moi l'expression. Quand je me suis exprimé sur la situation au sein de la sélection, on m'a traité de menteur. Aujourd'hui, Samuel Eto'o dit à peu près la même chose et personne ne bronche.

Quelles sont vos relations avec Samuel Eto'o ?
Il n'y a pas de souci. Il est dans son monde, je suis dans le mien. On peut ne pas être amis mais s'entendre sur le terrain, donner du sien, cela n'a rien d'incompatible. Chaque fois que j'ai voulu discuter avec Samuel, je l'ai fait. J'ai été capitaine de la sélection, et pour moi, c'est au capitaine de prendre les choses en main quand des choses inacceptables se passent. Au Cameroun, le football a une immense importance sociale mais aussi économique. Tout le monde veut le pouvoir, et ces conflits entre dirigeants ont commencé à se répandre sur le terrain. La situation n'est vraiment pas évidente.

Vis-à-vis des dirigeants camerounais, quelle était la marge de manœuvre de sélectionneurs européens comme Paul Le Guen et Javier Clemente ?
Ce sont des entraîneurs reconnus, avec de la personnalité, mais une fois arrivés au Cameroun, ils se font influencer par les dirigeants camerounais. J'ai du mal à le comprendre. Lors de la Coupe du monde 2010, Paul Le Guen a ainsi renouvelé une grande partie de l'équipe, comme s'il ne comptait plus sur les joueurs qui avaient contribué à la qualification. J'étais capitaine, et tout d'un coup, je me suis retrouvé sur le banc. Comment comprendre cela ? Enfin, c'est du passé. Si on se croise, je les saluerai sans problème. Qui sait, peut-être que je terminerai ma carrière sous les ordres de Le Guen ou Clemente ?

Au fait, pourquoi être parti du Betis pour les Émirats, alors que vous étiez l'individualité la plus en vue de l'équipe ?
J'ai été déçu par les dirigeants du Betis. Quand j'ai reçu des offres de Turquie, ils m'ont dit qu'ils comptaient sur moi pour aider le Betis à remonter en première division. Je suis resté, mais à la fin de la saison, je me suis rendu compte qu'ils ne comptaient plus sur moi. J'étais le plus gros salaire du club, ils voulaient me vendre à un bon prix, et recruter plusieurs joueurs avec l'argent de mon transfert. Mon statut se réduisait à celui de simple monnaie d'échange. Il existait de l'intérêt de la part d'autres clubs espagnols, mais à l'époque, étant donné mon salaire, seuls le Barça, le Real ou l'Atlético auraient pu m'embaucher. J'ai finalement opté pour les Émirats.

Aujourd'hui, regrettez-vous votre choix ?
Bon, je suis content d'avoir découvert la culture du pays, mais footballistiquement, j'ai clairement perdu du temps. Ici, au Mexique, je me sens un peu revivre. C'est un très bon championnat, tu joues devant 40 000 personnes, c'est un cadre motivant pour jouer au football. Petit à petit, je retrouve mon meilleur niveau. À Dubaï, tu joues devant 1000 personnes, parfois 50, et en plus, ils ne connaissent rien au foot.

Suivez-vous toujours l'actualité du TFC ?
Mon contact avec le club se restreint au président Sadran. Aujourd'hui, tous les joueurs avec lesquels j'ai joué sont partis, mais je continue à suivre les matchs du TFC. À Dubaï, je les regardais, ici aussi, quand l'horaire de diffusion me le permet. Je regarde aussi les matchs du Betis.

Pour terminer, quel souvenir gardez-vous de ce but inscrit d'un coup du foulard face au PSG mais finalement refusé ?
Ce but méritait d'être dans les classements des meilleurs buts de la saison. Je ne sais même pas pourquoi il a été refusé. On m'a dit que j'étais hors-jeu puis on m'a donné d'autres raisons. Ça n'a jamais été éclairci. Personnellement, je n'ai jamais vu un but inscrit dans l'axe d'un coup du foulard.

Propos recueillis par Thomas Goubin, au Mexique
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"Et en plus ils ne connaissent rien au foor"....comme c est etonnant
Bon sang quel gâchis Achille !
Pretextat tach Niveau : District
Achille Emana, capitaine des Lions? Dans le vestiaire ou dans quel sens?

Et moi qui croyait que " Capitaine Courage" aka Rigobert Song était le capitaine avant SEF?

Anyway quel gachis quand même car techniquement, vraiment pas mal comme joueur. Il aurait pu ne pas détonner en Angleterre. Un Sessegnon mais en plus technique et " fort".
claude ma queue Leuleu Niveau : Loisir
Un super joueur qui aurait pu avoir une meilleur carriere .
En tout cas c est original le mexique comme destination
J aime bien les types qui ont des parcours originaux comme hulk et leonardo qui ont jouer au japon ou gatuso en ecosse et seedorf au bresil.
Les joueurs de foot ont la chance de pouvoir voyager dans leur job. Franchement a la place de gravelaine j aurai fait le tour du monde plutot que le tour de france des clubs .
Milan_forza18 Niveau : CFA
Jouer au eau c'est la déchéance du footballeur c'est Guantanamo en faite.....
InspectorNorse Niveau : Ligue 2
Cool la ptite interview d'Emana...Il a l'air en paix avec lui-même, mais c'est vrai qu'il aurait pu faire une toute autre carrière, et quand je dis toute autre, je parle de LDC et cie...
Je sais pas combien il vaut sur le marché, mais certains recruteurs bien de chez nous pourraient lui faire un petit signe quand même...
Les plus grosses cuisses de l'histoire du Tef'. Un putain de milieu qui n'a fait QUE des mauvais choix de carrière (Betis > Lyon de la grande époque par exemple) dommage car il était très aimé sur Toulouse.
Pour l'avoir cotoyé lorsqu'il jouait au TFC, ce mec était vraiment écoeurant. Complètement melonné ! Je me rappelle, il disait texto "n'en avoir rien à foutre* du club" et, petits messages au supporters "qu'ils aillent se faire enculer*, si c'est pour nous siffler, qu'ils restent chez eux".

Du coup, ses choix de carrière ne m'ont pas surpris. Aucune reconnaissance envers le TFC qu'il voulait quitter à tout prix et qu'il a quitté par la petite porte pour aller dans ce grand club qu'est le Betis. Je me souviens, cet hypocrite qui se teint les cheveux en vert et blanc pour montrer à quel point il "aime" les supporters et se barre aux EAU quelques jours plus tard.

Au tef, il se prenait déjà un peu pour Mr T : il débarquait en Hummer, sapé en treillis avec la chaîne en or autour du cou...
letitbe53 Niveau : DHR
C'est vrai que c'est sympa, pour un joueur, de jouer dans plusieurs pays différents. On découvre de nouveaux publics, de nouvelles langues, de nouvelles façons de jouer, etc. C'est plus intéressant que de faire toute sa carrière en L1... Moi aussi, si j'avais été un joueur pro, assez bon pour jouer en L1 pendant des années, mais pas assez bon pour caresser le top-niveau européen, j'aurais probablement choisi de voyager, de voir du pays, plutôt que de rester à végéter dans une L1 où l'ambiance est moyenne et où les entraîneurs n'ont d'autre objectif que d'être "bien en place" et d'arracher un bon vieux 0-0 à l'extérieur.

Ceci dit, on a quand même l'impression que certains choix de carrière d'Emana ont été dictés d'abord par des motivations financières. Il nous explique par exemple qu'il avait un gros salaire à Séville, on devine donc qu'il ne voulait pas baisser son salaire, et qu'il est parti aux Emirats, dans un des rares clubs qui pouvait lui proposer le même salaire. On devine aussi qu'il est parti au Mexique sans trop savoir où il allait, parce qu'il y avait une proposition financière intéressante. Je doute qu'aujourd'hui, des clubs français puissent s'aligner sur ses prétentions salariales.
nathaninho Niveau : CFA2
S'il a l'air peace et à l'aise il ne faut pas s'y tromper.
Il est un des premiers à avoir foutu la merde en selection dans les années 2000 (Pas qu'il n'y ait pas eu de merde avant, mais sur cette génération c'est lui). Il a un melon énorme et n'a fait ses choix que pour l'argent. Il dit bien qu'en espagne seuls réal Barça auraient pu le prendre, ce qui montre bien pourquoi il a préféré Bétis à l'OL.
Pour avoir pas mal trainé au Cameroun, les gens là bas disent de lui que c'était le seul qui pouvait transpercer une défense seul et qu'il avait un niveau monstre, mais que c'est son mental et sa recherche de l'argent qui l'ont perdu
Emana ne peut s'en prendre qu'à lui même, il a toujours été guidé par les thunes, je me souviens de lui allant chercher son petit frère dans un collège de la banlieue de Toulouse tout en Hummer et bling bling. Quel monstre sur le terrain par contre, un des meilleurs joueurs que le Tef ait connu. En parlant de buts magnifiques, il en marque un assez splendide de la ligne médiane contre Rennes il me semble.
Note : 1
Ca a l'air très frais le système de calcul des relégations au Mexique.
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