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Abou du chemin

Blessé pour la 44e fois de sa carrière, Abou Diaby sera opéré de la cheville à Londres et éloigné des terrains pour quatre mois. Une nouvelle fois à terre, celui que tout le monde aurait voulu aimer voit saison après saison son éternelle frustration devenir une éternelle peine. À trente ans, le génie du milieu que la France attend toujours devrait arrêter les frais. Parce qu’Abou Diaby vaut beaucoup mieux que la pitié des observateurs.

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Imaginez un peu. Alessandro Del Piero, sa bonne gueule, sa langue tirée, sa classe naturelle et ses lucarnes du droit que la France du foot attendait toutes les fins de week-end à l’heure de L’Équipe du dimanche. Lors de son passage à la Juventus, de 1993 à 2012, il Pinturicchio a planté quarante-quatre fois en Ligue des champions, compétition qu’il a gagnée en 1995-1996 et dont il a été finaliste à trois reprises (96-97, 97-98 et 2002-2003). Maintenant, visualisez Abou Diaby. Un homme qui, touché à la cheville en début de semaine, sera opéré à Londres et une nouvelle fois indisponible pour une durée de quatre mois. Eh bien ce processus « blessure - soins » , le Français l’a connu autant de fois en dix ans de carrière que l’Italien a connu de buts en C1. Quarante-quatre putains de blessures qui ont transformé la carrière du milieu de terrain le plus talentueux de sa génération en véritable chemin de croix. Un parcours semé d’embûches, bien moins clinquant et légendaire que celui de Del Piero, mais pas moins respectable. Car si les blessures récurrentes de l’ancien de l’INF Clairefontaine sont devenues un sujet de moquerie, on ne trouve pas à chaque coin de rue un homme suffisamment solide mentalement pour endurer ce qu’Abou Diaby a enduré. Oui, avec ses soucis à lui, le Marseillais est peut-être allé beaucoup plus loin que n’importe quoi. Mais pour son bien et pour celui du football qu’il aime tant, l’ex-numéro 2 d’Arsenal devrait songer à arrêter les frais. Parce que ça ne sera plus jamais comme avant. Parce que ça ne sera plus jamais tout court. Pas maître de son corps, Abou est encore maître de sa tête. Mais elle aussi a bien trop souffert pour continuer.

« Psychologiquement, c’est difficile »


C’est de notoriété publique : Abou Diaby, c’est un CV hospitalier en or massif. 1550 jours d’absence à Arsenal, huit matchs sur les quatre dernières saisons pendant que ses clubs en ont joué 176 (statistiques Opta) et donc, plus de quarante blessures en carrière. Philosophe, l’intéressé est revenu sur sa réputation dans les colonnes du Daily Mail : « Ils m’appellent "L’homme de verre", ce qui veut dire que je suis fragile comme le verre. Psychologiquement, c’est extrêmement difficile, car ils ne savent pas combien je m’investis chaque jour de ma vie pour essayer et pour récupérer. Mais qu’est-ce que je peux y faire ? C’est l’histoire de ma vie. » Ce destin tragique, il ne l’a pas toujours aussi bien accepté au quotidien. « Aller à l’entraînement tous les jours, ça me tuait. Quand tu passes ton temps avec le préparateur physique et que tu vois tes partenaires profiter de tout, c’est très dur » , ressasse-t-il amèrement. Si aujourd’hui, à trente ans et après des mois d’une expérience marseillaise sans histoire, la retraite semble être la route vers l’apaisement, l’idée de raccrocher les crampons ne serait pas une idée nouvelle pour l’international français : « À vingt-sept ans, quand je me suis fait les ligaments croisés, j’ai pensé à la retraite. Je ne vais pas mentir, ça m’est passé par la tête à plusieurs reprises. Cette blessure est arrivée de nulle part, c’est juste arrivé à l’entraînement. » Une blessure sortie de nulle part, sans doute une comparaison avec celle du 1er mai 2006, causée par Dan Smith, joueur sans histoire de Sunderland. Le black cat de la carrière de Diaby : « C’est de là que tout vient. Avant ça, je n’ai jamais eu une seule blessure musculaire, et mon hygiène de vie était très bonne. » Une thèse confirmée par Ricardo Faty, avec lui à l’INF Clairefontaine, qui se souvient d’un gaillard qui pétait la forme. « J’ai dû compenser avec les autres parties de mon corps. Mais je n’ai pas de rancœur. La seule chose que j’aurais voulue, c’est que ça arrive plus tard, à vingt-huit ans. J’aurais eu le temps de progresser et de devenir le joueur que j’aurais dû être. »

L’impossibilité du deuil


Car si la France aime en demander beaucoup à Paul Pogba, ceux qui ont eu la chance de voir Abou Diaby 100% valide sur un terrain de foot savent ce qu’Arsène Wenger a voulu dire le jour où il a déclaré que le natif d’Aubervilliers était « le plus gros regret de sa carrière d’entraîneur » . Le son de cloche est d’ailleurs le même chez Johan Radet, vingt-quatre ans d’AJ Auxerre dans les pattes, qui a connu le milieu de terrain il y a plus de dix ans : « Le plus impressionnant des joueurs que j’ai pu voir à l’AJA, c’est Abou Diaby. Mexès et Cissé étaient énormes aussi, mais vraiment, ce que faisait Abou à son âge, c’était époustouflant. » Mais ce n’est plus. Finalement, le fait qu’Abou Diaby s’accroche perpétuellement au football provoque un mélange d’admiration et de tristesse, tant son amour du foot le pousse à l’obstination. Au fond, personne, pas même le principal intéressé, ne peut faire le deuil de l'Abou Diaby que tout le monde est persuadé qu’il aurait dû être tant que celui-ci ne raccroche pas les crampons. Personne, sauf Dan Smith, un brin plus pragmatique : « C'était juste un tacle en retard, vous en voyez tous les week-ends. Il y a une chance sur un million qu'il y ait un blessé grave. Il a eu le ballon alors que j'étais déjà lancé. J'ai de la compassion pour lui, cela n'a pas été facile, il a connu beaucoup de blessures depuis. Mais si vous prenez l'ensemble de sa carrière, vous ne pouvez pas dire qu'il a raté sa vie à cause de cette blessure. La dernière fois que j'ai vérifié, il gagnait toujours 60 000 livres par semaine, alors que je bosse à plein temps en Australie. Si cela a été un obstacle dans sa carrière, évidemment que je lui présente mes excuses, mais il ne faut pas oublier qu'il y a des gens moins chanceux que lui. » Ça reste à prouver.




Par Swann Borsellino
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