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A toute Witsel

Ce mardi, le Benfica tentera de refaire son retard face au Zénith St-Petersbourg pour atteindre les ¼ de Champions League. L’occasion pour Axel Witsel de justifier les attentes placées en lui par les supporters du Benfica. Adoré par tout le peuple belge, vilipendé, puis idolâtré à nouveau, à 23 ans, Witsel a déjà du vécu, de la bouteille et de l’ambition à revendre.

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Vendredi dernier, Benfica s’est ramassé à domicile, suprême humiliation. Un solide coup de latte sur la tronche, infligé par Porto, le rival du nord. Sur le pré, Axel Witsel et sa volumineuse coupe de cheveux afro, n’ont pas réalisé un grand match. Voilà qui contraste avec la saison convaincante qu’il réalise. Ce mardi, le Zénith lui offre une jolie occasion de se rattraper. Pour franchir un palier, pour éclabousser l’Europe de sa classe, par son sens du but, son volume de jeu, son élégance balle au pied. De ce touché de balle « Zidanesque » , cette même dégaine de faux-lent lymphatique et classieux, qui a tant fait fantasmer les spectateurs belges, ces dernières années.

« Récemment, j'ai dit à Mourinho que Witsel ressemblait à Zidane. Vous pouvez rire, mais à 23 ans, Zidane jouait toujours à Bordeaux, et personne n'aurait osé lui prédire la carrière qu'il a faite. En 1996, j'avais dit à Agnelli que Zidane deviendrait l'un des plus grands joueurs de l'histoire. Et bien, aujourd'hui je vous dis que Witsel suit le même chemin, et qu'il peut atteindre le top absolu  » balançait en janvier Luciano D’Onofrio, l’ancien dirigeant du Standard de Liège qui l’a vu éclore. Audacieux…

Un style chaloupé

Dès son arrivée au Portugal, Axel met tout le monde d’accord. Lors du match retour de Ligue des Champions face à Twente, il inscrit 2 des 3 buts de la qualification pour ses couleurs : une volée à la retourne et un autre plein de classe, lancé dans la profondeur. Rapidement, Witsel s’affirme, le coach Jorge Jesus adaptera même son système de jeu pour y intégrer le Belge, sans retirer Pablo Aimar, énième successeur fantoche d’El Pibe de Oro. « Witsel a une meilleure capacité physique qu'Aimar, ce qui lui permet d'occuper plusieurs positions. C'est difficile pour l'adversaire de le contrer » résume Jorge Jesus, son entraineur à Benfica. «  Witsel a montré qu'il était un "crack" au niveau européen. Son volume de jeu, rapide et large, lui a permis d'être partout. Tant à la récupération, que pour lancer les attaques et même être présent en zone décisive  » soulignait un journaliste portugais dans le journal O Jogo.

La suite de sa saison sera moins étincelante. Axel officie en tant que deuxième milieu récupérateur, aux côtés de l’Espagnol Javi Garcia, derrière Aimar qui bénéficie d’un rôle plus libre. Une insulte à son talent ? Il faut dire que le Liégeois est capable d’officier avec un égal bonheur en tant que meneur de jeu, récupérateur, à droite, à gauche, en tant que deuxième attaquant, et même récemment de dépanner à l’arrière droit avec Benfica. Le belge d’origine martiniquaise possède un volume de jeu énorme, qui contribue à faire de lui un joueur « spécial » . Lancé par Michel Preud’homme au Standard de Liège, son club formateur, Witsel séduit d’emblée les puristes par son style chaloupé. Lorsqu’il reçoit un ballon, il l’emmène, semblant toujours sur le point de perdre le cuir mais non… Il le conserve, le transmet, lymphatique mais efficace, détendu. En 5 saisons au Standard de Liège, il gagne tout ce qu’un joueur peut remporter en Belgique. 2 titres de champion au nez et à la barbe d’Anderlecht, une coupe de Belgique, un soulier d’Or, une participation à la Ligue des Champions, des quarts de finale d’Europa League. Il devient également indispensable à l’équipe nationale belge, au même titre qu’un Vincent Kompany ou un Marouane Fellaini. Davantage encore qu’Eden Hazard ou Thomas Vermaelen.

Plus détesté qu’un tueur de bébés


II expérimentera aussi l’opprobre lors de cette funeste soirée de classico Anderlecht-Standard, le 30 août 2009. Ce soir-là, il charcute la jambe du Polonais Marcin Wasylewski, autre boucher célèbre du championnat belge. L’affaire fera grand bruit, exacerbant les rivalités entre rouches et mauves. Dans un sondage réalisé par HLN sur les personnalités les plus détestées de Belgique, Axel Witsel précède notamment le sinistre Kim De Gelder, auteur d’une fusillade dans une crèche en Flandre…

Vidéo

Démoli de toutes parts, Witsel trainera son spleen sur les terrains durant quelques mois. Solidité mentalement, il retrouve son niveau la saison dernière. Cet été, il quitte le club pour seulement 6,5 millions d’euros. Une paille. Direction Portugal et le Benfica où il signe un contrat de 5 ans, blindé par une clause de départ fixée à 40 millions d’euro. Avant d’imiter les Di Maria, David Luiz ou Coentrao ? « Witsel est impressionnant. Parmi tous les joueurs que j'ai connu au Standard, c'est Witsel qui avait le plus de potentiel. Il a la technique et le jeu de Defour et il a la puissance d'un Fellaini » déclarait Preud’homme il y a un an. Ce mardi face au Zenith, une nouvelle défaite du Benfica de Witsel pourrait transformer l’Estadio de La Luz en Estadio de la… loose.


Par Adrien de Marneffe
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