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À quoi sert donc l'UNECATEF ?

Depuis 44 ans, l'Union nationale des entraîneurs et cadres techniques professionnels du football assure une mission difficile : défendre les droits des techniciens, individuellement et collectivement. Une activité aux prises avec la conjoncture et la diversité des organisations du football international.

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Quel est le point commun entre Alioune Touré, Rudi Garcia, Marcel Campagnac, Silvère Buzon et Roberto Mancini ? Réponse : tous sont adhérents de l'UNECATEF, le syndicat des entraîneurs professionnels. L'organisation regroupe aujourd'hui plus de 800 membres, soit dix fois plus qu'en 2001, l'année où elle décide de s'ouvrir à tous les techniciens dont l'activité principale est le football, de la Ligue des champions à la Division Honneur. Pour la modique somme de 350 euros maximum – la cotisation demandée à l'entraîneur principal d'une équipe de Ligue 1, les tarifs étant ensuite dégressifs –, celui qui le souhaite pourra bénéficier de la protection de l'organisation syndicale. Mais, concrètement, à quoi correspond le travail de l'union qui se place comme « la force des entraîneurs » ? Pierre Repellini, son directeur général, et Maître Didier Lacombe, son conseil juridique, détaillent le quotidien l'UNECATEF. Un combat perpétuel.

Entraîneurs virés et recherche de boulot


Selon ses statuts, l'UNECATEF est « un syndicat professionnel, régi par le titre Ier du livre 4e du Code du Travail » . Or, une partie de l'activité de protection des travailleurs est de permettre à ceux qui n'en ont pas, de travail, d'en retrouver. Pour cela, le syndicat organise depuis 2004 le programme DMVE, pour Dix mois vers l'emploi. Le taux de chômage des entraîneurs est alors supérieur à 13 % et le constat est fait que ni l'ANPE, à l'époque, ni l'APEC ne sont en mesure de s'aligner sur les spécificités de la profession. La réponse est donc de créer un programme de huit sessions de trois à cinq jours à destination d'une vingtaine de volontaires, parmi lesquels Frédéric Hantz, Michel Der Zak', Yann Lachuer ou encore Reynald Pedros. Media trainings, simulations d'embauche, basiques de Power Point au menu, et surtout l'apprentissage « d'un nouveau métier : celui de chercheur d'emploi » selon Philippe Hinschberger, de la promotion 2015. Pour pouvoir le quitter aussi vite.


Mais avant d'arriver au chômage, une bonne partie des coachs a connu un licenciement. Dans ces situations, l'UNECATEF envoie souvent Maitre Didier Lacombe pour fournir une défense à coût réduit.
« On est dans des saisons accidentogènes. La dernière saison, on n'a jamais eu autant de ruptures anticipées. »Maitre Didier Lacombe
« Environ 20% des adhérents ont besoin d'accompagnement  » , chiffre l'avocat lyonnais, bien connu des Stéphanois (ancien directeur juridique de l'ASSE, il a été cité dans l'affaire des faux passeports et condamné en première instance dans une affaire de piratage de mails à l'encontre de son ex-club). « Ce n'est pas toujours dans une situation de conflit, ça peut être pour une question de droit fiscal ou de droit à l'image. » Reste que les litiges augmentent : « On est dans des saisons accidentogènes. La dernière saison, on n'a jamais eu autant de ruptures anticipées (13 changements, le précédent record étant à 10 en 2004-2005, ndlr). De Bielsa à l'OM à Guégan à Reims, il y en a eu à tous les moments de la saison, ce qui est une vraie nouveauté. » Et cela malgré l'action du syndicat en amont, dès la création des lois et règlements.

Roberto Mancini l'international


Car le rôle premier de l'UNECATEF, tant historiquement qu'au cours des processus juridiques, est bien celui-ci : s'unir pour peser. Être présent au moment où sont faits les choix. Pour Pierre Repellini, cela passe par une représentation « dans toutes les commissions pour se faire entendre. On ne peut pas choisir la politique de la chaise vide » . Concrètement, l'UNECATEF annonce une représentation dans sept commissions à la LFP, et dans cinq à la FFF – en plus d'un bureau et d'une assistante mis à disposition par la Fédé au 87 boulevard de Grenelle, dans le quinzième arrondissement parisien. Si le statut des coachs a gagné en sécurité, c'est aussi grâce à l'organisation syndicale. Dernièrement, elle a défendu le nouveau statut des entraîneurs professionnels issu de la loi Braillard du 27 novembre 2015. Alors, pourquoi y a-t-il toujours plus d'entraîneurs sans taf, et pas seulement au plus haut niveau ?


« On demande moins de diplômés, mais la formation est la deuxième mamelle de la Fédération, la première étant l'équipe de France. »Pierre Repellini
« Il y a de plus en plus de diplômés, mais pas de clubs ! » Pierre Repellini est remonté contre la 3F : « On demande moins de diplômés, mais la formation est la deuxième mamelle de la Fédération, la première étant l'équipe de France » se désole le directeur. « Il faut savoir que, par exemple, une formation au BEPF (Brevet d'entraîneur professionnel de football) coûte 29 000 euros. Mais bon, de toute façon, d'autres vont passer par l'étranger, alors... »


Repellini pointe ici un problème d'époque pour le syndicat, face à l'internationalisation des règles : « Il n'y a aucune commission des entraîneurs à l'UEFA. Ils vont valider des équivalences sans regarder. Vous les connaissez : si vous n'avez rien à leur demander, vous pouvez aller les voir. Sinon, c'est tout pour le bénéf' » Et l'UNECATEF a beau proposer des modules de formation aux langues, l'entraîneur français a toujours du mal à s'exporter. « On en a pas mal dans les pays arabes, en Chine, aux États-Unis ou au Canada  » , peut nuancer Repellini, il reste que l'UNECATEF a du mal à accompagner la modernisation du métier. La preuve : Roberto Mancini est toujours rangé dans la catégorie « entraîneurs libres » sur le site internet du syndicat.

Par Eric Carpentier
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