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À quoi peut bien prétendre Inzaghi ?

Quatrième match pour Pippo aka l'homme aux célébrations folles, ce soir, sur le banc du Milan. Après le licenciement de Max Allegri et l'intérim de Clarence Seedorf, Inzaghi a pour mission de redresser un navire milanais en pleine dérive. Mais au fait, est-il l'homme de la situation ?

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En 21 ans de carrière, Filippo Inzaghi a tout gagné. Championnats, coupes, Supercoupes, Coupe du monde, Ligues des champions, coupes qui n'existent plus. Bref, absolument tout. En 21 ans de carrière, Filippo Inzaghi a également marqué des buts, beaucoup de buts. 288, très exactement. Mais en 21 ans, tout ne peut pas toujours être rose. Alors des galères, Inzaghi en a aussi connu. Pas mal même, à commencer par cette folle finale de C1 perdue aux tirs au but face à Liverpool le 25 mai 2005, ou ces années noires, entre 2003 et 2006, passées à enchaîner les blessures. Sans parler de cette rechute aux ligaments croisés, en novembre 2010, qui l'éloigna des terrains pour six mois. Mais à chaque fois qu'on le pensait fini, touché, battu, le renard est revenu, aux forceps, grâce à un mental d'acier et une rage de vaincre qui ont fini par devenir sa marque de fabrique. En prenant les rênes d'un Milan AC blessé et sans éclat le 9 juin dernier, l'homme dont Sir Alex disait qu'il était né hors-jeu s'est de nouveau mis au pied du mur. Après le départ des cadres (Thiago Silva, Nesta, Seedorf, Gattuso, Ibrahimović, Zambrotta) et la chute progressive qui a suivi, après l'échec d'Allegri, l'intérim de Seedorf, le défi d'Inzaghi est clair : redonner au Milan ses lettres de noblesse et faire de nouveau rêver les tifosi. Pas simple, même quand on est surnommé Superpippo.

La valse des pantins


Clarence Seedorf a tenté le coup, mais comme son prédécesseur, il s'est cassé les dents. Depuis, disons, 2011 et son dernier titre de champion de Serie A, le Milan AC est entré dans une spirale infernale de la lose où s'enlisent joueurs, dirigeants, supporters, et que personne ne semble en mesure d'éradiquer. Pointé du doigt depuis deux saisons par les tifosi du club, Max Allegri, aujourd'hui chez le rival turinois, reste pour beaucoup le premier responsable de cette descente aux enfers. Mauvaise gestion des effectifs, relations maussades avec Barbara Berlusconi, résultats constamment en baisse, le natif de Livourne a finalement été remercié en janvier dernier après avoir sauvé sa peau à moult reprises. Une fois Seedorf engagé, Milanello s'est remis à y croire. Un gars de la maison, un patron, une légende, ça ne pouvait aller que mieux. Perdu. Malgré un bilan comptable plutôt encourageant (11 victoires, 2 nuls, 6 défaites) comparé à celui d'Allegri sur la même année (5 victoires, 7 nuls, 7 défaites), Il Professore a pris la porte, comme les autres, sans aucun traitement de faveur.

C'est alors que débarque le renard, l'œil vif et le poil brillant. D'une légende à une autre, il n'y a parfois qu'un pas qu'Adriano Galliani et la famille Berlusconi ont décidé de franchir au début de l'été. Déjà dans les petits papiers des dirigeants avant même que le nom de Clarence Seedorf ne soit prononcé, Pippo Inzaghi s'est vu propulser aux commandes de l'équipe première après deux saisons passées à se faire les dents chez les jeunes. À l'image de sa carrière de joueur, le parcours d'entraîneur de Philippe n'a pas mis bien longtemps à décoller. Sitôt son dernier match avec le Milan disputé, le 13 mai 2012, Inzaghi reçoit une offre de Galliani lui proposant de prendre les rênes des U16, autrement appelés Allievi Nazionali. Pippo réfléchit, puis accepte. Un an plus tard, les bons résultats aidant, c'est cette fois les clefs de la Primavera (équipe réserve) qui lui sont confiées. La suite de l'histoire tient en quelques mots : Calcio, San Siro, Scudetto...

Et maintenant ?


Trois matchs, six points sur neuf, voilà pour l'actuel bilan d'Inzaghi à la tête du Milan. S'il est évidemment trop tôt pour tirer de quelconques enseignements de ce (bon) début de saison, l'homme aux 127 buts sous la tunique rossonera a déjà redonné quelques frissons aux supporters. Samedi soir, pour le choc face à la Juve, San Siro affichait complet comme rarement il l'a été depuis deux ans. L'effet Parme et Jérémy Ménez sans doute, l'effet Pippo Inzaghi, à n'en point douter. Si ce début de saison est satisfaisant, tant dans le jeu qu'au niveau comptable, le recrutement estival du Milan y est certainement pour quelque chose. D'abord, le club a largué quelques boulets en route qui tiraient l'équipe vers le bas et lui donnaient un parfum un peu rance. Constant, Robinho, Kaká, Emanuelson, Balotelli partis, les dirigeants se sont mis à penser avenir en faisant signer un mélange de jeunes joueurs (Bonaventura, Van Ginkel) et de talents confirmés (Diego López, Alex, Ménez, Fernando Torres). Résultat, le 1er septembre au soir, le Milan nouvelle formule affiche quasiment le meilleur recrutement du Calcio derrière l'Inter et la Roma.


Sans aucune compétition européenne à disputer, sans égos monstrueux à gérer, Milan se présente, au soir de cette quatrième journée, comme un client potentiel au podium de Serie A. Si la Juve et la Roma semblent une nouvelle fois intouchables, l'effectif rossonero devrait pouvoir rivaliser avec un Napoli sur le déclin, une Fiorentina qui devrait laisser des forces en Ligue Europa et un Inter Milan également en reconstruction. Symbole de ce renouveau : Inzaghi, 41 ans, incarne à la perfection l'esprit combatif et revanchard qui manquait au club lombard. Si tout n'est pas encore parfait, notamment sur le plan défensif où Milan a encaissé six buts en trois rencontres, de nombreux motifs de satisfaction sont à dégager de cette entame de championnat. Même s'il n'a pas encore l'étoffe d'un héros, Milan n'attend qu'une chose : que Filippo Inzaghi redevienne Superpippo. Sur le banc, ce coup-ci.

Par Morgan Henry
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