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À quoi bon critiquer son club dans la presse ?

Paul-Georges Ntep s'est fait prendre les doigts dans le pot de confiture, se plaignant d'être aligné dans l'axe plutôt que sur un côté par son entraîneur Christian Gourcuff. Lequel l'a gentiment recadré. Y avait-il autre chose à gagner ? Et de manière générale, critiquer son club peut-il être favorable pour un joueur ?

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Paul-Georges Ntep s'est plaint de son positionnement peu à même de le relancer après une saison minée par les blessures. La réaction de son coach Christian Gourcuff ne s'est pas fait attendre, avec un recadrage ferme mais bienveillant, le technicien préférant évoquer un manque de maturité « dans la communication » . Mais dans d'autres cas, les critiques peuvent être plus violentes, et la réaction de l'employeur proportionnelle. « Je m'occupais de Mateja Kežman quand il jouait au PSG, et lui avait plus que dérapé en jetant son maillot par terre (le 4 février 2009 ndlr) » , se souvient l'agent Franck Belhassen. Résultat, le Serbe et l'équipe parisienne avaient « atteint un point de non-retour » . Pour les conseillers des footballeurs, les états d'âme de leurs clients sont de vraies bombes à retardement, et toute sortie médiatique est a priori perçue comme une erreur. « C'est totalement idiot, car cela ne peut rien apporter, il n'y a rien à obtenir à critiquer. Si ce n'est perdre ta prime d'éthique » , précise celui qui s'occupe aujourd'hui d'Alphonse Areola, entre autres. Philippe Fiorentino, dont la structure gère plusieurs éléments de Ligue 1 et Ligue 2, pense qu'il « peut y avoir une stratégie dans l'esprit du joueur et de son agent, mais c'est une mauvaise stratégie » . Car porter les conflits ou le mal-être sur la place publique, c'est forcer le club à une posture rigide. « Les dirigeants ne peuvent plus alors se montrer trop conciliants. C'est pour cela qu'il faut tenter de résoudre tous les problèmes en interne. » Laver le linge sale en famille, pour éviter que le joueur ne perde en temps de jeu, et que le club voit l'un de ses « actifs » perdre en valeur marchande.

Hakuna Mateta

Cette dernière fait aujourd'hui partie des meilleurs boucliers des joueurs. « Si vous êtes employés dans n'importe quelle entreprise, vous pouvez perdre votre emploi pour une connerie de ce type, assure Belhassen. Mais les footballeurs bénéficient d'une charte qui verrouille leur contrat, les clubs ne peuvent pas casser un engagement si facilement, même si le joueur part au clash. » Pour Fiorentino, quand bien même les clubs auraient plus de latitude pour sanctionner les auteurs d'insubordination, ils ne s'y risqueraient pas. « Parce que licencier un joueur, cela peut signifier perdre de l'argent. Regardez Serge Aurier, son écart sur Periscope aurait pu lui coûter son contrat, mais vu qu'il a une valeur marchande énorme, le PSG a dû lui pardonner. » Ce qui n'aurait pas été le cas pour un joueur plus confidentiel ou un gamin du centre de formation. « Quoique si le gamin a un gros potentiel, ils peuvent être tenté plus facilement de passer l'éponge. » Pour Belhassen, quoi qu'il en soit, les joueurs doivent apprendre à tenir leur langue, car « une fois qu'ils ont dérapé dans une interview, on ne peut rien rattraper. On recolle un peu les morceaux, mais le mal est fait » . Plus grave, cela peut fragiliser l'équilibre fragile de la plupart des écuries du haut niveau. « Le PSG l'an dernier perd peut-être son quart de finale de Ligue des champions à cause de l'affaire Aurier, estime Fiorentino. Indirectement certes, mais cela a quand même déstabilisé tout le groupe. » Et au final accéléré la chute de Laurent Blanc, jugé coupable de tous les maux parisiens par sa direction et remplacé par Unai Emery.

Crever l'abcès ?


« Quel que soit le niveau ou le moment de la saison, un joueur qui conteste pour son temps de jeu, sa situation ou critique ses dirigeants ne fait que nuire à son équipe, et donc à lui-même » , conclut Fiorentino. « Imaginez l'ambiance de travail, au sein d'un groupe qui doit chaque semaine aller chercher des résultats. Cela devient invivable, ingérable si le contentieux est trop profond et important » , estime Belhassen. Au moment de trouver au moins un élément positif, Philippe Fiorentino se jette à l'eau : « Si les dirigeants sont fins psychologues, ils se diront que le joueur a surtout agi par frustration, qu'il y a eu un problème qu'ils n'ont pas su prévenir, et que la sortie médiatique permettra au malaise d'être dissipé plutôt que de se creuser. Ils peuvent en profiter pour ouvrir le dialogue. » Encore faut-il que le joueur ne soit pas allé trop loin. « Et le problème, c'est qu'en 2016 avec les réseaux sociaux, n'importe quelle sortie médiatique peut prendre des proportions énormes, précise Belhassen. Regardez Zlatan Ibrahimović, la seule fois où il a vraiment dérapé pendant ses quatre ans au PSG (sa sortie sur la France "pays de merde" lors d'un match à Bordeaux en 2015, ndlr), il y avait au moins quatre caméras pour capter les images et cela a fait le tour d'internet. » Alors forcément, Paul-Georges Ntep ne peut pas s'étonner de voir ses réflexions sur son positionnement faire de même...



Tous propos recueillis par Nicolas Jucha
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