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« À mon époque, seuls les phénomènes sortaient du centre de Lyon »

Formé à Lyon, Lossémy Karaboué n'a jamais eu l'opportunité de passer pro avec l'OL. Après avoir fait ses armes à Sedan, puis Nancy, le milieu franco-ivoirien évolue désormais à Troyes, où le destin lui permet ce week-end de vivre l'inauguration du nouveau stade lyonnais.

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Tu as été formé à Lyon, jouer l'inauguration du nouveau stade, cela compte pour toi ?
C'est sûr. J'ai connu les grandes épopées à Gerland, beaucoup de belles soirées. J'ai hâte de découvrir ce nouveau stade, c'est un énorme changement. Je n'ai pas percé pro là-bas, mais c'est le club qui m'a permis d'apprendre mon métier, donc je garde de l'affection pour lui. Je n'ai que des bons souvenirs de mes huit ans là-bas. Même si je n'ai pas signé pro et que cela reste un regret, tout s'est bien passé. À chaque fois que je suis revenu jouer contre l'OL, c'était un plaisir, j'ai encore des amis ici.

Tu fais partie d'une génération qui devait faire face à une rude concurrence pour espérer toucher au groupe pro. À cette époque, c'était Benzema et Ben Arfa qui arrivaient à jouer avec l'équipe première...
C'est sûr que les jeunes d'aujourd'hui ont plus d'opportunités, car la philosophie du club a changé. À mon époque, c'était le Lyon qui allait en quarts de finale de la Ligue des champions et gagnait le championnat chaque année, il fallait vraiment être un phénomène pour sortir du centre. Mais après, cela ne m'a pas empêché de devenir pro, cela montre que Lyon est un très bon club qui fournit une très bonne formation à ses jeunes. Tout ce que j'ai fait là-bas m'a permis de faire carrière autre part.

« Juninho, Essien, Diarra, Benzema... Voilà les joueurs qui m'ont fait rêver pendant ma formation »

C'était qui ton joueur référence à l'époque ?
Le milieu de terrain, Juninho-Essien-Diarra... Après Benzema aussi, car j'ai joué un peu avec lui pendant la formation et c'était impressionnant de le voir réussir si jeune. Voilà les joueurs qui m'ont fait rêver.

Tu es originaire du XIXe arrondissement de Paris, comment Lyon t'a déniché ?
J'ai joué à l'Espérance parisienne, un petit club de la région. Lyon a des mecs qui bossent un peu partout en France, et notamment en région parisienne. Il y en a un qui est venu me voir, j'ai fait des tournois en jeunes avec l'OL et cela a accroché, donc j'ai intégré le centre de formation à 14 ans. En tant que parisien, le PSG me faisait rêver, mais Lyon aussi, car l'équipe commençait à gagner des titres de champion. Aujourd'hui, même si je suis parisien, je me considère comme un Lyonnais. J'ai grandi là-bas, ma fiancée est de là-bas... Allez, je suis 50% de chaque.


Tu as réussi à devenir pro à Sedan, comme Yoann Court. Ils se sont fait une spécialité de récupérer les joueurs que l'OL ne gardait pas ?
Quand j'ai signé à Sedan, Serge Marchetti était venu voir Anthony Mounier à la base. Moi, c'était ma dernière année à Lyon, et vu que l'OL ne m'a pas fait signer, il a pris contact avec moi, car je lui avais tapé dans l'œil. Cela s'est fait très vite, et après, ils ont fait pareil pour Yoann.

En Ligue 2, tu as très vite été titulaire...
À Sedan, cela s'est super bien passé, notamment parce qu'il y avait un coach, Landry Chauvin, qui venait de Rennes et savait travailler avec des jeunes. Il m'a fait confiance et j'ai su lui redonner. Je me suis fait les croisés la deuxième saison, cela a ralenti ma progression, mais pour le reste tout s'est bien passé.


« Ma progression a été ralentie par une rupture des ligaments. J'étais censé être absent pendant 6 mois, au bout de 4 mois et demi, j'étais de retour »

Tout joueur redoute de se faire les croisés, toi quand cela t'est arrivé, tu n'as jamais craint pour ta carrière ?
Bizaremment non, j'étais insouciant. Je suis revenu tôt, après 4 mois et demi, alors que j'en avais pour 6 de prévus à la base. Je suis allé faire une partie de ma rééducation à Lyon. J'ai finalement fait ma saison la plus complète avec Sedan après cette blessure.

Ce n'est jamais évident de gérer ce type de blessures, comment tu t'y étais pris pour revenir aussi vite et bien ?
Il ne faut pas se prendre la tête. J'ai décroché, je suis allé à Lyon, cela m'a changé les idées, plutôt que de regarder jouer mes coéquipiers, alors que je ne pouvais pas être sur le terrain avec eux. J'ai bossé tout en passant du temps avec ma famille. Être avec ses proches et bosser, c'est le meilleur moyen de revenir.

Après cette troisième saison sedanaise, tu as découvert la Ligue 1 avec Nancy, comme quoi la blessure n'est pas une fatalité...
C'est ça, j'ai fait une bonne saison en Ligue 2, on a terminé quatrièmes et j'ai eu l'opportunité de signer à Nancy avec Jean Fernandez. Un bon club, de bonnes infrastructures, et une bonne première saison en Ligue 1.

La deuxième en revanche, il y a une relégation.
Ma première relégation malgré une saison pleine sur le plan personnel, car je joue la plupart des matchs. Mais c'est compliqué à vivre quand il y a une relégation. Tu ne peux pas vraiment apprécier tes performances personnelles.

Quand Troyes est venu te chercher cet été pour regoûter à la Ligue 1, j'imagine que tu n'as pas mis longtemps à te décider ?
Cela s'est fait vite, car Troyes est réputé avoir un beau football, ils sortaient d'une grosse saison, et le coach Jean-Marc Furlan m'a convaincu en peu de temps avec son discours.


Mais la saison s'est pour le moment mal passée, vous êtes distancés en championnat. Vous croyez toujours au maintien ?
On ne va pas se mentir, cela va être très compliqué, même si mathématiquement, ce n'est pas fini. Maintenant, on ne se prend plus la tête, c'est match par match. On sait qu'il n'y a que comme cela qu'on pourra faire des résultats. On n'a pas été bons, mais on a eu aussi beaucoup d'éléments contraires, notamment des blessures. Il y a aussi eu des cartons, des faits de jeu, on sait que la seconde partie de saison ne sera pas comme la première. On sait qu'on va gagner des matchs, même si pour le maintien, ce sera dur.

L'idée, c'est quoi, de mourir en beauté avec ses idées ?
C'est l'identité troyenne, c'était déjà comme ça avant que j'arrive et cela sera encore le cas quand je serai parti. On veut tenter des choses, offrir du beau jeu, c'est la force du club.

« Drogba, c'est notre Zizou à nous »

Tu as la double nationalité franco-ivoirienne, je ne peux pas te demander ton sentiment sur la retraite de Didier Drogba...
Je suis triste (rires), c'est notre jeunesse, on l'a vu commencer à briller à Guingamp, il a fait de grandes choses en sélection, des bonnes choses sur le terrain et en dehors. Drogba, pour les Ivoiriens, c'est grand. Félicitations pour sa carrière, il va laisser un vide. Des Drogba il n'y en a pas 50, c'est notre Zizou à nous. Même s'il y a Yaya Touré, Bony, Gervinho, des grands joueurs, mais pas de la trempe de Drogba.

Tu en es où avec les Éléphants ?
J'avais été convoqué durant ma dernière saison de Ligue 1 avec Nancy, mais je n'avais plus été reconvoqué en Ligue 2. Là, j'ai du temps de jeu en Ligue 1, donc pourquoi pas, j'y crois et j'aimerais accrocher d'autres sélections. Je vais tout faire pour y être.

Et faire un petit séjour en Russie dans deux ans ?
(Rires) J'espère bien, même si c'est encore loin.


Propos recueillis par Nicolas Jucha
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Ba ouais mon petit bonhomme faut le mériter le salaire. Faut courrir!
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