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À Lyon, la jeunesse est terne, elle ?

La saison passée, l’Europa League servait de révélateur pour les jeunes pousses lyonnaises. À l’heure d’accueillir Rijeka (19 heures), la compétition européenne et la formation semblent vécues comme autant de contraintes dans un quotidien miné par les absences. Et si l’OL n’était plus ce club formateur qu’il pense être ?

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L’histoire appartient désormais à la petite légende de l’OL, celle qui prend forme chaque jour un peu plus à mesure que le club poursuit son dévissage en règle. 2005, Benzema n’a que dix-sept balais quand il passe de l’autre côté du vestiaire, chez les pros : « Je suis là pour prendre votre place. » Les mecs se marrent. Ils ont raison. Internationaux jusqu’au bout du banc, déjà deux titres de champion, en route pour le troisième et l’histoire qui s’écrit désormais en Ligue des champions. Le gamin va devoir attendre un peu avant de prendre leur place. Allez, encore deux saisons à grandir à l’ombre des titulaires et il pourra confirmer ce que tout un club murmure à son sujet : on n’a jamais vu aussi fort que lui sortir de la formation.

Dévissage défigure

Deux ans, il fallait bien ça pour apprendre au contact des meilleurs joueurs de l’époque les rigueurs du métier. Mardi après-midi, pour la séance du jour à Tola Vologe, on a compris que cette idée de l’éclosion plus ou moins programmée était un autre luxe que l’OL ne pouvait plus se permettre, au même titre que les recrutements ronflants ou la masse salariale qui déborde des contrats au long cours. Les rares joueurs au CV calibré Ligue 1 sont aujourd’hui noyés au milieu d’une génération spontanée qui a encore tout à apprendre, et pas seulement le métier. Ce que rappelle Rémi Garde, à mesure que son équipe vogue de désillusion en désillusion : « Je dois faire avec des jeunes qui n’ont pas vingt matchs de CFA. » Le dernier de la bande, Corentin Tolisso, dix-neuf ans à peine, en est là, qui répète sagement l’art de la transversale avec Bruno Génésio : « Plus vite ! » Ce seul impératif raconte la façon dont se succèdent les lancements dans le grand bain du professionnalisme à Lyon. Où le temps presse tellement qu’il n’y a de place que pour brûler les étapes.

Et c’est peut-être ce qui inquiète le plus dans la trajectoire actuelle du club de Jean-Michel Aulas. Où il est bien sûr question d’une paupérisation galopante pour expliquer l’affaire. Mais aussi d’un blanc-seing accordé à la formation maison pour mener les affaires courantes d’ici la livraison du stade, en 2016. À trop vouloir reprendre à son compte des modèles européens qui ne sont plus de son calibre – Barcelone et sa Masia pour le jeu, Arsenal et son recours à la jeunesse pour l’économie –, l’OL en a oublié le plus important : qu’il pouvait reprendre le chemin d’un club de formation comme les autres. Ce qui revient, dans le meilleur des cas, à cahoter à la façon du Stade rennais ou du TéFéCé. Quand il n’est pas question de liquider plus simplement ses ambitions en Ligue 2, là où le HAC et l’AJA grenouillent, en attendant Sochaux.

Un aveu, deux faiblesses


Voilà donc l’OL obligé non plus seulement de revenir sur le train de vie qui fut le sien – pour ça, on a compris depuis longtemps –, mais de liquider aussi une partie de son héritage, laissant à d’autres le soin de le reprendre. Car si, aujourd’hui, la jeunesse reste une des vertus du foot français, c’est du côté de Monaco et du PSG qu’il faut désormais regarder. Là où Ferreira Carrasco et Ocampos peuvent prendre tous les risques pour animer la plus belle attaque du championnat. Là où Rabiot et Ongenda peuvent confirmer les attentes placées en eux en se mettant au diapason d’un effectif qui pourrait se passer d’eux. Dans les deux cas, la formation fonctionne comme elle a pu le faire entre Saône et Rhône au plus fort des années de domination, par l’exemple. Pas besoin de s’embarquer dans ces longues considérations sur le métier de joueur professionnel ou de donner du bâton à des jeunes pousses qui en auraient encore besoin. Des types qui viennent d’ailleurs et qui ont tout connu, Abidal ou Zlatan, sont là pour montrer la voie. Et rappeler à l’OL que le recours à une certaine formation a aussi un coût qu’on ne peut passer sous silence.

Ce qui revient à révéler en creux deux incertitudes qui planent autour de l’OL. La première renvoie aux cadres que le club s’est choisis en début de saison. Pour le moment, Gonalons et Grenier peinent à se situer au niveau où on les attend. De là à considérer le recadrage d’Umtiti par le premier pour une Maserati livrée à Tola Vologe comme un genre de fuite destinée à redonner un peu de crédit à son rôle de capitaine, il n’y a qu’un pas qu’on est tout près de faire. On en arrive alors à la seconde incertitude et elle concerne Rémi Garde. Jusque-là, ses choix les plus visibles ont concerné les plus jeunes. C’est Umtiti dont on se passe en tour préliminaire de Ligue des champions pour un boulard devenu incompatible avec la charte morale de la maison. C’est Benzia puis Bahlouli qui vont prendre le frais en CFA au motif d’une nonchalance devenue trop outrancière. Le coach « trop gentil » pour son président continuerait donc de jouer les formateurs tape-dur. Deux faiblesses pour un seul aveu : Garde est à l’image de son effectif et il lui manque quelque chose aujourd’hui. Peut-être ce joueur qu’il fut à Arsenal, trop en fin de carrière pour s’imposer sur le terrain, mais bien assez pour le faire en dehors, quelque part entre le vestiaire et Wenger. Un rôle qui pourrait convenir à Govou de retour sur les terrains d’entraînement. Encore faudrait-il être sûr que Sid lui manque autant qu’aux supporters.

Par Serge Rezza, à Lyon
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