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A Lyon, des coupes pas si sombres

Une bonne opération en championnat peut bien maintenir l’idée d’une qualification en Ligue des Champions, l’OL consacrera surtout cette semaine à confirmer son nouveau statut d’équipe de coupe. Première étape ce soir à Ajaccio pour une place en finale de Coupe de France (20h45).

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Ce n’est pas faute d’avoir essayé. Et pourtant, on est toujours infoutu de situer le vrai niveau de l’OL. Au point de céder à deux facilités ces derniers mois. La première, en considérant chaque match comme un « tournant » de la saison en cours. Comme on n’en est plus à un près, on prendra donc le prochain comme tel. Pas très compliqué quand une place en finale de Coupe de France est en jeu. Malgré les apparences, la seconde facilité a elle aussi à voir avec la formidable inconstance lyonnaise. Elle tient dans ce sobriquet qu’on a bien voulu coller à l’OL, celui d’ « équipe de coupe » . Soit pile l’inverse de cette réputation gagnée au cours des années 2000 quand le club vampirisait le championnat avant d’aller fracasser ses rêves de gloire sur des matchs à élimination directe.

L’évolution a de quoi surprendre. Pour donner une idée, c’est un peu comme si un « groupe de studio » se mettait subitement à frayer dans la catégorie des « groupes de scène » . D’accord, à mesure qu’ils recollent au train lillois dans la lutte pour la troisième place en championnat et depuis l’épisode de Nicosie, on a appris que l’identité de cette équipe n’était pas réductible à cette seule formule. D’accord, les Lyonnais auront l’occasion de confronter une bonne fois pour toutes ce nouveau statut au principe de réalité deux fois cette semaine, d’abord à Ajaccio, puis samedi au Stade de France.

Entre deux OL

Il n’empêche, cette histoire d’équipe qui se met à briller précisément dans ces parcours de coupes qui ont rarement été sa préoccupation première révèle quelque chose de plus profond. D’abord parce qu’elle renvoie à une évolution sensible de la place occupée par l’OL ces dernières années, dans la catégorie des underdogs des équipes pas franchement taillées pour dominer leur sujet d’un bout à l’autre de la saison, mais qu’on sait capable d’un coup fumant. Un constat rappelé à sa manière par Hugo Lloris au creux de la semaine dernière : « Sur nos deux derniers matches, on peut s'estimer heureux d'avoir pris quatre points. Dans le contenu, c'était assez irrégulier » . Comme le fut cette saison qu’il a fallu jouer entre deux eaux, au gré des formes du moment – plus individuelles que collectives – et d’un choix sportif assumé par tout un club, faisant la part belle aux coups malins côté transferts (Dabo, Fofana, Koné) et à la promotion de la formation maison (Lacazette, Grenier, Gonalons).

Résultat, la saison lyonnaise a pris l’allure d’un vaste work in progress où les réajustements au sein de l’effectif ont accompagné ceux dans le système de jeu – un 4-2-3-1 chassant un 4-4-2, et inversement. Au regard des réussites à l’œuvre en tête du championnat, il a donc manqué deux choses à l’OL pour tenir sur la longueur : un effectif aussi riche que celui du PSG, surtout lorsqu’il faut faire face au rythme féroce imposé par une saison ouverte sur un tour préliminaire de Ligue des Champions ; de la constance dans le choix des hommes et du système qui va avec, à la façon des Montpelliérains. Faute de certitudes, les Lyonnais ont dû puiser leurs solutions ailleurs. Comme bien souvent dans ce genre de situation, c’est sur le mental que se sont forgées les plus belles réussites. Et pour ça, rien ne vaut ces matchs décisifs où promet de se jouer un peu du sens de la saison – face aux grosses écuries du championnat ou lors d’un tour de coupe. Au risque d’y laisser des plumes quand la pression redescend d’un cran face au tout venant de la Ligue 1.

Un palmarès à ouvrir

Le mérite des matchs de coupe, c’est qu’ils maintiennent éveillés. Notamment ces joueurs aujourd’hui majoritaires dans l’effectif qui n’ont jamais connu le goût des titres qu’ils étaient pourtant venus chercher entre Saône et Rhône. Ils ne sont plus qu’une poignée à avoir connu les lustres des années de domination – Källström, Cris, Réveillère ou Vercoutre font partie de ceux-là. Au creux de cette réalité, c’est un peu le malentendu des années Puel qui ressurgit, lorsque le cahier des charges réclamait alors une montée de l’OL dans la hiérarchie européenne. Une obsession partagée par tout un club pour finir, trois saisons plus tard, par avoir raison de sa domination en championnat.
Au moment de prononcer la rupture, la direction lyonnaise aura beau jeu de reprocher à Claude Puel l’absence de titres.

Après tout, celui qui était venu occuper la place de manager dessiné sur mesure n’a jamais fait que respecter ce qu’on attendait de lui, au mieux un parcours jusque dans le dernier carré en Ligue des Champions, au pire une place qualificative pour la suivante. Au risque, il est vrai, de sacrifier un bon parcours en coupe en préservant les cadres et en mobilisant les habituels remplaçants. Certes, la Ligue des Champions reste aujourd’hui encore une priorité pour le club. Question d’inconscient qui résiste à l’idée d’une disparition du circuit de ce côté-ci de l’Europe. Question de santé financière surtout. Car pour ce qui est des prétentions européennes de l’OL, chacun a eu le temps de les reconsidérer. Jusqu’à la tête du club où JMA ne se cache plus pour vanter les mérites d’une Europa League plus raccord avec les moyens du moment.

Se trouver un futur

Alors, quitte à aller chercher de nouveaux titres, autant les prendre là où ils se trouvent et renouer avec les premiers coups d’éclat de l’histoire lyonnaise, précisément en Coupe de France. Ou pourquoi pas se remettre à croire au début d’un nouveau cycle en se souvenant que c’est justement par une victoire en Coupe de la Ligue (2001) que l’OL a ouvert sa parenthèse enchantée des années 2000. Comme ça qu’au moment d’annoncer les temps forts de la saison à venir l’été dernier, Bernard Lacombe s’est pointé pour évoquer les coupes nationales au rang des objectifs prioritaires de la saison. On a appris avec le temps qu’il valait encore mieux écouter le conseiller spécial du président quand il se met à prévoir l’avenir.

Surtout quand au fil des premiers tours de coupe disputés par ses hommes, Rémi Garde s’est mis à aligner ses équipes types – ce qui devrait encore être le cas ce soir face au Gazélec. Pas seulement pour renvoyer au loin l’idée qu’on a bien voulu coller à l’ère Puel qui vient de s’achever, celle d’un club qui ne gagne plus rien. Disons plutôt pour ressortir des cartons l’idée du cercle vertueux du titre qui amène un autre titre qui amène un autre titre… Et ainsi de suite. Le genre de précaution toujours bonne à prendre au moment d’élever la jeunesse montante à qui l’on promet de confier les clés de la maison. Et une raison de plus s’il en fallait pour se convaincre qu’une équipe de coupe ne naît pas comme telle. Elle le devient.

Par Serge Rezza
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