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« À La Nantaise » : prendre (des) part(s) à la vie du club

Lancé en 2010, l’association À La Nantaise* tente de promouvoir l’actionnariat populaire au sein du FC Nantes afin d’assurer stabilité sportive et transparence financière du club. Une initiative unique en France, encouragée par des financements européens, mais qui peine, pour l’instant, à trouver des relais dans le football français. Une enquête, lancée depuis quelques semaines, est censée y remédier.

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Actionnariat populaire ? Il ne fait pas bon parler d’actionnariat en ces temps de défiance à l’égard des marchés. Mais doublé de l’adjectif populaire et tourné vers les clubs de football, l’expression prend un tour plus positif. L’idée : regrouper des supporters au sein d’une association qui pourrait contribuer – en prenant des parts – à la gouvernance du club. En France, un tel projet paraît presque saugrenu, tant les supporters pèsent peu dans la vie de leur club. Pourtant, il suffit de regarder outre-Manche et outre-Rhin, pour se rendre compte qu’il n’y a rien d’extravagant à un tel partage du pouvoir. Mieux, en Grande-Bretagne, la levée de fonds auprès des supporters a permis de sauver de la faillite un club comme Norwich FC, quand en Allemagne un tel financement dans le capital des clubs (à 50% + 1, de la part des supporters) est rendu obligatoire par la loi. Selon une étude du cabinet Deloitte, la participation des supporters à la gestion financière des clubs en Bundesliga serait même l'une des raisons de la stabilité financière de ces derniers.

« Les supporters peuvent apporter un autre modèle de gouvernance »

Au regard des difficultés sportives et financières endémiques du FC Nantes depuis 2001, des supporters des Canaris, attachés à la pérennité de leur club, ont souhaité s’investir dans sa gestion : « On a lancé À La Nantaise en mai 2010 dans une situation délicate pour le FCN afin de rassembler tous les amoureux du club et leur donner l’opportunité d’étudier différentes solutions pour voir ce qui pouvait se faire pour sauver le FCN » , explique Ronan Evain, l’un des membres fondateurs, aujourd’hui secrétaire de l’association.

Problème : en France, ils sont les premiers à porter un tel projet et il n’y a pas d’interlocuteurs pour les supporters, parmi les instances du football hexagonal. Les Nantais regardent alors au-delà des frontières et font la connaissance de Supporters Direct (SD), une association anglaise créée il y a une dizaine d’années, qui accompagne les supporters désireux de participer à la gestion de leur club. En France, personne ne connaît l’organisation. Supporters Direct chapeaute pourtant plus de 170 groupes de supporters et regroupe 350 000 membres à travers une vingtaine de pays d’Europe. « En Angleterre, comme partout en Europe, le football connaît des problèmes de gouvernance. Nous pensons que les supporters peuvent apporter un autre modèle de gouvernance qui peut améliorer la gestion des clubs, en particulier au niveau financier, puisqu’ils ont un attachement à leur club à long terme, quand ce n’est pas à vie. C’est un facteur essentiel de stabilité, puisqu’ils ne sont pas à la recherche d’une rentabilité immédiate et maximale » , explique David Lampitt, directeur général de Supporters Direct, joint par So Foot. Qui, au passage, égratigne, le modèle parisien : « Au PSG, par exemple, les supporters ne participent à aucune décision et n’auront probablement jamais leur mot à dire. »

À La Nantaise financé par la Commission Européenne

Apportant une aide technique et logistique, « ainsi qu’un soutien plus politique en travaillant à sensibiliser les institutions européennes et les instances du sport » dixit Ronan Evain, Supporters Direct met À La Nantaise sur des rails solides, notamment avec un financement de la Commission européenne, alors que l’association obtient le soutien d’acteurs locaux aussi importants que divers. De la Brigade Loire, groupe de supporters ultras du FC Nantes, au vice-président de la chambre de commerce et d’industrie de Nantes, Jean-Luc Cadio, en passant par Japhet N’Doram, ambassadeur de marque et Jean-René Toumelin, ancien président des Canaris. Tous siégeant au conseil d’administration. Si bien qu’À La Nantaise dépasse aujourd’hui les 2 000 membres.

Le projet d’actionnariat populaire, lancé en février 2011, a été entériné le 22 septembre dernier, lors de la troisième assemblée générale de l’association. « Ce qui signifie que d’ici quelques mois, nous lancerons la levée de fonds » , se réjouit Ronan Evain. En parallèle, À La Nantaise, a lancé mi-septembre la version française d’une enquête en ligne destinée à connaître l’opinion des supporters européens sur la gestion du football. Présentée le 7 novembre devant le Parlement Européen, cette enquête vise à renforcer le soutien de la Commission européenne au projet et à obtenir de nouveaux financements. Dans le petit monde du football français, « l’enquête sera utilisée dans la publication prochaine d’un guide pratique, partie prenante du projet financé par la Commission européenne, qui reprendra les modèles développés par Supporters Direct, le cadre légal français et les points essentiels de la construction d’À La Nantaise afin d’inciter d’autres supporters français à mener des projets similaires » , ajoute Ronan Evain. Car pour le moment, hormis quelques prises de contact, aucune initiative de la même envergure n’a été entreprise par d’autres supporters français. Eu égard à la situation financière de leur club, ceux de Lens ou Strasbourg, voire même de Toulon, pourraient pourtant y prêter une oreille attentive.

« On veut pas racheter le club, on veut seulement prendre des parts »

Loin d’être utopique, le projet d’À La Nantaise pioche dans ce qui se fait ailleurs et fonctionne, notamment en Grande-Bretagne, où les supporters des Canaris locaux de Norwich City FC détiennent 4% du capital de leur club, tandis que ceux de Swansea possèdent 20% des parts du club, et ceux d’Arsenal, un peu plus de 3% : « On est persuadés que notre modèle est viable même si on est réalistes sur la culture du football en France. On n'est pas dans une démarche de rachat du club, on veut seulement prendre des parts du capital pour favoriser la bonne gouvernance et la transparence financière. Notre projet s’inscrit sur le long terme. On a appris la patience, en tant que supporters, notre dernier titre, c’était en 2001 ! » Mais si l’écoute et le soutien ne manquent pas à l’échelle communautaire, les relations sont plus délicates au niveau national. D’abord, parce que Waldemar Kita, l’actuel président du FC Nantes, ne veut pas discuter avec les membres de l’association, ensuite parce que, fait rare en Europe, il n’y a pas de correspondant supporters à la Ligue de Football Professionnel (LFP). Hormis sur la question des sanctions... Jointe par So Foot, la LFP n’a pas pu donner suite. David Lampitt espère que l’enquête permettra de tisser un réseau au niveau des fans français : « Sans organisation de supporters au niveau national, c’est très difficile de faire entendre ses revendications » , estime le directeur général de Supporters Direct.


« Le club de football est une institution culturelle et sociale, il ne peut pas disparaître » soutient Ronan Evain. À Saint-Étienne, Lens, Nantes ou Marseille, sans aucun doute, mais dans d’autres villes, où la culture foot est moins prégnante, difficile de rassembler des milliers de personnes derrière l’idée d’aller financer son équipe, quand certains hésitent déjà à se payer une place au stade. Que les supporters pensent alors à l’adage d’une légende du football, devenu le leitmotiv d’À La Nantaise, « les supporters devraient se battre pour la sauvegarde de leur patrimoine » . C’était Coco Suaudeau, contemplant avec tristesse la descente aux enfers du FC Nantes.

Par Anthony Cerveaux

*Pour visiter le site À La Nantaise.

*Pour consulter les avancées de l’enquête.

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