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À Goa, un Zico à double face

À la tête de la meilleure attaque de l’ISL, le Brésilien, sur le départ, laissera le souvenir d’un coach solide et apprécié, malgré des intentions floues et une attitude parfois limite.

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Un sacre à domicile, tout Goa en rêve. Ce dimanche soir, pour la finale de la seconde édition de l’Indian Super League (ISL), l’équipe de Zico aura la chance d’évoluer dans son stade de Fatorda contre le Chennaiyin FC de Materazzi et Bernard Mendy. Solide une grande partie de la saison, la franchise coachée par l’ancien milieu de terrain brésilien part favorite. En deux courtes saisons, Zico a su imprimer sa patte. Avec sept Brésiliens, dont Lúcio, dans l’équipe, les supporters indiens et les suiveurs réguliers de l’ISL ont rapidement fait l’amalgame : joueurs brésiliens = joga bonito. « Je ne parle pas de méthode brésilienne. Les joueurs suivent ma philosophie, qui est celle d’attaquer » , avait d’emblée précisé Zico en conférence de presse avant le début de l’ISL, en octobre. Histoire de démonter un cliché et de montrer que c’était bien lui la matrice de l’équipe.

Mais alors pourquoi autant de Brésiliens ? « En réalité, la tendance pour les coachs de faire venir des joueurs familiers se retrouve dans d’autres franchises. À Kolkata, César Farías travaille avec beaucoup d’hispanophones (Anelka a aussi fait venir Benachour et Piquionne à Mumbai, par exemple, ndlr). Et puis, les Brésiliens sont plus sensibles à Goa (ancienne colonie lusitanienne) où l’on parle plus facilement portugais » , souligne Novy Kapadia, journaliste indien. Zico s'est aussi rapidement tourné vers ses réseaux pour des raisons pratiques. Excepté le Français Grégory Arnolin, il n'a pu garder aucun des joueurs étrangers présents l'an passé, déjà engagés dans d'autres clubs hors de l'Inde ou devenus trop gourmands. Il fallait donc recruter assez vite durant l’été, période où les joueurs restent plus attentifs à des offres en Europe.

« Reinaldo est arrivé hors de forme »


Sur le terrain, Zico a tenu sa promesse. Le FC Goa est la meilleure attaque, avec 32 buts inscrits en 16 matchs. Les joueurs se projettent vite vers l’avant. « C’est ce qu’il avait dit, mais il a eu un peu de mal à mettre ça en place. Le problème majeur de Zico, c’est que Reinaldo, l’ancien joueur du PSG, qui devait être son buteur, est arrivé hors de forme » , analyse Novy Kapadia. L’équipe a tâtonné pendant quelques matchs, avant de relever le niveau. Zico a notamment changé de formule avec un schéma à 3 défenseurs. « On a évolué et trouvé un système qui permet d’exploiter nos qualités. On joue beaucoup plus en bloc, on défend plus ensemble, on est plus réguliers. Nos joueurs de couloirs offrent plus de possibilités. Ça nous donne un potentiel offensif très fort » , résume Grégory Arnolin, un des titulaires indiscutables pour le technicien brésilien.

Le Français apprécie la méthode Zico. « C’est un super mec. Il comprend vraiment les joueurs. Il est très communicatif et très réceptif. Sur le terrain, on joue libéré. Zico est une légende, mais il est resté super simple. Il fait des blagues, on rigole. Il n’est pas trop à l’ancienne, il n'y a pas de barrières. On peut manger à côté de lui, il n’y a pas de problème » , loue-t-il. Relax mais bosseur. « Il étudie beaucoup les autres équipes. On a beaucoup travaillé les aspects tactiques en début d’année » , poursuit Arnolin. Mais aucun passe-droit pour la colonie brésilienne. Les meilleurs jouent. Ceux qui se distinguent sont Arnolin, l’Espagnol Joffre. Et même l’Indien Romeo Fernandes, tenu en bonne estime par le Brésilien.

Il voulait être sélectionneur pour… 100 000 euros par mois


Car Zico est le seul entraîneur à avoir couché sur la feuille de match un onze de départ avec plus de joueurs indiens que de joueurs étrangers (l’ISL permet aux équipes de jouer avec 6 étrangers. Et elles s’y tiennent tout le temps, sauf exception, ndlr). Ce n’est pas bon d’avoir trop de joueurs étrangers. On doit aider plus le football indien, critiquait-il déjà l’an passé, ravissant tous les opposants à l’ISL. Et pour aider le football local, Zico a voulu aller plus loin. Il a proposé ses services pour prendre la tête de la sélection l’an dernier juste après l’ISL, le poste étant alors vacant. Selon plusieurs sources, Zico aurait demandé un salaire de 100 000 euros par mois. Démesuré pour une équipe nationale à la ramasse. Le parcours sinueux et juteux de Zico, en Ouzbékistan ou en Irak, est vite revenu dans les esprits. « Je pense personnellement que c’était la bonne décision de ne pas le prendre à ce tarif-là. Vu l’état du football indien, personne ne peut faire la différence tout seul à la tête de la sélection. Et il valait mieux investir cette somme dans la formation des jeunes » , résume Novy Kapadia.

Zico a aussi lassé la Fédération et certains fans par ses piques répétées envers l’arbitrage, au point de prendre un avertissement officiel après deux journées. Il s’est même emporté lors d’une conférence de presse d’après-match, fin octobre. « Mais vous avez vu ce qu’il s’est passé pendant le match ? Toutes les décisions sont contre nous. Je ne veux pas d’aide des arbitres, mais seulement la justice. Si ça continue comme ça, je peux rentrer chez moi ! » Le Brésilien a navigué à vue pendant plusieurs semaines. Les pieds à Goa, la tête à la candidature pour la présidence de la FIFA, vite avortée. « On pensait que ça aurait un impact, mais il est resté professionnel » , défend Novy Kapadia. L’ancien maître à jouer de la Seleção ne devrait pas revenir à Goa la saison prochaine et continuera ailleurs sa curieuse trajectoire. Reste qu’il est peut-être le seul étranger de l’ISL à avoir réellement porté et même incarné une franchise. Une victoire ce dimanche et il sera le roi de Goa. Zico pourrait alors partir sur une bonne note. Mine de rien, ça ne lui était plus arrivé depuis Fenerbahçe, en 2007. Une éternité.

Par Guillaume Vénétitay
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pas de suite d'ailleurs de la petite serie pendant la coupe du monde "A la recherche de Zico"? C'etait pas mal du tout. Meme si le mec en question est vraiment a chier sur scene.
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