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« A chaque accélération, il y en a qui s’arrêtaient pour vomir »

Affriyé Koffi, passé en deuxième division espagnole et la troisième allemande était jusqu’à il y a une semaine encore l’entraîneur du petit club de Clerval, près de Belfort, dans le Doubs. Était car il a démissionné après avoir vu ses joueurs débarqués sur le terrain bourrés de la cuite de la veille.

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Déjà, pour commencer, comment êtes-vous devenu entraîneur de Clerval ?
J’ai fini ma carrière en Allemagne, il y a un an et demi. Et comme j’habite la région de Belfort, j’ai voulu prendre un petit club pour essayer d’apporter mon expérience. C’était un challenge, pour moi, car je sais que c’est très dur d’entraîner dans le monde amateur. C’est comme ça que je suis devenu le coach de Clerval, en début de saison dernière.

Ça se passait bien, au début ?
Oui, l’année dernière, on a fait une bonne saison. On est même resté invaincus pendant 22 matchs, ce qui nous a permis de monter en deuxième division départementale. Je voulais qu’on reparte sur les mêmes bases pour cette nouvelle saison. Mais j’ai eu l’impression que tout ce que je faisais ne plaisait pas vraiment aux gens. Je pense que c’est parce qu’ils n’étaient pas habitués aux choses sérieuses dans le foot.

Quand vous êtes arrivé dans le club, vous avez donc essayé de professionnaliser la chose, mettre plus de sérieux dans tout ça ?
Oui tout à fait. Ne serait-ce qu’à l’entraînement, j’ai demandé à ce que les gars aient le même t-shirt. J’ai même démarché des sponsors pour avoir, des sacs, des survêts, des maillots. Je voulais que l’on soit comme une vraie équipe de football.

Parlez nous des amendes.
J’avais mis en place un système d’amende. Par exemple, si un joueur, à la fin d’un match, fumait avec le maillot du club sur les épaules, il prenait une amende. Ceux qui arrivaient en retard en prenaient une aussi, à hauteur de 30 centimes la minute de retard. Ceux dont le portable sonnait pendant les briefings devaient en payer une de cinq euros également. C’est un système qui a bien fonctionné l’année dernière, on s’est même retrouvé avec une cagnotte de 400 € en fin de saison.

Bon pour en venir au fait principal, que s’est-il vraiment passé le dimanche 14 octobre ?
C’était un match important pour nous, car si on le gagnait on passait directement de la cinquième à la deuxième place. C’est pourquoi j’avais dit aux joueurs, le vendredi à l’entraînement, d’être prêts pour ce match. Puis le dimanche quand j’ai vu arriver les joueurs avec des canettes de coca à la main, je me suis dis ‘ah, ça c’est bizarre’. Quand ils sont arrivés à ma hauteur, ils avaient les yeux tout rouges, on voyait qu’ils n’avaient pas dormi. De toute façon quelqu’un m’avait appelé pour me dire qu’il avait vu les joueurs sortir de boîte de nuit à 8h, alors qu’on avait rendez-vous à midi.

Vous avez senti qu’ils étaient saouls dés leur arrivée ?
Ah oui c’est sûr. Rien qu’au niveau des yeux. Ce n’étaient pas les mêmes types que j’avais eu la semaine d’avant. Après ils ont voulu faire un échauffement de dix minutes seulement, car leur corps ne suivaient pas. A chaque accélération, il y en a qui s’arrêtaient pour vomir. C’était incroyable.

Comment s’est passé le match en lui-même ?
Après 15 minutes de jeu, on était déjà menés 2-O. Les gars n’arrivaient même pas à courir. Ils étaient morts.

Vous avez donc décidés de démissionner à la fin du match ?
Oui, car ça m’a vexé. Que les joueurs sortent un peu ça ne me dérange pas, mais qu’ils rentrent à 8h, et qui plus est accompagné du président du club, ce n’est pas possible.

Parce que le président était de sortie avec les joueurs ?
Ah bien sûr ! Le président était même le chef d’orchestre de cette soirée. C’est pourquoi j’ai préféré arrêté tout de suite, c’était inadmissible pour moi. A la fin du match, j’ai lui dit que je ne serai plus à l’entraînement la semaine prochaine.

Et du coup, des projets pour la suite ?
Pour l’instant j’ai des clubs qui m’ont contacté, mais j’hésite, je réfléchis, je n’ai pas forcément envie de retourner dans un petit club pour revivre quelque chose comme ça. On verra bien à l’avenir. Propos recueillis par Gaspard Manet
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