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À Barcelone, Paris ne fait toujours pas peur

Un Zlatan et puis c'est tout. En forçant grossièrement le trait, telle est la vision catalane de ce PSG. Trop dépendants de leur Ibra, trop peu sûrs de leur force, les Parisiens n'effraient que peu de Blaugrana. Et si c'était l'occasion d'en profiter ?

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« Le PSG est une grande équipe, mais sans Ibra, elle n'est plus la même. » La parole dominicale de Jérémy Mathieu est une synthèse de l'opinion footballistique espagnole sur le club de la capitale française. Depuis le tirage au sort de la Ligue des champions, la nébuleuse blaugrana avait fait de ce rendez-vous face aux Parisiens du Z le premier test de la bande à Luis Enrique. Après un début de saison canon et toujours aucun but encaissé, ce choc en était même presque réduit aux retrouvailles de Zlatan Ibrahimović avec son ancienne équipe. Presque, puisque depuis lundi, 15 heures, le grand Suédois est officiellement annoncé forfait. Dans cette poule F, le PSG est considéré comme le seul rival de taille du Barça. Un premier test de la saison que tout le monde à Barcelone imagine sans le dire comme un « entraînement » grandeur nature avant le Clásico de la fin du mois d'octobre. Ne vous fiez donc pas à Luis Enrique lorsqu'il dit que « c'est l'une des équipes privilégiées pour pouvoir gagner cette compétition » . Si cette idée peut traverser le cortex du coach barcelonais, il n'en va pas de même de la pensée commune en Espagne.

Le PSG, c'est Disneyland


Depuis la prise en main du PSG par le Qatar, l'œil de la presse espagnole envers le championnat français a changé. Jusque-là jamais évoquée, la Ligue 1 a gagné en visibilité médiatique. Pour autant, ce serait mentir de dire que les Espagnols se sont épris de ce championnat à une tête. « Le niveau du championnat de France peut être un problème, juge Radomir Antić, seul entraîneur à avoir occupé les bancs du Bernabéu, du Camp Nou et du Calderón. Lorsque j'ai regardé Lille face à Porto, j'ai été très très déçu. Dans chaque grand championnat européen, deux ou trois équipes dominent largement. En Espagne, il y a le Barça, le Real et l'Atlético. En France, le PSG est sans doute trop seul. » Trop seul dans son championnat, ce PSG version qatarie sonne plus comme une visite à Disneyland à l'oreille des voisins pyrénéens – Neymar en est fan. Une caricature, certes, qui traduit le manque criant de compétitivité de la Ligue 1 et de concurrence face aux Parisiens. Nombreux sont les observateurs à penser comme Antić que « le PSG fait partie des outsiders, mais ne remportera pas la Ligue des champions cette année  » .

La faiblesse du championnat français n'est pas la seule explication trouvée par le plus espagnol des Serbes : « Le PSG a un bon effectif, certes. Mais il faut surtout regarder la manière de jouer. Ils ont une certaine autorité, une certaine domination dans le championnat de France. En Ligue des champions, ils sont plus vulnérables et s'en remettent à un éclair d'une de leurs stars, Ibrahimović en tête. Ce club a encore besoin de temps pour se construire son image footballistique. Quand tu parles du Barça, tu parles de possession de balles. L'an dernier, avec le Real Madrid, tu parlais de contre-attaques incroyables. » Pour le moment, la presse espagnole ne voit le PSG qu'à travers sa star suédoise. Ainsi, dans leurs éditions de lundi, tous les quotidiens n'avaient d'yeux que pour lui. « La présence de Zlatan à Paris est comme celle du Roi-Soleil, absorbante et totale, raconte Jordi Quixano, journaliste au Pais. Que ce soit sur, comme en dehors du terrain, il est plus important que Laurent Blanc et que le directeur sportif, Leonardo, avant que celui-ci ne démissionne en 2013. » Oui, en Espagne, Zlatan est plus important que le PSG.

Un test plus qu'un choc


Pour les Catalans, plus qu'un véritable tournant pour leur qualification en huitièmes, cette rencontre a valeur de test. Face à un adversaire qui souhaite lui disputer la bataille de la possession, la bande à Lucho devra étaler ses nouvelles facettes de contre-attaquant et de tireurs de loin. « Le PSG arrive au moment idoine pour un Barça qui va pouvoir mettre à l'épreuve ses points faibles, explique le journaliste du Mundo Deportivo Josep Artells. Cette visite à Paris convient au Barça pour qu'il connaisse réellement l'état de santé de la révolution tranquille de Luis Enrique. » Chauvinistes, les deux quotidiens pro-Barça préfèrent mettre en avant la guerre des coulisses plus que celle des terrains qui oppose ces deux clubs. En Catalogne, personne n'a oublié que « Marquinhos et David Luiz, qui devraient être associés, étaient sur le point de signer à Barcelone » , dixit Fransesc de Haro de Sport. Aujourd'hui, les doutes se sont évaporés, et Jérémy Mathieu a rassuré tous ses détracteurs. Seule une anicroche que personne n'attend face aux Parisiens pourrait faire resurgir quelques démons.

Par Robin Delorme
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