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8 juillet 1982 : Naissance d'une nation…

La France tout juste socialiste s'est en partie initiée au football de haut niveau un soir de canicule de l'été 1982. Par la grâce de deux équipes et d'un arbitre mal inspiré. On rembobine…

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Ce France-Allemagne de juillet 82 est peut-être le plus grand match de l'histoire de la Coupe du monde pour une multitude de raisons. D'abord, parce que personne, à part des oracles bien avisés, ne s'attendait à voir les deux équipes à ce niveau. La Mannschaft championne d'Europe balbutiait son football et la France n'était alors qu'une promesse. Ensuite, parce que tous les ingrédients d'un chef-d'œuvre se sont lentement accumulés au fur et mesure du match sans qu'on les voit vraiment arriver. Les tirs au but, les premiers dans une Coupe du monde, ont ajouté un indéniable plus à cette folie opératique. Enfin, contrairement au somptueux Italie-Allemagne de 1970, il y avait un insupportable parfum d'injustice à la fin de la rencontre. Autopsie d'un meurtre…

20 h15 : Un jeudi en chaleur. L'équipe de France se prépare, sur la pelouse sévillane du Sánchez Pizjuán, pour une demi-finale de Coupe du monde. Vingt-quatre ans que ça n'était pas arrivé. Pour une seconde fois. On ne sait pas bien, à ce moment précis, ce que vaut l'escouade de Michel Hidalgo. Balayé au premier match par l'Angleterre (1-3) dans l'enfer tellurique de San Mamès, elle doit sa qualification à un succès contre le Koweït (4-1) et à un sauvetage sur la ligne d'Amoros à la fin de la troisième rencontre contre la Tchécoslovaquie (1-1). La deuxième place des Bleus les envoie dans un second tour à trois équipes avec…l'Autriche et l'Irlande du Nord, dont ils sortent sans dommage…

20h25 : à l'autre bout du terrain, les doubles champions du monde allemands ne la ramènent pas trop. Ils se sont fait humilier par l'Algérie (1-2) pour commencer, avant de passer le cut lors d'une sorte de pacte faustien avec leurs voisins autrichiens. Une victoire des Allemands (1-0) qualifiait les deux équipes. Ils se sont ensuite extirpés de la deuxième phase dans un groupe archi-tendu avec les hôtes espagnols et l'Angleterre. Les Trois Lions (deux nuls) quitteront le Mondial invaincus, tandis que la Mannschaft s'en sort à l'arrache en disposant des Ibériques (2-1).

20h45 : on sait déjà que le vainqueur de cette demi-finale jouera l'Italie, vainqueur de la Pologne de Boniek, en finale. Les Teutons jouent là leur sixième demi-finale de Coupe du monde, mais leur parcours les fait douter. Les Français de 1982 veulent tuer les grands frères de 1958, qu'on arrête de les gonfler avec les aînés, c'est leur seule certitude. Les deux probantes victoires de la seconde phase donnent des espoirs, rien de plus. Après cette rencontre, on devrait savoir. Après « ça » , on a su…

21h00 : coup d'envoi. 70 000 spectateurs. 4-4-2 des familles, Ettori est dans les bois comme depuis le début du Mondial et Bossis dans l'axe avec Trésor. Au milieu, Hidalgo a sorti Girard et Larios depuis la défaite inaugurale. Et comme Genghini a remplacé Platini avantageusement contre l'Autriche, il opte pour une ligne à trois numéros dix (les deux plus Giresse) et Tigana comme joueur-lige, qui se démultiplie à l'infini. Les champions d'Europe en titre, eux, évoluent aussi en 4-4-2 avec Breitner au milieu et Littbarski et Klaus Fisher en attaque. Hrubesch et Rummenigge (blessé) sont sur le banc.

21h18 : ça joue, ça s'entourloupe, ça y va de la semelle, ça va d'un but à l'autre et la République fédérale d'Allemagne finit par marquer. Breitner lance Fisher dans la profondeur, Ettori sort à propos, mais repousse sur Littbarski qui expédie du droit le ballon dans le but, depuis l'angle de la surface (1-0), entre les jambes du portier monégasque. Même si le futur joueur de Cologne avait déjà cogné la barre cinq minutes plus tôt, le match est plutôt équilibré.

21h28 : Les Français sont comme libérés par ce but. Ils répondent par le jeu, leur seule option. Bernd Förster, le frangin de Karl-Heinz, agrippe Rocheteau, plus vif, dans la surface et M. Corver accorde un pénalty que Platini transforme.

21h54 : mi-temps dans les vestiaires exigus du Sánchez Pizjuán. Rocheteau reçoit une deuxième infiltration à son genou. Les joueurs engouffrent des hectolitres de flotte comme à Bilbao, lors du match contre les Anglais. Genghini boîte bas, suite à un sale coup de Manfred Kaltz. Platini grogne vers ses coéquipiers : « Il y a un truc à faire. »

22h13 : les Français donnent raison à Hidalgo. Le ballon est insaisissable pour le champion d'Europe. Battiston (qui a curieusement remplacé Genghini) reçoit dans l'espace un caviar de Michel Platini dans le dos de la charnière centrale teutone. Le ballon rebondit un peu, le défenseur lorrain tente le lobe, avant que Schumacher ne le ratatine comme un vulgaire bucheron. Quadruple peine : la balle rate de peu la cible ; Battiston, K.O technique et deux dents en moins, quitte le terrain sans connaissance sur une civière ; le gardien, comme halluciné, braille sur tout le monde alentour et ne prend pas même pas de jaune ; pire : il n'y aura même pas faute. Platini raccompagne son pote groggy sur la civière en lui tenant la main. Le « film » vient de basculer définitivement dans la quatrième dimension…

22h56 : le docteur Vrillac a emmené Battiston à l'hôpital. Après le Messin, Michel Hidalgo fait un second choix étrange. Il fait entrer Christian Lopez qu'il positionne au milieu de terrain, alors que le Stéphanois est définitivement un central, au contraire de Janvion qui peut jouer partout. Hrubesch est entré, lui, à un quart d'heure de la fin. Depuis la sortie de Battiston, les Français ont la rage. Première bascule du destin : à deux minutes de la fin, Manuel Amoros, vingt ans, s'avance aux vingt-cinq mètres en coin et vrille une frappe du cou-de-pied qui échoue sur la barre. Schumacher n'y était pas…

23h12 : la prolongation vient de commencer depuis deux minutes et Marius Trésor expédie une volée sublime, après un coup franc excentré de Giresse, sous la barre de Schumacher (2-1).


23h18 : tout un peuple se met à rêver à quelque chose d'impossible. La Mannschaft monte en puissance. Rummenigge, quoique blessé, vient d'entrer. Il y a des espaces et, sur un contre, Six temporise sur la gauche, lâche le ballon à Giresse à l'entrée de la surface : frappe-poteau-but-extase. Thierry Roland y va d'une sentence définitive : « Je crois, Jean-Michel, que la France est en finale de la Coupe du monde…  » Un avis vite tempéré par Jean-Michel Larqué. Et puis, c'est l'Allemagne en face…

23h24 : le fantôme de Glasgow (Saint-Étienne - Bayern (0-1), finale de la C1, les poteaux carrés, tout ça) reprend de la consistance avec le but de Karl-Heinz Rummenigge et sa belle gueule d'ange exterminateur, juste avant la pause. Un but de rapine après deux fautes sur Platini et Giresse non sanctionnées…

23h36 : les duels sont électriques. Au-dessus du Sánchez Pizjuán, c'est comme si les vautours planaient en quête de proies à désosser. La foule andalouse a pris fait et cause pour les Petits Poucets français, mais c'est écrit, ça va se terminer aux tirs au but pour la première fois de toute l'histoire de la Coupe du monde. Sur un long centre venu de la gauche, Hrubesch joue finement (si, si) de la tête pour Klaus Fisher qui, d'un retourné magnifique, crucifie Ettori (3-3). Ce match est dingue…

23h55 : on y est. Tirs au but. L'égalisation de Fisher a plongé le match dans un ailleurs un peu spatial. Les Français sont comme hébétés. Les Allemands savent qu'ils reviennent de la banlieue de l'enfer. Qu'ils doivent remercier M. Corver pour l'ensemble de son œuvre et principalement pour ne pas avoir expulsé Harald Schumacher.

00h06 : Stielike a raté le premier, mais Six fait de même. Il joue à Stuttgart, et son coéquipier Hansi Müller a renseigné Schumacher. Puis Maxime Bossis manque à son tour et Hrubesch met fin à l'espoir en frappant au milieu comme sixième tireur. Cette nuit-là, des milliers de gamins français ont pleuré toutes les larmes de leur corps devant ce crime sans victime. Comme des bambins hongrois ou néerlandais avant eux. Rien de tel que l'équipe nationale d'Allemagne de football pour traumatiser les enfants, jeunes ou moins jeunes…


Par Rico Rizzitelli
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