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  2. // Fiorentina/Bayern (3-2)

60 minutes inside

Le but inscrit à Münich laissait de bons espoirs à la Viola d'atteindre son 1/4 de Ligue des Champions. Traînant sa misère et sa poisse en Serie A, elle comptait sur ce rendez-vous européen pour confirmer son bon parcours de poule. Mais on ne la fait pas à un vieux routier comme le Bayern, qui a su réagir en 2ème mi-temps au doublé de Jovetic. Les tauliers ont fait le boulot : merci Ribéry, Van Bommel et Robben.

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Fiorentina-Bayern Münich : 3-2


Stade Artemio Franchi


Buteurs : Vargas (28ème), Jovetic (54ème, 64ème) pour la Fiorentina, Van Bommel (60ème) et Robben (65ème) pour le Bayern.


Le match commence à peine que trois ingrédients vont à coup sûr rythmer la partie. La Viola, violée par l'arbitre à l'aller, est bouillante, Robben prenant le premier bois de la partie par Vargas, après quelques secondes de jeu. Le stade Artemio Franchi est tout aussi bouillant, espérant bien que son équipe ne soit pas une énième fois l'actrice d'une élimination héroïque. Dernière composante : chaque équipe devra affronter un adversaire de taille, un vent de dingue.

L'expérimenté Bayern, dans le premier quart d'heure, arrivera à bien gérer ces trois paramètres, ne paniquant pas sur le défi physique imposé par les Italiens, sachant contourner les conditions climatiques par un jeu à terre et faisant fi de la pression du public. À d'autres, les stades allemands étant rarement vides et plutôt hostiles à chaque déplacement des Bavarois.

De leur côté, les Florentins ont du mal à apprivoiser le souffle et privilégient inexplicablement les longues sondes vers un Gilardino esseulé entre la tige Van Buyten et le novice Badstuber. Le déclic interviendra à la 16ème minute, lorsque, après quelques inespérés échanges de passes toscanes, Vargas centre au cordeau sur la main de Van Buyten. Butt, l'air de rien, récupère la patate chaude sans que l'arbitre ne bronche. Artemio Franchi peut gronder et craindre une nouvelle carotte arbitrale.


Le Butt classique


C'est pourtant à ce moment que Florence décide de mettre sur orbite ses meilleurs atouts du moment, ses bouffeurs de lignes, Vargas à gauche et Marchionni à droite. La récompense de cette reprise en main du match par la Viola ne tardera pas. Badstuber offre un cadeau à Marchionni. Son dégagement plein axe de la tête, freiné par le vent, arrive dans les guêtres de Marchionni. Colle au pied, l'Italien frappe des 30 mètres et Butt sort sa coutumière parade misérable. Le cuir repoussé arrive sur Vargas, pleine balle, qui, à six mètres dans un angle fermé bouge le grand Van Buyten pour loger un missile dans la lucarne opposée du portier allemand.

Le stade peut exulter, la Fio refait son retard et se retrouve virtuellement qualifiée. Le Bayern ne mettra pas longtemps à s'en remettre, habitué, avouons-le, aux bourdes de son dernier rempart. A la 34ème, Robben profite d'une hésitation de la défense florentine pour échauffer Frey. Le Français prouve encore une fois qu'il ne faut pas le réduire à sa simple bourde en Ukraine avec les Bleus. Florence peut rentrer aux vestiaires avec ce faible mais suffisant avantage pour mettre le Bayern au tapis et découvrir les joies d'un virtuel quart de finale de C1. Quelques déceptions cependant : Gilardino n'a rien eu à se mettre sous la dent, le prodige Jovetic est transparent, comme dans une moindre mesure Robben et Ribéry.


Jovetic réapparaît


La deuxième période reprend, toujours sous un vent gonflant. Mais cette fois-ci, Florence semble préférer le souffle contraire, retrouvant son jeu plutôt léché, à base d'appui-remise, avant d'écarter sur les côtés. Dans ce canevas bien tissé, oui la Fio propose l'un des plus beaux jeux du plateau 2010. Et Gilardino peut enfin s'exprimer et toucher son premier ballon potable à la 50ème minute. Sur un centre parfait de Marchionni, Badstuber et Van Buyten, pas royal ce soir, se trouent. Gilardino, au point de péno, tire illico mais butte sur Butt, visiblement plus à l'aise avec ses pieds qu'avec ses mains. En sursis, le Bayern va être sanctionné sur le mouvement suivant. Le schéma est connu : Marchionni, toujours lui, à la passe, Gilardino à la réception, qui talonne magiquement pour Jovetic. Le Serbe montre enfin le bout de son casque à boucles et délivre Artemio Franchi, mettant le Bayern à deux longueurs. Les Florentins sont en train de régaler et ouvrent le début d'une dernière demi-heure fantastique. Malheureusement pour Florence, le Bayern et ses individualités y joueront les rôles principaux.


Bayern, sauce hollandaise


Le duo “Robéry” débute sa partie. Le Français fait son soliste sur son aile gauche, conserve le cuir et transmet dans l'axe à Van Bommel. Le Hollandais, aussi bien vilain dans ses tacles que précis dans ses frappes, sort un plat du pied d'école et réduit la marque. Le Bayern revient de nulle part et inscrit ce but à l'extérieur que les Florentins avaient su planter à l'Allianz Arena. Compteurs à zéro. Florence ne se laisse pourtant pas abattre et reprend l'avantage, comme une grande, cinq minutes plus tard. Sur la ligne médiane, Jovetic-Vargas se la jouent une-deux, le Serbe colle une rebelote avec Gilardino. L'avant-centre italien sert encore une remise radieuse, de la tête cette fois, pour Jovetic. Le meuble Van Buyten se fait encore déménager et le chevelu youg' inscrit son doublé, entre les guiboles de Butt. Florence reprend le large. Dingue.

La partie à réaction se poursuit et le jumeau de Ribéry, Arjen Robben prend ses responsabilités. L'ancien Madrilène joue sa partition, façon ténor, passe en revue la défense violette et à 25 mètres délivre un bijou dans la lunette de Frey. Avec deux buts à l'extérieur, le Bayern pose son pied en quart. Encore plus dingue.

A vingt minutes du terme de la rencontre, Artemio Franchi est sonné, lui qui pensait enfin tenir son exploit. Florence n'était pas très loin de son premier quart de C1 mais vient de se prendre, mode C4, l'expérience bavaroise, le talent aussi, en pleine face. Marchionni, toujours sur son côté droit, amusera encore quelques minutes le jeune Alaba alias le “chocolat viennois” selon la presse allemande, mais soit un hors-jeu soit des défenseurs munichois enfin au bon endroit empêcheront la bande à Prandelli de rendre folle toute la Toscane. Robben et Ribéry poursuivent leur récital technique, mais pas sur le même accord, le Hollandais dégarni oubliant trop souvent que le football est aussi et surtout un sport co. La Fio aura beau jeter ses dernières forces dans la bataille, elle aura beau avoir livré un joli match, le joli ne suffit pas face au Bayern actuel, diaboliquement efficace.

Les Bavarois passent ce huitième en souffrant, croient encore que cette qualification fera rester Ribéry en Bavière la saison prochaine. La Fiorentina, elle, y était presque mais a offert à son public un énième final dramatique. Panache contre bière, l'alcool a gagné, la limonade a perdu.

Ronan Boscher

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Très bien écrit cet article voilà c'est dit!!
Comparer Ribery et Robben, c'est délirant!
Ribery a perdu toutes ses balles et Robben est juste le meilleur joueur au monde.
Aucun joueur n'est capable de faire basculer un match comme lui, il l'a fait contre la France à l'Euro et le fait hier en CL sur l'engagement les deux fois.
Robben the best
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