1. // Interview Médias

« 57% de nos paris sont gagnants »

Les paris sportifs n'ont pas fait fleurir que des bookmakers. Il y a aussi des journalistes sportifs spécialisés, comme Sébastien Duron, qui bosse sur la page allouée aux jeux par L'Equipe. Vous savez, celui qui met son doigt sur sa tête...

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Sébastien, comment devient-on journaliste sur les paris sportifs ?


Il faut déjà que ça te plaise. Moi, je me suis toujours intéressé aux paris, aux jeux d'argent en général. Quand ce n'était pas encore la folie sur Internet, je me faisais des grilles de Lotofoot. Plus jeune, j'étais même fan des paris où l'on pouvait choisir le score exact. A L'Equipe, où je travaillais depuis 2007, ils le savaient. Alors quand il a été question de créer une rubrique dédiée, ils m'ont proposé le job. Avant, j'étais affecté à droite, à gauche. Tantôt à Roland-Garros, tantôt au Tour de France...

Et là, c'est la planque. On a tendance à se dire que ce n'est pas un boulot très compliqué. Peux-tu nous dire comment se déroule ta journée ?


La première chose à faire, c'est de lire le journal. On est trois, on prend les infos du jour et ensuite on se lance dans nos recherches : quelles côtes sont proposés par les sites ? Est-ce qu'il y a un bon coup à jouer ? Pour ça, il faut creuser, jeter un coup d'œil à l'historique des confrontations, aux blessés, aux tendances de l'équipe... Comme dans biens d'autres branches, il n'y a que le travail qui paie. C'est la recherche qui crée l'intuition, le feeling. En début de saison, j'avais remarqué qu'Hoffeinheim démarrait fort ses matchs. Alors pour une rencontre face au Bayern, que les Munichois ne pouvaient pas se permettre de perdre, je me suis dit qu'on pouvait parier sur une défaite du Bayern à la mi-temps mais une victoire dans le temps règlementaire. Et ça s'est produit ! La cote était à 22... Contrairement à ce que certains peuvent penser, on ne prend pas ça par-dessus la jambe. On suit ce qu'on a mis et on vibre, des fois seuls devant nos ordis à crier. Il y a pas longtemps, on avait mis le Shakhtar gagnant à la mi-temps. Bon, ils prennent un but à la 30ème. Derrière, il égalise à la 45ème et prend l'avantage dans la foulée. Il fallait nous voir.

Et comment vous êtes vus à {L'Equipe ?}


Avant, on travaillait avec les autres journalistes. On se connaît tous et on est au sein même de la rédaction. Donc ça arrive que l'on se fasse chambrer, que certains nous disent qu'on est des fous sur certains choix, mais c'est bon enfant. Personne ne nous prend de haut. Concernant notre direction, nous n'avons pas de nouvelles. Comme on dit, c'est bon signe. Surtout que l'on a une grande liberté : on peut écrire ce que l'on veut, choisir ce que l'on veut, tant que l'on explique bien nos choix.

Vous devez être chouchouté par Betclic, Bwin...


On n'a pas de mails, pas de cadeaux, rien ! Et puisqu'on va sûrement devoir en parler, Sajoo (le site de paris du groupe Amaury, propriétaire de L'Equipe, ndlr), je ne sais même pas qui c'est ! Ça paraît fou, mais on regarde vraiment toutes les cotes. Ça permet de varier, de proposer des paris différents. Ce que fait Paribet par exemple, c'est pas mal. Je dis ça mais attention, le but, c'est quand même de rester sur le sport. Et s'il y en a qui doutent de nos intentions, je leur rappellerai qu'une étude a été faite, 57% de nos paris sont gagnants. Il n'y a pas mieux.

En étant au cœur de la rédaction de {L'Equipe, vous êtes au plus près de soupçons de corruption qui peuvent entourer certaines rencontres. Comment prendre en compte ce paramètre ?}


L'UEFA mène des enquêtes pour ça non ? On parle souvent de la Ligue 2 par exemple, j'ai du mal à croire qu'il y a de la corruption, des équipes qui laissent filer les matchs. De toute façon, je pense que c'est le genre de trucs qui se décident au dernier moment, quand nous, nous avons déjà rendu nos papiers. C'est pour cela que d'une manière générale, on évite de proposer des paris sur les équipes en roue libre. C'est difficile à jauger, on peut se tromper plus facilement. Les surprenants résultats lors du dernier match de poule en Ligue des Champions le prouvent.

Justement, à ton avis, qui va gagner la Ligue des Champions ?


Bon, ni Lyon, ni Marseille. Mais après... c'est difficile, il faudra voir la forme du moment. Si tu veux un bon pari, je miserais plus sur Helsinki comme prochain champion de Finlande. Dans les championnats baltes aussi, il y a des équipes qui écrasent tout.

Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
En ce qui concerne la corruption, il est utile parfois de voir les sommes misées sur certains matches, c'était possible sur le site betfair en tout cas.

Avec notamment en Avril dernier un fameux Ajaccio-Bastia, avec presque 225.000 € de pariés sur le match, dont 200.000 sur Bastia, alors qu'un match de L2 classique ça dépasse par les 10.000€ de mises en tout en principe.


Résultat Bastia l'a emporté sur un pénalty causé par une main flagrante d'un défenseur ajaccien... j'ai pas regretté les 50€ que j'avais mis sur Bastia juste avant le début du match !
Je vis a Malte depuis 4 ans où j'ai créer ma société et mes sites internet de paris sportifs. 57% de paris gagnants est un score très moyens je ne vois pas pourquoi s''en venter. N'importe quels pronostiqueur établis depuis des années dans le domaine pourrait vous le dire.

Et surtout cher ami parieur n'oubliez pas la règle principale ou règle fondamentale: Ne jamais parier plus de 20% de son capital.
20% de son capital max???

N'importe quoi, on gère pas une bankroll comme ça, normalement c'est grand max (mais alors grand max) 10% sur un pari.

Ensuite le pourcentage est à prendre avec des pincettes, il faut voir les risques pris, la moyenne des cotes cumulées pour tout les paris pris ! et après on pourra discuter pourcentage !

Évidement que 57% de réussite sur une moyenne de cote a 1,50, 1,60, c'est pas super du tout, mais 57% avec une moyenne de cote à 2,50 ou plus, c'est déjà plus intéressant !
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