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40 bougies pour Ronaldo - Partie 1

À l'occasion des quarante ans de Ronaldo, quarante personnalités du foot (joueurs, entraîneurs, commentateurs) nous ont parlé de leur souvenirs du Fenomeno. De son ancien coéquipier à l'Inter Iván Zamorano à Sonny Anderson, en passant par Mark Iuliano, Sébastien Frey, Adrien Regattin, Bernard Genghini ou encore Marco Ballotta. Première partie, les vingt premiers.

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1. Felipe Saad

Footballeur brésilien (RC Strasbourg)

« Ronaldo, c’est vraiment le joueur de mon enfance, comme pour beaucoup de Brésiliens de ma génération. Pour nous, c’est une idole absolue. D’ailleurs, je pense qu’au Brésil, tous ceux qui ont moins de trente-cinq ans, ou dans ces eaux-là, le considèrent comme le plus grand joueur.
Et puis il faut avoir conscience que c’est un joueur qu’on a eu énormément de mal à remplacer, car après lui, la Seleção a peiné à trouver un attaquant de son calibre, il a fallu attendre l’émergence de Neymar, finalement. Personnellement, je trouve que c’est le joueur le plus intemporel qui existe, tu as l’impression qu’il aurait pu s’adapter à n’importe quelle époque, n’importe quel football, il faut savoir qu’il a été très avant-gardiste dans sa façon de jouer, en alliant vitesse et technique comme ça, je trouve qu’on ne voyait pas trop ça avant lui. Au Brésil, on a toujours suivi sa carrière à la manière d’une novela, les fameux feuilletons brésiliens, entre ses blessures, ses retours, ses buts, ses trophées, ses histoires extra sportives, on a toujours suivi tout ce qui lui arrivait. L’image qui me revient de lui, c’est quand il sort sur blessure en tentant son passement de jambes, c’était vraiment triste à regarder, même si je garde aussi l’image de son doublé en 2002, un souvenir beaucoup plus joyeux. L’un de mes plus gros regrets reste d’ailleurs de ne l’avoir jamais affronté. Pour un footballeur modeste comme moi, ça aurait été un tel honneur. Je ne l’ai jamais rencontré non plus, mais bon, peut-être que ça arrivera un jour, sait-on jamais. »


2. Grégoire Margotton

Commentateur sur TF1

« C’est le meilleur attaquant de l’histoire du foot, tout simplement. J’ai vu un paquet de joueurs dans ma carrière, mais jamais deux comme lui.
Je me souviens l’avoir vu au tournoi de France, dans les années 1990, quand il devait avoir dix-huit ans, je revois encore sa tête de gamin avec ses dents écartées, toujours le sourire, et évidemment il était déjà la star de l’équipe. Un statut qu’il aura toujours assumé. Je pense que tous les dix ans, il y a un sportif qui change son sport, à la manière d’'Usain Bolt par exemple, et Ronaldo est de ceux-là. Ça a été l’un des premiers à combiner avec autant d’excellence la puissance, la vitesse et la technique. Il a réinventé le poste d’attaquant, en quelque sorte. Il y a quelque chose d’assez révélateur, c’est que tu demandes à tous les grands joueurs qui l’ont côtoyé, ils te diront que c’est lui le meilleur. Tous.
« L’image que je garde ? Ce but où il part de 40 mètres, résiste au retour de deux défenseurs qui le prennent en étau et s’en va marquer. »Grégoire Margotton
Et puis il ne faut pas oublier que tout ce qu’il a réussi à faire, il l’a fait malgré deux graves blessures au genou, sans doute que sans ça, sa carrière aurait pu être encore plus grande, mais bon il n’avait sûrement pas l’hygiène de vie nécessaire (rires). L’image que je garde ? C’est évidemment ce but où il part de quarante mètres, résiste au retour de deux défenseurs qui le prennent en étau et s’en va marquer. Tout simplement incroyable. »

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3. Iván Zamorano

Ancien coéquipier de Ronaldo à l’Inter

« Pour moi, et je l’ai toujours dit, le meilleur joueur avec qui j’ai joué, c’est Ronaldo. J’ai joué avec Michel, Butragueño, Laudrup, Salas, Baggio, Djorkaeff, Raúl, Suker, Vieri.
J’ai joué avec les plus grands du monde. Mais lui, c’était le meilleur, indiscutable. Quand il est arrivé à Milan, c’était magique, "Il fenomeno". "Il fenomeno c’e l’abbiamo noi, sono cazzi vuoi." C’était le chant de l’Inter ! Extraordinaire, Ronaldo, c’est un enfant qui joue au foot, un enfant qui s’amuse. La première année, quand Ronaldo arrive du Barça, je continue à porter le numéro 9. Lui jouait avec le 10. Après le Mondial 98, il se sentait très mal, il a fini à terre, un peu déprimé. Alors on s’est réuni avec Moratti et Sandro Mazzola, et on a décidé de lui donner le 9. D’ailleurs, c’est là qu’on a inventé le 1+8. Toute ma vie, j’avais joué avec le numéro 9, c’était une superstition si tu veux, mais je ne pouvais pas y renoncer. On s’est demandé comment on pouvait faire pour solutionner ce problème, et là j’ai proposé cette solution du 1+8. Massimo Moratti a demandé la permission à la Ligue, il a fait un courrier officiel et on a eu l’autorisation. Ronaldo a beaucoup influencé le foot mondial. Avec Marcelo Salas, on nous appelait Sa-Za. Cela est né car à l’époque, au Brésil, il y avait Romário et Ronaldo qu’on appelait Ro-Ro, et donc, en comparaison, la presse chilienne, pour répondre avec humour, nous a appelé Sa-Za. »


4. Édouard Cissé

Ancien footballeur

« C’est le seul footballeur que j’avais en poster au-dessus de mon lit quand j’étais adolescent et que je jouais à Pau. Pourtant, je n’ai jamais été dans l’idolâtrie avec qui que ce soit, mais lui, c’était différent, c’était tellement un tueur.
En plus le mec n’a que deux ans de plus que moi, mais bon, tu te rends vite compte que tu ne fais pas le même métier (rires). Quand j’arrive au PSG en 1997, à l’issue de la saison, il y a la finale de la Coupe de l’UEFA au Parc entre l’Inter et la Lazio. Et bah, dis-toi que j’ai fait le déplacement de Saint-Germain-en-Laye juste pour venir assister à son entraînement la veille du match, c’était interdit au public, mais en tant que joueur du PSG, on était arrivés à se démerder. Et je peux te dire qu’à l’entraînement, le mec, c’était un branleur fini, il était là à ne rien faire, juste à se marrer. En revanche, à la fin quand ils ont fait une opposition, là tu fais : "ah ouais, putain !" Le mec était juste trop fort. Et puis le lendemain, il a quand même fait l’amour à la défense de la Lazio. J’ai eu l’occasion de l’affronter avec Monaco et c’est pareil, sur le terrain il ne branlait rien, toujours à traîner derrière Squillaci et Rodríguez, mais en revanche dès qu’il accélérait, pfff… peu importent les blessures et les cinq kilos en trop… Vampeta était super pote avec lui, et quand on jouait ensemble au PSG on s’est déjà fait un barbeuc chez lui avec Ronaldo. Le mec était là, tranquille, il tournait à la bière. Et franchement, le type, en tant que personne, c’est une bombe atomique. Adorable, toujours la banane. Tu as déjà entendu quelqu’un dire du mal de Ronaldo ? Bah non. »


5. Hervé Mathoux

Présentateur du Canal Football Club

« Je me souviens d’avoir fait sa première interview à la télévision française lorsqu’il jouait au PSV, ça devait être en 1994, il me semble.
On avait une rubrique sur les jeunes espoirs français, mais après être tombé sur une vidéo où il marquait des buts hallucinants, j’avais demandé à la chaîne de faire une entorse à la règle pour aller rencontrer Ronaldo au Pays-Bas. Et on avait donc fait une interview avec lui à la sortie de l’entraînement, il était d’ailleurs vachement surpris qu’une chaîne française s’intéresse à lui à cette époque. L’image que je garde de lui, c’est évidemment ce but contre Compostela, alors certes ce n’est pas très original, mais je me souviens m’être fait la réflexion qu’on avait vraiment découvert un extraterrestre, un mec capable de jouer tout seul et de faire gagner son équipe. Certes Platini, Cruyff ou Maradona portaient leurs équipes respectives, mais je trouve, et c’est peut-être faux, qu’ils s’inscrivaient plus dans un collectif.
« À vitesse réelle, tu ne pouvais parfois pas voir le dribble qu’il venait de faire, c’était impressionnant. »Hervé Mathoux
Là, pour la première fois tu découvrais un joueur qui n’avait besoin de personne. Un peu comme quand tu joues dans la cour de récré avec ce gamin largement plus fort que les autres qui s’amuse à dribbler tout le monde. Sauf que lui, il faisait ça en Liga, putain. À vitesse réelle, tu ne pouvais parfois pas voir le dribble qu’il venait de faire, c’était impressionnant. Et pour couronner le tout, le gars a toujours eu cette image de mec sympa, agréable. »


6. Sébastien Pérez

Ancien footballeur

« "Il Fenomeno !" Il portait tellement bien son surnom, en plus. J’ai eu la chance de jouer deux fois contre lui avec l’OM en Coupe d’Europe, et en vrai il était encore plus impressionnant.
Ce qui frappait le plus quand tu jouais contre lui, c’était son changement de rythme, car évidemment, ce n’est pas le mec qui courait 60km dans une rencontre, mais dès qu’il sentait qu’il allait être servi, surtout dans cette équipe des Galactiques, il accélérait et là, c’était terminé, tu ne le revoyais plus. J’ai encore eu la chance de jouer contre lui récemment lors d’un match de charité organisé par l’ONU à Geoffroy-Guichard, et ce qui est fou, c'est que malgré son surpoids, il a encore un coup de rein incroyable. Et quand tu vois la masse qu’il a à déplacer, mais tu hallucines qu’il puisse faire ça. Je ne lui ai pas parlé, car, honnêtement, je le voyais avec mes yeux de gamin tellement je suis fan du mec. Je trouve vraiment que c’est l’un des plus beaux exemples à suivre dans le football, car malgré son talent hors normes, le mec est toujours resté simple, humble. Il a toujours été irréprochable, même sur le terrain quand tu vois le nombre de coups qu’il a pris, il n’a jamais pété un câble ou eu de gestes déplacés, jamais. »


7. Robert Nouzaret

Ancien entraîneur

« C’est évidemment un grand joueur et incontestablement l’un des plus grands attaquants de l’histoire, je ne sais même pas combien il a marqué de buts. Je me souviens de lui à travers ses matchs, ses buts et surtout à travers son intelligence dans la surface de réparation. Et puis je trouve que quand on parlait de Ronaldo, on parlait essentiellement de football et non pas des problèmes extra-sportifs comme ça a pu être le cas pour un tas d’autres joueurs. »


8. Bernard Genghini

Ancien international français et actuel membre du comité directeur du FC Mulhouse

« Ce qui m’a le plus marqué, ça reste sa saison à Barcelone, quand il arrive en provenance du PSV. Cette année-là, il était vraiment en pleine possession de ses moyens et ça se voyait à chaque match, il inventait constamment des dribbles, des feintes. Et puis, bien sûr, il y a le fameux match où il part de quarante mètres pour aller inscrire ce but mémorable. À Barcelone, il était vraiment au sommet de son art. Derrière malheureusement, il a été pas mal handicapé par les blessures, mais malgré tout, il s’est battu pour revenir
« Il n’est pas au niveau de Cruyff, Pelé, Maradona, Platini ou même Messi, mais c’est sûrement dû au fait que les blessures l’ont éloigné longtemps des terrains. »Bernard Genghini
et il est d’ailleurs parvenu à retrouver un bon niveau, mais jamais celui qui fut le sien au Barça. Pour moi, il n’est pas au niveau de Cruyff, Pelé, Maradona, Platini ou même Messi, mais après c’est sûrement dû au fait que les blessures l’ont éloigné longtemps des terrains, sa carrière a connu de sacrés creux, mais ce qui est beau, c’est qu’il n’a jamais abandonné là où certains auraient peut-être abdiqué. »


9. Christian Lopez

Ancien international français

« Bon bah, c’est bien sûr un très bon joueur qui fait évidemment partie des meilleurs au monde. Ah mais attends, tu me parles de Ronaldo le Brésilien, là ?
Ah ouais, je me disais aussi : "Il a déjà quarante ans Cristiano ? » (Rires) C’est vrai que maintenant quand tu me dis Ronaldo, je vais plus penser à Cristiano, mais bon c’est surtout dû au fait que le Brésilien a arrêté sa carrière depuis quelques années déjà. Si les deux sont comparables ? Non, ce n’est pas le même jeu, il y en a un qui est un vrai avant-centre à l’état pur et l’autre qui joue plus sur le côté, même si les deux ont des caractéristiques communes comme la vitesse et l’explosivité. Mais sinon, oui, bien entendu que Ronaldo était un grand joueur. Un des meilleurs attaquants au monde, très adroit devant le but, complet. Un joueur agréable à voir jouer, clairement. »


10. Pablo Contreras

Ancien international chilien

« Ronaldo est l'adversaire le plus fort que j'ai affronté. La première fois, c'était lors de la Copa América 99 au Paraguay et ça avait été très dur, puis il y a eu la défaite 5-0 en 2005 avec le Chili. C'est quasiment impossible de trouver un joueur qui allie une telle qualité technique, au niveau du dribble notamment, à une telle puissance. C'est très difficile de deviner ce qu'il va faire, et le plus frustrant, c'est que je crois qu'après quelques matchs contre lui, j'arrivais à lire son jeu, mais même en sachant ce qu'il allait faire, il le faisait quand même et j'étais impuissant la plupart du temps. »


11. Adrien Regattin

Footballeur

« Le phénomène ! Le vrai. C’est bien simple, Ronaldo, c’est le joueur qui m’a fait le plus kiffer dans mon enfance, avec Ronaldinho aussi.
Je peux te dire que dès que j’allais jouer au city stade de mon quartier, je voulais être l’un ou l’autre, direct. C’est le premier joueur brésilien que j’ai connu et j’étais fasciné par tous les gestes techniques qu’il faisait, dès qu’on le voyait faire avec mes potes, on prenait un ballon et on allait essayer de reproduire ses gestes. Mais on essayait seulement, hein (rires). Tu te rappelles en 2002, quand il gagne la Coupe du monde, la coupe de cheveux qu’il avait ? Eh bah, je vais pas te mentir, je me l’étais faite (rires),
« Tu te rappelles en 2002, quand il gagne la Coupe du monde, la coupe de cheveux qu’il avait ? Eh bah, je vais pas te mentir, je me l’étais faite ! »Adrien Regattin
et dans mon quartier, on devait bien être dix à l’avoir tentée. Quand tu la vois maintenant, c’est vrai qu’elle fait mal, mais bon, on avait onze ans, on ne calculait pas, on s’en foutait. J’ai eu son maillot aussi, bon c’était le faux, hein, mais c’était quand même le maillot de Ronaldo. Son plus beau geste, je crois que c’est la virgule qu’il met contre la Lazio (sur Guerino Gottardi, et non pas sur Nesta, comme on a tendance à le penser, ndlr) en finale de la Coupe de l’UEFA 98. Celle-là, pfff… »


12. Christian Jeanpierre

Présentateur Téléfoot

« En un mot : classe. La très grande classe, même. Celle que l’on n’achète pas au coin de la rue ! Celle que l’on n’achète pas du tout, d’ailleurs.
Là, spontanément, j’ai l’image d’un triplé, qu’il avait inscrit avec le PSV Eindhoven, que nous avions passé à Téléfoot. C’était un peu la naissance du phénomène... Et puis, bien sûr, il y a ce but de Terminator face à Compostelle : une course de cinquante mètres, des joueurs qui ressemblent à des Playmobil ; bref, l'impression de voir un extraterrestre. Et puis, par ailleurs, ce mec a toujours été un grand seigneur, sur comme en dehors du terrain. Jamais aucune embrouille avec les arbitres, rien. Je garde un immense regret par rapport à sa blessure au genou. Clairement, il y aura eu deux périodes, un avant et un après. Quel dommage qu’il n’ait pas été épargné par les blessures, car très peu d’attaquants ont un sens du but aussi prononcé… Franchement, j’ai vraiment adoré ce joueur. »


13. Sébastien Frey

Ancien coéquipier de Ronaldo à l’Inter

« J’ai eu la chance de côtoyer beaucoup de grands joueurs, que ce soit en tant que coéquipiers ou adversaires, et Ronaldo restera le meilleur. Mais vraiment le meilleur. Tous joueurs confondus.
Quand on faisait les petits jeux de fin d’entraînement à l’Inter, en 1998 – et là, je te parle de l’Inter de Roberto Baggio, Zamorano, Djorkaeff ; bref, la grande Inter –, généralement, tu composes les équipes en commençant par les gardiens, et bah là non, à chaque fois le premier mec prenait Ronaldo. Moi, j’ai vu des joueurs littéralement s’arrêter pour regarder ce qu’il faisait avec le ballon. Il était vraiment unique, surtout que 1998, c’est avant sa blessure, et là il était vraiment au top. Pour défendre sur lui, tu étais obligé de faire faute, sinon c’était impossible. Suffit de regarder des compilations de lui, c’est une folie, les mecs finissent sur les fesses, hein. D’ailleurs, malgré toutes les stars qu’on avait dans l’équipe, tu sais que les supporters venaient avant tout pour voir jouer Ronaldo, car c’était le spectacle assuré, et en plus un spectacle productif puisqu’il marquait beaucoup. Franchement, c’est le joueur le plus complet que j’ai vu : puissance, rapidité, technique, intelligence. À l’époque, c’était ultra rare de voir un joueur qui avait toutes ses caractéristiques là.
« Pour défendre sur lui, tu étais obligé de faire faute, sinon c’était impossible. Suffit de regarder des compilations de lui, c’est une folie, les mecs finissent sur les fesses, hein. »Sébastien Frey
D’ailleurs, si je faisais partie d’un centre de formation, je passerais en boucle des vidéos de Ronaldo pour montrer ce qu’est un joueur complet. Il faut aussi avoir conscience que le mec est l’un des premiers à avoir fait exploser le merchandising autour des joueurs, les gros spots publicitaires, les chaussures personnalisées, le modèle de chaussures unique, ça été un pionnier dans ces choses-là. Et malgré tout ça, il était d’une modestie et d’une gentillesse incroyables. Tiens, je me souviens qu’en 1998, quelques jours avant Noël, il a fait venir un gros camion Nike au centre d’entraînement où il y avait des cadeaux pour tous les joueurs, que ce soit les stars de l’équipe ou les minots comme moi, et même les membres du staff, les soigneurs et tout, tout le monde, quoi. On avait eu chacun le droit à plusieurs cadeaux, comme une paire de chaussures, une montre, un survêtement et d’autres produits dans le genre. Et ça, il l’a fait tout seul, de sa propre initiative, ça te montre un peu le genre de mec qu’il était. Une fois, quand il jouait à Madrid, je sais que pour son anniversaire, il avait loué un jet privé et avait emmené tous les joueurs de l’équipe dîner à Paris. Alors ok, financièrement il est large, mais rien ne l’oblige à faire de tels gestes.
« Même s’il se fait un repas de plus que les autres ou qu’il boit une bière de plus, le week-end venu tu vas lui dire quoi ? C’était toujours l’homme du match. »Sébastien Frey
De toute façon, c’est impossible d’entendre quelqu’un parler de lui en mal. Déjà le joueur, j’ai du mal à comprendre qu’on puisse ne pas l’aimer, mais alors l’homme, c’est strictement impossible. Tous les gens qui l’ont côtoyé le diront. S’il faisait beaucoup la fête ? Honnêtement, je n’ai pas le souvenir d’un mec qui sortait tant que ça. En revanche, il aimait bien organiser des repas chez lui, où on bouffait, on se marrait, c’était une super ambiance. Et puis de toute façon, même s’il se fait un repas de plus que les autres ou qu’il boit une bière de plus, le week-end venu tu vas lui dire quoi ? C’était toujours l’homme du match, le mec qui répondait présent, tu ne pouvais rien lui reprocher. »


14. Robert Pirès

Ancien international français et consultant beIN Sports

« C’était le plus fort ! Il était en avance sur tout le monde, que ce soit au niveau de la vitesse ou des dribbles. Pour moi, il a révolutionné le football, en quelque sorte.
En 1998, quand on apprend qu’il est malade juste avant la finale, nous on était contents, hein, on ne va pas se mentir. On ne pouvait pas l’arrêter, ce type-là. Il y a une scène dans Les Yeux dans les Bleus où Marcel (Desailly) et Tutu (Lilian Thuram) expliquent à Frank (Lebœuf) que quand il commence à faire des passements de jambes, au bout d’un moment, tu ne vois plus le ballon, et puis juste derrière, tu ne le vois plus lui non plus. Si on avait un joueur du même niveau en équipe de France à ce moment-là ? Non. Clairement, non. Il était dans une autre dimension. Comme on aime bien dire dans le football : il a cassé un paquet de reins. Il doit d’ailleurs en avoir une bonne collection chez lui (rires). Je l’ai rencontré sur des matchs de charité, et le mec est fidèle à lui-même, toujours souriant, de bonne humeur. Tous les mecs que je connais qui l’ont côtoyé ne m’en ont dit que du bien. »

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15. Nicolas Puydebois

Ancien footballeur

« Quand tu me dis Ronaldo, tout de suite, je pense à un passement de jambes. Il maîtrisait tellement bien ce geste, d’ailleurs il a mis un paquet de défenseurs sur le cul avec ça.
Quand t’es défenseur et que tu tombes sur les fesses à la suite d’un dribble, ça doit être très dur à vivre (rires). Et puis le truc, c’est que contrairement à certains joueurs qui maîtrisent le geste, mais qui partent toujours du même côté, lui il s’en foutait il pouvait aller d’un côté comme de l’autre sans souci. Quand tu vois la vitesse à laquelle il enchaînait les cinq-six passements de jambes, c’était incroyable, ça allait tellement vite que tu n’avais pas le temps de déceler le moindre indice.
« T’es clairement sur le type de joueur qui te fait aimer le football. »Nicolas Puydebois
Et quelle adresse devant le but ! Si je devais mettre un bémol sur Ronaldo ce serait uniquement sa coupe de cheveux de 2002 (rires), même si bon, elle est plus simple à assumer quand tu claques un doublé en finale de Coupe du monde. T’es clairement sur le type de joueur qui te fait aimer le football, c’est vraiment grâce à des mecs comme ça qu’on aime ce sport. »


16. Marco Ballotta

Ancien adversaire et coéquipier de Ronaldo

« J'ai vécu sa blessure en finale de Coupe d'Italie 2000, c'était vraiment tragique. Sur le terrain, on a bien entendu le bruit du tendon qui se pétait, on a compris tout de suite que c'était quelque chose de grave. Il était sur le carreau depuis un moment et il venait justement de faire son retour à la compétition. Même si c'était un adversaire, tu ne pouvais être que désolé pour lui. Je l'ai d'ailleurs retrouvé comme coéquipier la saison suivante, il n'a pas joué de la saison et était en rééducation, mais c'était beau d'avoir un mec aussi charismatique dans le groupe, il transmettait énormément de choses. »

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17. Mark Iuliano

Ancien footballeur

« C'était à la fois le pire cauchemar pour les défenseurs, mais aussi le plus beau rêve, car se mesurer à la technique et la rapidité d'un tel attaquant vous motivait au plus haut point et vous obligeait à vous améliorer. Et même après ses blessures. Quand j'ai joué à Majorque, il était au Real, tout le stade l'appelait "gordo" et lui la mettait au fond à chaque ballon touché. Un joueur extraordinaire, un des meilleurs attaquants de tous les temps, mais aussi un garçon qui, selon ses proches, est un vrai ami sur lequel on peut compter. Auguri Ronaldo ! »



18. Alexandre Ruiz

Présentateur beIN Sports

« Ronaldo, pour moi, c’est un sourire. C’est d’ailleurs pour ça que je garde un souvenir douloureux de cette terrible blessure où les larmes lui ont enlevé ce jour-là son éternel sourire.
Tu sentais un mec profondément heureux. D’ailleurs, au Real, il était super proche d’Ivan de la Pena qui disait que Ronaldo n’arrêtait pas de faire le con, qu’il était vraiment tout le temps en train de se marrer. C’est un mec qui profite de la vie, tout simplement. Je pense qu’il est très difficile de juger des joueurs qui n’ont pas joué à la même époque, mais pour moi, de ce que j’ai eu la chance de voir sur ces trente dernières années, c’est l’un des plus grands, sans aucun conteste. Tout le monde parle de son but formidable face à Compostelle, mais moi ce qui m’a le plus marqué, c’est un dribble qu’il met à Geli qui jouait alors avec l’Atlético de Madrid. C’est bien simple, je n’avais jamais vu un tel dribble. C’était tellement foudroyant, réalisé avec une telle fulgurance. Incroyable. »


19. Omar da Fonseca

Ancien footballeur argentin et consultant beIN Sports

« Ronaldo, ça a été un précurseur en Amérique du Sud, car à l’époque, les joueurs ne partaient pas si jeunes que ça en Europe, et encore moins les Brésiliens.
Le Brésil n’a vraiment ouvert le robinet qu’à la fin des années 90, avant les joueurs partaient plus vieux, vers vingt-cinq, vingt-six ans, lui est parti à dix-huit ans et il a réussi à s’imposer. Ça a été clairement un fer de lance. Ça a également été l’un des premiers à incorporer l’aspect athlétique au Joga Bonito. Il savait tout faire avec le ballon. Tout. Il avait une telle habileté balle aux pieds, il pouvait dribbler dans un tout petit périmètre, à l’image de Messi, sauf que Messi a un centre de gravité bas, lui y arrivait malgré sa taille, c’est comme s’il avait un aimant dans les chaussures. On n’avait jamais vu un mec qui marquait des buts comme ça, chaque fois qu’il prenait le ballon, tu avais l’impression qu’il disait : "Laisse-moi faire petit, je vais m’en occuper."
« Chaque fois qu’il prenait le ballon tu avais l’impression qu’il disait : "Laisse-moi faire petit, je vais m’en occuper." »Omar da Fonseca
Et quand il accélérait, c’était un véritable turbo, il ne manquait plus que la fumée derrière lui. Il passait la cinquième et c’était terminé pour le défenseur. Pourvu que le foot reproduise des joueurs comme ça. Ah ouais, que la nature nous renvoie des joueurs comme lui le plus vite possible ! Chez nous, en Argentine, certains mecs, qui vivent encore dans les années 30, disent qu’on ne peut pas défendre un Brésilien, moi je m’en bats les bonbons qu’il soit brésilien, chinois ou je ne sais quoi, je veux juste en profiter ! »


20. Sonny Anderson

Ancien coéquipier de Ronaldo en Seleção et consultant beIN Sports

« J’ai eu la chance de jouer avec lui en sélection, et je peux te dire que c’est un vrai phénomène. Il n’a pas volé son surnom. De toute ma carrière, je n’ai jamais joué avec un joueur de ce niveau-là. Jamais.
C’est le plus grand, en tant que joueur, mais aussi en tant qu’homme. Quand je suis arrivé à Barcelone, c’était pour le remplacer et on n’avait pas encore eu l’occasion de se rencontrer, et bah je me souviens qu’un jour, il est venu à Barcelone exprès pour qu’on aille manger ensemble, qu’on apprenne à se connaître. Et quand je suis appelé pour la première fois avec l’équipe nationale, c’était lors d’une tournée en Asie, comme il savait que c’était ma première sélection, il s’était un peu occupé de moi, on restait beaucoup ensemble, notamment pour aller visiter la ville. Derrière, on est restés en contact, car c’est quelqu’un qui est très fidèle en amitié. En ce qui concerne le joueur, il y a évidemment ses passements de jambes dont tout le monde parle, mais, quand même, la vitesse à laquelle il les enchaînait, tu ne vois ça nulle part ailleurs.
« Il a marqué l’histoire du football. Et, encore aujourd’hui, quand on parle de Ronaldo, on rajoute toujours "le vrai". »Sonny Anderson
Il avait vraiment des appuis phénoménaux. À l’entraînement, on est plus décontracté, et c’est vrai que tu le voyais faire des choses impressionnantes, dans ses contrôles de balle, ses dribbles, ses tirs, il n’y avait aucun déchet. La fête ? Oui, c’est vrai qu’il aimait bien ça, mais comme tout le monde, sauf que quand vous êtes Ronaldo tout de suite ça fait plus parler. De toute façon, il a toujours assumé ce côté-là, et puis ça ne l’empêchait pas d’être performant sur le terrain. Il a tout de même réussi à faire ce que beaucoup de footballeurs rêveraient de faire. Il a marqué l’histoire du football. Et, encore aujourd’hui, quand on parle de Ronaldo, on rajoute toujours "le vrai". »

La suite dans quelques heures sur Sofoot.com

Par Gaspard Manet, Arthur Jeanne et Valentin Pauluzzi Tous propos recueillis par Gaspard Manet, sauf ceux de Zamorano et Contreras par Arthur Jeanne, et ceux de Ballotta et Iuliano par Valentin Pauluzzi
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Dans cet article

Genghini s’égare grandement là, Ronaldo est loin devant Platini... il n'y a même pas débat. Restons sérieux là
Messi derrière aussi.
Note : 1
Message posté par Franz
Genghini s’égare grandement là, Ronaldo est loin devant Platini... il n'y a même pas débat. Restons sérieux là
Messi derrière aussi.


Honnêtement je ne saurais dire si Messi est derrière Ronaldo en toute franchise. Tu me diras que l'un a été nettement plus titré que l'autre en équipe nationale. Certes.
Pour autant quitte à choquer, je pense que sans Ronaldo le Brésil aurait eu exactement le même palmarès entre 1997 et 2006.
Vu que tu connais bien le foot regarde bien qu'il s'agisse des Copa ou des Coupes du Monde sur cette période.
En C1 qu'il a quand même suffisament joué, il n'a jamais fait une campagne entière inoubliable, au mieux quelques matchs de légende la faute biensûr à des blessures. A une époque où la C1 cannibalisait déjà tout et offrait à des 3èmes voire des 4 èmes de Série A la possibilité d'y participer.
Avec le Real, idem même s'il n'était déjà plus le joueur qu'il fut.

En fait pour être honnête Ronaldo n'a jamais été mon idole ( c'est peut-être le plus grand 9 moderne). Sa période la plus glorieuse (PSV et Barca) correspond pour moi à un relatif désintérêt pour le football. Et puis une bonne partie de sa carrière j'étais déjà un adulte, pas de terrain de foot où j'ai voulu me prendre pour lui.
Bien que pas du tout spécialiste du Rugby j'ai toujours fait un parallèle entre lui et le regretté Jonah Lomu qui apparurent aux yeux du monde ébahi quasiment en même temps et semblèrent être des athlètes 2.0 alors qu'on est à l'internet 250 Mo.
Ils n'ont pas incarné une révolution technique mais plutôt athlétique. Le but de R9 en 1996 avec le Barca face a Compostelle est en ce sens révélateur. Sans sa puissance athlétique il n'inscrit jamais ce but, il fait plusieurs fois des erreurs techniques où il pousse trop le ballon qu'il rectifie a la vitesse du son avec que les défenseurs ne puissent réagir.
http://sport.gentside.com/fc-barcelone/ … 23303.html
Attention techniquement il était hors norme, mais c'est sa vitesse, sa rapidité gestuelle et sa capacité d'extension de la jambe droite en pleine course qui l'a rendu unique dans ses meilleures années plus qu'une intelligence de jeu, un sens du placement ou le fait d'être un joueur complet.
Ceci dit c'est un des 3 plus grands talents de l'après Maradona avec Messi et Ronaldinho, chacun à son sommet (au Barca) a semblé intouchable.
La Verrati si je mens Niveau : Loisir
Note : -1
Message posté par Franz
Genghini s’égare grandement là, Ronaldo est loin devant Platini... il n'y a même pas débat. Restons sérieux là
Messi derrière aussi.


euh si il y a débat je suis d'accord avec Genghini.
Un 9 me fera toujours moins rêver qu'un 10.
Et en plus dans le genre Gerd Müller était meilleur.
Note : 1
Message posté par aerton
Honnêtement je ne saurais dire si Messi est derrière Ronaldo dans le Hall of Fame . Tu me diras que l'un a été nettement plus titré que l'autre en équipe nationale. Certes.
Pour autant quitte à choquer, je pense que sans Ronaldo le Brésil aurait eu exactement le même palmarès entre 1997 et 2006.
Vu que tu connais bien le foot regarde bien qu'il s'agisse des Copa ou des Coupes du Monde sur cette période.En Copa certaines éditions où il a été absent le Seleçaõ a été tout aussi performante. En 2002 il fait quasiment jeu égal avec Rivaldo jusqu'en finale où les 2 buts qu'il inscrit viennent de ce dernier. Frappe repoussée par Kahn et il laisse filer la balle entre ses jambes pour créer un décalage. Vu l'écart de talent entre le Brésil et cette Manschaaft, il est quasiment certain que les Auriverdes auraient été titrés.
En C1 qu'il a quand même suffisament joué, il n'a jamais fait une campagne entière inoubliable, au mieux quelques matchs de légende la faute biensûr à des blessures. A une époque où la C1 cannibalisait déjà tout et offrait à des 3èmes voire des 4 èmes de Série A la possibilité d'y participer.
Avec le Real, idem même s'il n'était déjà plus le joueur qu'il fut.

En fait pour être honnête Ronaldo n'a jamais été mon idole ( c'est peut-être le plus grand 9 moderne). Sa période la plus glorieuse (PSV et Barca) correspond pour moi à un relatif désintérêt pour le football. Et puis une bonne partie de sa carrière j'étais déjà un adulte, pas de terrain de foot où j'ai voulu me prendre pour lui.
Bien que pas du tout spécialiste du Rugby j'ai toujours fait un parallèle entre lui et le regretté Jonah Lomu qui apparurent aux yeux du monde ébahi quasiment en même temps et semblèrent être des athlètes 2.0 alors qu'on est à l'internet 250 Mo.
Ils n'ont pas incarné une révolution technique mais plutôt athlétique. Le but de R9 en 1996 avec le Barca face a Compostelle est en ce sens révélateur. Sans sa puissance athlétique il n'inscrit jamais ce but, il fait plusieurs fois des erreurs techniques où il pousse trop le ballon qu'il rectifie à la vitesse du son avant que les défenseurs ne puissent réagir.
http://sport.gentside.com/fc-barcelone/ … 23303.html
Attention techniquement il était hors norme, mais c'est sa vitesse, sa rapidité gestuelle et sa capacité d'extension de la jambe droite en pleine course qui l'a rendu unique dans ses meilleures années plus qu'une intelligence de jeu, un sens du placement ou le fait d'être un joueur complet.
Ceci dit c'est pour moi sans aucun doute en raison de ses points forts, un des 3 plus grands talents de l'après Maradona avec Messi et Ronaldinho, chacun à son sommet (au Barca) a semblé intouchable.


@Franz
Note : 1
désolé bug
Message posté par Attaque-Defonce
Après mon départ en mode pétage de câble, je ne voulais plus commenter, mais pour le "vrai" Ronaldo, je suis obligé.

Je pense que Cristiano Ronaldo ne sera jamais considéré comme une légende du football car, en plus d'être un produit marketing assez artificiel (je ne parle pas de performances mais de sa personnalité lisse et monomaniaque, surtout depuis qu'il est au Real) et un joueur pour Kéké, il a eu le mauvais goût d'emprunter à la légende brésilienne son surnom.

Ce qui me désolé en 2016, c'est de me dire que pour beaucoup de jeunes, Messi et Ronaldo sont les plus grands joueurs de tous les temps.

La vérité c'est que ma génération (j'ai bientôt 27 ans), on connaissait les joueurs d'avant parce qu'on aimait le football passionnément et pas comme des vaches laitières moutonisés et décérébrés. On a tous vu l'intégral de France-Allemagne 82, Allemagne-Italie 70 et d'autres matches mythiques avec les grands joueurs de nos parents/grands-parents.

Mais on a eu la chance d'être contemporain du plus grand joueur de tous les temps en tant qu'enfant, là où les émotions et les souvenirs sont encore plus puissants, car ce sont les premiers, ceux qui te forgent.

Zidane et Ronaldinho étaient gigantesques aussi, mais Ronaldo... Le monsieur s'est blessé à maintes reprises, avait une hygiène de vie digne de Syd Vicious... Bah c'était quand même le meilleur.

S'il avait eu l'hygiène de vie de Cristiano Ronaldo, je n'ose même pas imaginer la carrière qu'il aurait eu : 10 ballons d'or, cinq coupes d'Europe, peut-être une troisième coupe du monde en 2006...

Surtout, il affichait des statistiques de porc à une époque où les défenseurs étaient bien plus talentueux, durs sur l'homme et les arbitres bien plus laxistes. Parce que Sammer, Thuram, Baresi, Maldini, Dessailly, Ayala, Keown, Stam, les frères De Boer, Hierro, Mihajlovic, Tudor, Soldo et autres Couto, c'était quand même autre chose que Piqué, Ramos et tous ces défenseurs techniques mais vraiment pas agressifs au duel. Des mecs qui auraient envoyé Messi en asile psychiatrique et Cristiano Ronaldo se lancer dans une brillante carrière de natation synchronisée... Soi tu passais, soit le ballon, mais pas les deux.

Bah Ronaldo, il passait. Il passait avec le ballon. Parfois, il se baissait et prenait le temps de faire un petit massage au défenseur qu'il venait d'humilier pour lui remettre le bassin en place après l'avoir totalement désossé d'un dribble impossible à voir à vitesse normale.

Ronaldo était le plus grand et je ne crois pas que le football, déclinant, sport où les enjeux marketing ont pris le pas sur l'émotion, puisse de nouveau nous offrir un tel joueur, n'en déplaise à Da Fonseca.

Ce mec, c'était plus que des stats ou des buts, c'était du plaisir. Du pur plaisir. Une machine, certes, mais profondément humaine et faillible.


Attaque defonce blague à part tu n'as que 27 ans?
et je suis sérieux c'est pas un troll.
Vu comment tu parlais de l'OM, du foot anglais d'avant la PL ( encore que ca tu peux trouvais de la doc) je suis hyper surpris.
Tu voulais pas mettre 37 ans ou 47 ans ?
Attaque-Defonce Niveau : CFA
Note : 1
Message posté par aerton
Attaque defonce blague à part tu n'as que 27 ans?
et je suis sérieux c'est pas un troll.
Vu comment tu parlais de l'OM, du foot anglais d'avant la PL ( encore que ca tu peux trouvais de la doc) je suis hyper surpris.
Tu voulais pas mettre 37 ans ou 47 ans ?


J'en ai même encore 26. J'ai juste eu la chance d'avoir un père qui racontait bien les histoires et j'ai maté beaucoup de docu et lu pas mal de bouquins sur le jeu... J'ai aussi pas mal claqué ma thune dans des rades londoniens à discuter du bon vieux temps avec des supporteurs old school, qui suivent maintenant les matches de Football League Two parce qu'ils ne se reconnaissent plus dans la Premiere League, considérée par les vrais de vrais comme une attraction touristique.

D'ailleurs, les fameux "vrais de vrais" préfèrent Lee Sharpe à Ryan Giggs.... Oui, je suis un gros fake.
Là ou j'hallucine toujours c'est que j'ai pu constater que dans différentes parties du monde, les gens disent et font toujours la fameuse distinction, "Pas le Ronaldo actuel, le vrai".

Je l'ai entendu dans plusieurs langues. Là ou c'est d'autant plus cocasse c'est que Cristiano a aussi une carrière énorme.

Mais y a le vrai et le faux dans l'esprit des gens.

Comme beaucoup de ses compatriotes, c'est quand il était jeune qu'il était monstrueux.

Un sens du but extraordinaire.
Note : 3
Sur Ronaldo, il y a beaucoup à dire, tant pour mythifier que pour démystifier.

Il y a un point sur lequel j'aurais envie d'insister : NIKE.

Ronaldo, c'est Nike, c'est l'icône absolue de Nike, et c'est aussi Pirelli, "sans maîtrise, la puissance n'est rien", Ronaldo, c'est un mythe orchestré de toutes pièces, pas le seul, mais le premier de cette manière. Il y a eu un énorme matraquage pour nous expliquer que c'était LE meilleur joueur du monde, comme jamais auparavant.

Ronaldo a-t-il été le meilleur joueur du monde, si tant est que ces mots aient un sens ? Oui, sans doute, et surtout, il fait partie des rares joueurs à l'avoir été à vingt ans : Pelé, Maradona, Messi et lui. Qu'il y ait davantage de Maradona en Messi qu'il n'y eût de Pelé en Ronaldo, je pense qu'on sera tous d'accord là-dessus. Mais oui, Ronaldo a été au-dessus des autres footballeurs. Pas longtemps.

Parce que Ronaldo, c'est 96-98, et ensuite un mois en 2002, la résurrection, le truc qui tue. Derrière, bon, il passe quatre ans au Real en gagnant en tout et pour tout une Liga, kilos en trop, traîtrise d'aller au Milan AC qui gagne la C1 sans lui (il était pas qualifié), re-blessure, Brésil, vacances, toujours plus de kilos en trop, retraite.

C'est la coupe du monde 2002 (si mal-aimée partout) qui fait que Ronaldo est Ronaldo. Et je ne suis pas d'accord avec aerton, quand il dit que ce Brésil aurait gagné la coupe du monde sans lui. Ce Brésil a galéré comme pas possible en éliminatoires, n'a subi sans lui que des humiliations pendant trois ans, a été divisé au moment de l'annonce de la liste entre pros et antis Romario (qui n'a pas été pris alors qu'il avait plusieurs fois sauvé la mise aux auriverde durant les qualifs), ce qui oblige Scolari à tenter une sorte de 361 ultramodulable. Ronaldo met huit buts, ce qui n'avait pas été fait depuis près de trente ans à l'époque, et n'a pas été refait. Le type était donné pour mort pour le football deux ans avant et comme d'autres l'ont souligné, il fait le plus grand come-back de l'histoire du football.

(hasard ou coïncidence, les deux autres figures de proue de Nike à la période de Ronaldo sont Michael Jordan, l'homme aux mille come-backs, et Lance Armstrong, l'homme du plus grand retour de l'histoire du sport, hasard ou coïncidence, n'est-ce pas)

Pour chaque très grand joueur qui part à la retraite, il y a un regret : "saleté de Hitler" pour Sindelar, "foutue guerre froide" pour Puskas, "il n'aura pas joué en Europe" pour Pelé, "il était Irlandais" pour Best, "il n'a pas gagné la Coupe du Monde" pour Cruyff, "quel dommage qu'il ait été défenseur" pour Beckenbauer, "que Schumacher/Paolo Rossi brûle en Enfer" pour Platini/Zico, "qu'est-ce qu'il aurait donné sans la drogue" pour Maradona, "parti si vite" pour Van Basten, "penalty" pour Baggio "pourquoi Zinédine, après tout ce que tu as fait" pour Zidane (préparons-nous à "mais quel branleur" pour Ronaldinho, avant "mais ces types avaient-ils une âme" que ce sera pour Messi et Cristiano Ronaldo).

Pour Ronaldo, il y aura eu le tunnel 98-2002, ce statut tellement précaire mais in fine confortable de "meilleur joueur du monde en exil", une sorte de Dalaï-lama du foot (le crâne rasé). C'est à cette époque-là que ce construit, vraiment la légende de Ronaldo, c'est un moment de tous les fantasmes : le type a perdu quatre ans de sa carrière, hop, en plein milieu, il ne s'est rien passé entre la Coupe du Monde 98 et la Coupe du Monde 2002, le vide. Quelle aurait été la carrière de Ronaldo sans cette traversée du désert ? Qu'aurait-il fait ? On ne saura jamais, mais ça accroit la légende de Ronaldo, le "vrai", le Jon Snow d'il y a quinze ans (avec le professeur Saillant dans le rôle de Mélisandre quand elle enlève son collier).

Curieux, d'ailleurs, ces histoires de Ronaldos. Il y avait Ronald Reagan et Ronald McDonalds, il y eut en même temps Ronald "Ron" Weasley, et en football, il en vint trois coup sur coup,à environ quatre ans d'intervalle :
Ronaldo Luis Nazario de Lima, dit Ronaldo, dit donc "le vrai", le premier, qui devient le meilleur joueur du monde, celui dont on parle depuis tout à l'heure.
Ronaldo de Assis Moreira, dit Ronaldinho, donc le "petit Ronaldo", qui a donc fait une carrière de "petit Ronaldo", c'est à dire juste la phase 96-98 (entre 2004 et 2006, donc, où il est injouable) et pas la résurrection de 2002 (il n'a été l'homme clé d'aucun Mondial pour le Brésil et laisse globalement une impression d'inachevé avec la Seleçao) avant de se laisse entraîner, comme son aîné, par une hygiène de vie fluctuante et un professionalisme à géométrie variable sans à avoir eu à affronter les mêmes blessures que lui).
Enfin Cristiano Ronaldo dos Santos Aveiro, dit Cristiano Ronaldo, dont le "Ronaldo chrétien", une sorte de Christ footballistique qui ne serait pas le fils de Dieu mais d'Alex Ferguson, et serait une sorte de Dieu de justice, vengeur dénué de la folie de ses aînés (qu'il aura progressivement et à la vue de tous fait s'évanouir, prêchant l'efficacité avant tout et symbolisant mieux que quiconque le football de son époque, d'ailleurs il prêche la sobriété partout, on a suffisamment l'occasion de le voir torse-nu pour constater que c'est l'un des derniers footballeurs à militer ostensiblement contre cette mode assez pathétique du tatouage). Je prends les paris qu'il arrêtera sa carrière à la fin de la saison prochaine, soit à 33 ans, au top, c'est déjà prévu avec Nike.

Nike est d'ailleurs l'autre point commun persistant entre R9, R10 et CR7. Tout cela est-il bien réel ? Je digresse trop, mais j'avais prévenu, il y a mille choses à dire sur Ronaldo. L'échec du projet des Galactiques, notamment, vraisemblablement le projet le plus ambitieux jamais vu. Ce projet reposait sur la projet des "Zidanes" y des "Pavones", et Ronaldo ne fut clairement pas le moins à blâmer des "Zidanes". Y a-t-il eu une justice à voir Ronaldo si peu gagner avec le Real après avoir porté le maillot du Barça, puis se blesser avec le Milan alors que l'Inter lui avait absolument et exactement tout donné ? Et comme par hasard, deux équipes Adidas... L'histoire est absolument parfaite, jusqu'au choix des costumes, c'est ahurissant.

D'ailleurs, l'icône Adidas contemporaine de Ronaldo, c'est Zidane. La rivalité Zidane-Ronaldo est celle de ma génération, bien moins agressive que celle entre Messi et Cristiano actuellement, mais elle était réelle. J'ai toujours préféré Zidane, aussi magique que le Brésilien quand il avait le ballon dans les pieds, aussi "clutch" (voire davantage), mais plus tourné vers le collectif, moins tourné vers le but, objet pour lui curieux qui ne l'attirait que quand c'était absolument nécessaire pour ses coéquipiers, les rares fois où il n'arrivait pas à faire en sorte qu'ils s'en chargent pour lui. Personnage aussi plus énigmatique, Zidane, je trouve, Zidane dont on sait tout de ce qu'il a fait, et rien de ce qu'il a pu penser.

Ceci sans rien enlever à Ronaldo, bien sûr. Il manque terriblement au foot actuel. D'où cette autre question : que ferait donc le foot actuel de Ronaldo ?
Attaque-Defonce Niveau : CFA
Je crois que c'est le meilleur commentaire que j'ai lu depuis des années.

Le genre qui te fait prendre conscience que toi aussi (c'est un "tu" général), tu n'es qu'un mouton...

Merci.

J'ai vibré quasiment autant que pour le deuxième but de Griezmann contre l'Allemagne.

D'ailleurs Griezmann, sa célébration sortie de nulle part en plein Euro alors qu'auparavant, il imitait le plus souvent Usain Bolt (voire parfois, CR7)... Ça aussi ça pue le produit marketing...

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