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33 matchs, 1 point. 9 buts pour, 253 contre

Cette saison du SpVgg Burgbrohl restera dans les annales du football allemand. Néanmoins, ce serait trop facile de dire que le club de Rhénanie-Palatinat a été nul. Les tumultes qu'a connus l'équipe et l'aventure qui a suivi forcent le respect.

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Burgbrohl, quelque part entre Bonn et Coblence, à quelques encablures du Rhin. D'habitude, la vie est plutôt tranquille dans ce village d'un peu plus de trois mille habitants, au nord du lac de Laach. Sauf que cette année aura été particulièrement agitée, notamment pour le club phare du coin, le SpVgg Burgbrohl. Engagé en Oberliga (5e division) Rhénanie-Palatinat/Sarre pour la cinquième année de suite, l'équipe première de football s'est pris rouste sur rouste : des 0-8 par ci, des 6-1 par là... Notamment en seconde partie de saison, où les adversaires ont pris un malin plaisir à renvoyer les joueurs de Burgbrohl chez eux avec au moins une dizaine de buts au compteur. Si bien qu'à l'aube de la 33e journée et du dernier match à domicile face au FC Karbach, le SpVgg Burgbrohl, dont la descente en Rheinlandliga était acquise depuis un long moment déjà, n'avait pris qu'un seul point, s'était déjà incliné à 31 reprises, n'avait marqué que huit buts et en avait concédé 242.

Un point à la trêve


Pour comprendre comment un club qui n'avait rien d'un néophyte à ce niveau-là a pu réaliser une saison en tous points catastrophique, il faut remonter près d'un an en arrière. À l'intersaison, de nombreux joueurs avaient fait le choix de partir de Burgbrohl, qui avait terminé à une modeste quatorzième place en Oberliga. Très vite, il a fallu trouver des joueurs, et les rémunérer. Ce qui ne fut pas une mince affaire. Avec un groupe restreint et bricolé à la va-vite, le SpVgg Burgbrohl savait qu'il passerait une saison difficile. Mais ne s'attendait sûrement pas à finir la phase aller avec un petit point au compteur et une différence de buts de -56. Et il s'attendait encore moins à ce que presque tous les joueurs – à l'exception du gardien – décident de rompre leur contrat et de quitter le navire lors de la trêve hivernale, alors que celui-ci était en train de sombrer. Un temps, la direction a songé à jeter l'éponge et à simplement déclarer forfait pour le reste de la saison. Sauf que la Fédération régionale de football du Sud-Ouest de l'Allemagne (Fussball Regional Verband Südwest, en VO), dont dépend le SpVgg Burgbrohl s'est montrée réticente à l'idée. Pire, elle a même exigé qu'une amende de 100 000 euros soit payée en cas de retrait de l'Oberliga. Impensable pour un club qui compte 470 membres, en section football, « mais aussi en badminton, en cyclisme, en gymnastique, en volleyball, ou encore en athlétisme » , pose le président Ralf Dünchel.


Il a donc fallu trouver une solution. Et à moindre coût, si possible. D'autant plus qu'une menace pèse toujours sur le SpVgg Burgbrohl : si le club n'est pas en mesure d'aligner une équipe en Oberliga, l'équipe première sera reléguée en Kreisliga D (le plus bas échelon du football allemand, équivalent de 11e division), tout comme l'équipe réserve. Inacceptable pour l'entraîneur de cette dernière, Thorven Fiedler, enfin leader de Kreisliga C (10e division) avec une équipe qu'il dirige depuis deux ans et demi. « Je ne voulais pas qu'on nous enlève ça » , raconte Fiedler, qui décide donc de prendre le problème à bras-le-corps. « Nous sommes allés recruter des joueurs supplémentaires en Kreisliga, de telle façon à ce qu'on a pu ajouter des joueurs à l'équipe réserve pour assurer la montée, et monter un effectif pour jouer l'Oberliga. » Deux équipes de 18 joueurs sont constituées, avec la possibilité de faire monter des joueurs de la réserve en équipe première, et en faire descendre d'autres, « sauf en défense, histoire d'avoir une stabilité relative » .

Cinq divisions au-dessus


Sauf que tout cela est loin d'être évident. Des joueurs de dixième division qui se retrouvent à jouer d'un coup cinq divisions plus haut, cela a beau être un rêve, c'est loin d'être une sinécure. 0-9, 0-10, 0-8, 0-25... Semaine après semaine, les roustes s'enchaînent pour le SpVgg Burgbrohl. « Oui, on s'est pris des cartons » , concède Fiedler, tout à fait réaliste. « En même temps, ce n'était pas toujours évident pour les gars d'enchaîner les matchs. Surtout que certaines semaines, il nous arrivait de jouer trois fois ! Dans les autres équipes, les joueurs ont des employeurs qui savent qu'ils jouent en Oberliga, ils les libèrent pour qu'ils puissent se rendre aux entraînements, aux matchs... Moi, j'ai à ma disposition des lycéens, des étudiants, des policiers, des employés de bureau. C'est pas toujours facile de trouver des joueurs pour faire les trajets les jours de match ! » Surtout quand il s'agit de faire deux heures de route pour aller prendre une fessée au fin fond de la Sarre. « Un jour, j'avais un match important en Kreisliga C avec mon équipe réserve, je n'ai pas pu faire le déplacement. En Oberliga, on était tout juste assez de joueurs pour un match en Sarre. On a un joueur qui est sorti blessé, le dirigeant sur place a dû le remplacer, le joueur s'est fait recoudre sur place, on a perdu 25-0 finalement. Bref, l'horreur. »

Heureusement, avec le temps, les joueurs, majoritairement sceptiques au départ, ont fini par assumer leur statut de sparring-partner. « Ils avaient compris que l'essentiel, c'était que l'on joue, quitte à prendre une valise, mais qu'il ne fallait pas déclarer forfait, pour ne pas tout foutre en l'air » , analyse Fiedler. Même les autres équipes d'Oberliga ont fini par avoir du respect pour cette équipe qui boxe dans une catégorie qui n'est pas la sienne. « Au départ, nos adversaires étaient un peu méfiants. Les joueurs de Kreisliga ont la réputation de mettre des coups, d'insulter à tout-va, raconte Fiedler. Nous, on voulait montrer exactement le contraire. On voulait faire preuve de fair-play. Finalement, ça s'est bien passé, nous n'avons presque pas pris de cartons jaunes. Même les supporters adverses finissaient par nous acclamer. Et à la fin, on avait même quelques cadeaux, comme une caisse de bières fraîches pour les gars, pour s'être bien battus malgré la différence de niveau. »

La dernière rouste à domicile...


La bière coule déjà à flots au Rhodius-Stadion en ce samedi après-midi, pour la réception du FC Karbach, sixième au classement avant cette 33e journée, et qui s'était déjà imposé 8-0 lors du match aller. Dans une ambiance bon enfant, une soixantaine de supporters des deux camps sont venus assister au dernier match à domicile du SpVgg Burgbrohl, dont les souffrances doivent bientôt prendre fin. « On lit depuis un moment que c'est difficile pour eux, explique ce couple de retraités. Alors on est venus voir. » Et ils ont vu. Thorven Fiedler n'attend pas grand-chose de ses joueurs, si ce n'est qu'ils fassent bonne figure, et si possible qu'ils ne prennent pas de but dans les dix premières minutes. Raté : d'entrée, le FC Karbach étouffe son hôte du jour, et ouvre le score dès la quatrième minute. Mis à part sur l'engagement, le SpVgg Burgbrohl ne franchit que très rarement la ligne médiane. Lassé d'avoir le ballon dans son camp, le milieu Felix Gamroth balance un lob qui est tout près de tromper le gardien de Karbach. Cette tentative est acclamée par la foule, comme si Burgbrohl venait de marquer. Hormis cette éclaircie, les joueurs de Kreisliga ne voient pas le jour, sont dépassés sur toutes les actions, et rentrent aux vestiaires après avoir encaissé sept buts de la part des visiteurs.


... et la délivrance


La seconde période est à l'image de la première, à ceci près que Karbach ne force plus vraiment. Sur la touche, Thorven Fiedler continue de haranguer ses joueurs, malgré les quatre nouveaux buts inscrits par Karbach. Et, alors que tout le monde pensait que Burgbrohl allait une fois de plus finir la rencontre sans avoir fait vaciller le tableau d'affichage, Daniel Flurche, numéro 11 dans le dos, s'échappe, voit le gardien de Karbach une nouvelle fois avancé et tente le lob. But. Et explosion de joie au Rhodius-Stadion. Les supporters adverses applaudissent, les locaux hurlent leur joie, l'entraîneur adjoint saute dans tous les sens, et toute l'équipe court vers le buteur pour le féliciter. Burgbrohl vient d'inscrire son premier but depuis décembre 2016 et, qui plus est, grâce à un joueur qui évolue d'habitude cinq étages en dessous. « Quand on a monté les deux équipes l'hiver dernier, on avait plusieurs objectifs, raconte Fiedler en sirotant une bière, visiblement soulagé. On voulait monter en Kreisliga B avec la réserve, nous qualifier pour la finale de Kreispokal (coupe de la Kreisliga), et puis jouer tous les matchs d'Oberliga. On a réussi. Mais jamais je n'ai demandé à mes joueurs d'essayer de marquer un but. Je savais que c'était quasiment impossible. Eux, ils en parlaient entre eux, et finalement, que ça arrive à la dernière minute du dernier match à domicile, c'est fantastique. » Un but lors d'une défaite 1-11, c'est probablement le plus beau souvenir que garderont ces joueurs de Kreisliga, au cours d'une saison en tous points extraordinaire.



Par Ali Farhat, à Burgbrohl
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