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24 heures Calcio

Ce week-end, pas de place pour les autres championnats. Oubliez le Barça et Manchester United : pendant 24 heures chrono, c'est en Italie que tout se passe.

Si le calendrier avait voulu faire mieux, il n'aurait pas pu. Deux semaines d'attente, de rumeurs, de provocations. Beaucoup trop. Beaucoup trop lorsque l'on sait qu'au bout de ces interminables 14 jours, il y a le plus crémeux de ce que le championnat d'Italie peut offrir. En général, chaque week-end permet de se régaler d'une affiche. Allez, deux, au mieux. L'attente a été double, donc le spectacle aussi. Ni une, ni deux, mais quatre rencontres décisives pour une journée qui va marquer, quoiqu'il advienne, la fin de la saison. Six des sept premières équipes s'affrontent, dont le choc fratricide entre les deux premiers. A cela s'ajoute un derby sicilien chaud bouillant, qui déchaîne les passions autant que les derbys de la péninsule italienne. C'est la journée de tous les dangers, une journée de passion, d'anecdotes et d'enjeux. Et le mieux, c'est que tous les matches se jouent à la suite.

Samedi, 20h45

Milan AC (1er) – Inter Milan (2ème)


L'adage dit "garder le meilleur pour la fin". Bon. Ce coup-ci, ce sera "le meilleur pour le début". Milan-Inter, un derby au sommet, ou un bon remake de la Fièvre du samedi soir. Travolta en moins. Le suspens en plus. En effet, l'équation est simple: le Milan AC, premier, compte deux points d'avance sur l'Inter, seconde. Pour la jouer simple : en cas de victoire de ses hommes, Leonardo pourrait momentanément poser son classieux postérieur sur le trône de la Série A. A l'inverse, une défaite reviendrait presque à offrir le Scudetto sur un plateau au rival (et ex-amant) rossonero. Un crime de lèse-majesté. Un blockbuster à enjeux, donc, puisqu'outre le choc à proprement parler, en cas de match nul, les deux Milanaises pourraient être les dindons d'une farce à la Napolitaine. Une mauvaise blague que les fanfarons Eto'o, Sneijder, Cassano ou encore Robinho tenteront de faire tomber à l'eau, en essayant juste d'écœurer leur cousin abhorré. Tout ça sans le cuistot à toque Zlatan, suspendu un match de trop, et dégoûté. Ce samedi soir sera donc une affaire de rivalité. Une rivalité melonesque entre artistes, une rivalité locale aussi, entre deux ennemis jurés d'une même ville, et une rivalité régionale, puisqu'en cas de résultat nul, le Sud, par le biais du Napoli, pourrait venir pointer le bout de son nez dans la course au Scudetto. Et en connaissant Silvio Berlusconi, il paraitrait assez risqué de miser ne serait-ce qu'une vieille lire sur un score de parité.



Dimanche, 12h30

Napoli (3ème) – Lazio Rome (5ème)


On dort. On fait la grasse mat'. Et bim. A l'heure du repas : le choc entre les deux équipes qui portent les couleurs du ciel. Naples-Lazio. Un match pour la Ligue des Champions. Un match peut-être aussi pour le Scudetto, si les Napolitains venaient à profiter de l'issue du derby milanais. Car mine de rien, Naples n'est qu'à trois points du leader rossonero, deux du dauphin interiste. Mais pour continuer à rêver, le Napoli fou de Mazzarri devra passer sur le corps de la Lazio Rome, emmenée par Edy Reja, l'homme qui a permis à Naples de remonter en Serie A en 2007. Un amour jamais oublié par les Napolitains, et qui a quitté le stadio San Paolo un soir de mars 2009, après une défaite contre... la Lazio. Drôle de cercle. Si l'on en croit les statistiques, la bande de Mazzarri ne devrait néanmoins pas avoir de mal à s'imposer. A domicile, elle n'a plus perdu le moindre match depuis octobre. Quant à la Lazio, c'est l'inverse. Une seule victoire à l'extérieur (à Brescia) sur les cinq derniers mois. Les Romains joueront diminués, sans Ledesma, Matuzalem et Radu, tous suspendus, mais avec un Zarate qui a enfin retrouvé le chemin des filets et qui, au match aller (victoire 2-0 de la Lazio) avait été étincelant. En revanche, Naples sera quasiment au complet, et pourra compter sur un Cavani en pleine bourre, encore auteur d'un but mardi avec l'Uruguay. Plein d'argentins, plein d'uruguayens : le bleu ciel et le blanc seront bien les deux couleurs de cette rencontre, qui pourrait au final bénéficier à une tierce équipe : l'Udinese, glissée entre le Napoli et la Lazio au classement.


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Dimanche, 15h00

Catane (15ème) – Palerme (8ème)


Napoli-Lazio est terminé. Il est 14h30. Juste le temps d'aller se chercher un truc à manger, et c'est reparti pour de nouveaux frissons. Direction le sud de l'Italie, plus particulièrement la Sicile, où se tient le bouillantissime derby sicilien. Deux équipes, Catane et Palerme, qui se détestent autant (voire plus) que les deux Romaines. C'est dire. Or, cette saison, les enjeux dépassent même la suprématie de l'île. Catane est englué dans les bas fonds du classement, et aurait bien besoin de trois points pour se donner de l'air. Pour Palerme, l'objectif, revu à la baisse, se nomme désormais Europa League, via la 7ème place qualificative pour le tour préliminaire. Palerme y est à la lutte avec la Juventus et la Fiorentina, les trois équipes se tenant en 4 points. Or, après le trou noir de février-mars, Palerme retrouve des couleurs (roses) grâce à sa victoire face au Milan AC. Problème. Le stadio Massimino de Catane est une véritable forteresse, où Catane constitue tous les 15 jours son maintien. L'équipe de Simeone reste même sur trois succès de rang à domicile, qui contrastent avec les quatre revers consécutifs à l'extérieur. Et l'adage se confirme sur le derby : Catane s'est imposé lors des trois derniers derbys joués à la maison. Pour Palerme, qui s'est imposé à l'aller grâce à un triplé de Pastore, il est donc l'heure de laver l'affront. Avec ou sans Miccoli, son capitaine, encore incertain. Seul regret : Giuseppe Mascara a quitté Catane. Dommage. On aurait aimé revoir un type qui marque un but de 50 mètres lors d'un derby.



Dimanche, 20h45


AS Roma (6ème) – Juventus (7ème)


L'apéro est englouti. Place au plat de résistance. Le genre de mets que l'on attend tout le week-end pour s'en délecter le dimanche soir. Anciennes chefs étoilées, la Roma et la Juventus sont passés, en quelques mois, des palaces aux fast-foods, loin de l'identité italienne. Eux qui trustaient les premières places et les étoiles, tel un Robuchon au Michelin, se battent désormais corps et âmes pour choper une malheureuse place en Europa League, souvent qualifiée de Coupe des Pauvres en Italie. Pauvre, comme le jeu proposé par la Juventus, plus blafarde que bianconera depuis le début de l'année 2011 (7 défaites en 12 matches). Fébrile contre les équipes de milieu et même de bas de tableau, la Juve, en Vieille Dame qu'elle est, ne néglige néanmoins jamais les grands rendez-vous. L'équipe de Del Neri a beau être faiblarde, elle sait toujours changer de braquet lorsque les gros cols se profilent. Pendant ce temps, côté romain, le moral est plutôt bon, l'arrivée de Vincenzo Montella, bien que critiquée, ayant créé l'électrochoc escompté. L'Aeroplanino a ressuscité Pizarro, et Francesco Totti, métamorphosé par l'arrivée sur le banc de touche d'un mec aussi jeune (ou vieux) que lui, est redevenu décisif. La Roma, galvanisée par l'arrivée imminente de son nouveau président, court toujours après la quatrième place, et vu le rythme effréné de l'Udinese, sait qu'elle n'a plus droit à la moindre pause.



Après quoi, un petit Limoncello pour digérer, et au lit, pour une nuit de sommeil bien méritée. Après 24 heures de Calcio, le lundi s'annonce plus difficile que jamais.



Eric Maggiori & Swann Borsellino

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