1. // Elections Présidentielles de 2012

2012 en 5 questions footballistiques

L'élection présidentielle s'annonce corsée, sur fond de montée des populismes conservateurs et de gentrification de la gauche, pendant que les centres se cherchent encore une identité et que les verts découvrent les joies de la démagogie. Longtemps favori d'office, à l'instar de l'OL, Sarko doit quasiment se résigner au rôle de challenger, en attendant que les primaires socialistes (comme celles entre l'OM et le PSG) décident de son "moins pire" opposant. Mais au-delà des choix tactiques et d'un mercato tardif, le foot français et la L1 ont déjà balisé à leur façon les prochaines thématiques de la campagne. Voici les 5 points qui vont diviser la France en 2012.

Modififié
0 9


1- Mondialisation / Démondialisation

Après l'oeil de Moscou, la djellabah de Doha? La France a pu aimer son empire mais elle a du mal à se faire a ce monde du capitalisme multipolaire ou les nouvelles puissances "obscures" parlent autant arabe ou russe qu'anglais. Le rachat du PSG par les qataris, avec la bénédiction présidentielle pendant que Chantal Jouanno risquait son poste pour ses envolées gaullo-zemouriennes, appose la marque de "l'infamie" mondialiste, fait la dénonciation des méfaits sociaux et sert de vaseline prolétarienne aux gars de la Marine, sur le front footballistique de la nation de Jaurès et Zidane. La conversion de Martine Aubry à la révolution numérique et à l'interprétation amércaine/anglo-saxonne de la sociale-démocratie (le "care") permettront-ils à la gauche de relever le gant sans basculer dans le passéisme ni perdre son goût du peuple? Bref, le LOSC peut-il garder son titre sans perdre son âme?

2- Les milieux populaires

De la droite populaire qui veut suspendre le droit de grève au nom des vacances de Dupont-Lajoie au NPA qui présente un bon ouvrier de chez nous ex de LO, tout le monde court après ceux qui prennent la crise en pleine tronche. Mais attention, on fait le tri, de la France qui travaille aux "seuls gaulois" du FN en passant par les petites gens du Front de Gauche, chacun fantasme et formate son noble peuple. Le foot français a montré la voie en commençant à faire le tri dans le petit monde des supporters (avec le cas emblématique et complexe du PSG) qui va sûrement connaître en 2012 sa grande leçon de réalisme : pas besoin du peuple pour avoir un foot populaire. Une fois de plus, dans le droit fil du think tank Terra Nova, la gauche, à l'exception notable et surprenante du PCF, passe la main et préfère parler de défilé militaire et de la dernière provoque de papa Le Pen.

3- L'Europe absente

Alors que Govou fuit la Grèce pour trouver refuge dans la mère-patrie du côté d'Evian, il semblerait que l'ensemble de la classe politique n'ait guère envie de casser les pieds de nos concitoyens avec une question pourtant aussi cruciale que le rôle de l'Europe (hormis les habituelles embardées anti-Euro du FN). le peuple français n'a plus son mot à dire sur l'avenir de l'UE? Tout ne se jouerait déjà plus qu'entre Berlin, Londres et Rome? Après tout, qui doute encore que la Champion's League se disputera entre la perfide Albion et l'Espagne ? et la désignation de Rudi Garcia comme meilleur entraineur français n'y changera pas grand chose.

4- Régulation financière et économique

La crise financière, devenue économique au fur et à mesure que les dettes des banques se muaient en taux de chômage des nations, va surement s'imposer comme le ghostwriter de cette campagne présidentielle. Et le fétiche de la régulation, agité par l'ensemble de la classe politique, va de nouveau s'élever en totem protecteur censé garantir le retour de la toute puissance des Etats. On se demande toutefois ce qui pourrait effrayer le CAC 40. En effet, l'exemple du foot, de la DNCG au futur fair-play de l'UEFA, démontre qu'il s'agit surtout de jouer plus à l'urgentiste qu'au gendarme. En d'autres termes, davantage de déclarer la mort clinique des petits perdants du système que de corriger un tant soit peu les excès du G20 du ballon rond. On est loin de la révolution d'octobre et même du New Deal de Roosevelt.

5- Islam et Immigration

La présidentielle a peut-être débuté dans un bus en Afrique du Sud dans un bus. Et pris sa tonalité finale entre une droite qui se lâche, une gauche qui bafouille et un FN ramasse sans mot dire. Une affaire des quotas plus tard - ou reconnaissons-le l'attitude de Jouanno fit oublier avantageusement les délires de Bachelot - et d'apéro-saucisson en polémique sur l'Islam, le débat "républicain" s'est dramatiquement abaissé à chasser "le mauvais français". La peur de la femme en niqab cumulée à celle du joueur black qui mange hallal dépeignent désormais la figure emblématique de l'échec de l'intégration de ces troisièmes générations si "ingrates". Constat d'autant plus prégnant que le beau parcours des Bleues a renvoyé, à leur corps défendant, le souvenir très "années 80" d'un foot "sain" ou les minorités restaient avec le sourire à leur place. Marine Le Pen ne s'est-elle pas présentée à Hénin-Beaumont, doté d'une belle équipe féminine?

Nicolas Kssis-Martov

Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
Modifié

Monsieur Martov,

On ne porte pas de djellaba à Doha que je sache.
A chaque fois que vous essayez de nous pondre un article qui mêle foot et politique, c'est à chaque fois de la merde.

Abstenez-vous.
Je trouve que c'est un bel exercice de style.

Bravo à l'auteur, à Nicolas (hum!) Kssis-Martov (qui est peut-être le croisement entre Wim Kist et Kostadinov?).
si!! mélangeons le foot et la politique, ca fera pas de mal à certains...
l'idée est bonne mais de trop nombreux raccourcis rendent l'article moins pertinent. D'un autre côté c'est pas So libération mais So foot alors faut être indulgent...
c'est quand même pour ce genre d'article qu'on lit so foot plutôt que l'équipe...
Nicolas Kssis-Martov nous avait habitué a un peu plus de tranchant en parlant politique.
On dirait du bobo-réformard à la Dhorasoo.
Comment oser mettre Charles de Gaulle au niveau du duo Zemmour / Jouanno pour illustrer un relent nationalisto-poujadiste bien amer ? Faute de goût ? Lacune politique ?
Partenaires
Olive & Tom Logo FOOT.fr
0 9