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2010, année Deschamps

Trois titres et un retour dans le top 16 européen pour un club qui n'avait plus rien fêté depuis 1993. 2010, c'est l'année Deschamps, il n'y a pas photo. Focus sur les dix moments clés d'une saison "révolutionnaire" pour celui qui va recevoir le prix d'Entraineur de l'Année sur le plateau de Téléfoot.

- La défaite à Montpellier, le 30 janvier


L'OM part à la Mosson avec l'ambition d'écarter définitivement un prétendant à la première place. La désillusion n'en sera que plus cruelle. Les Olympiens repartent avec un 2-0 dans les valises dont un slalom splendide d'Aït-Fana. Septièmes de Ligue 1, à 12 points de Bordeaux, personne n'ose trop miser sur les Marseillais. Sauf Deschamps, qui a compris qu'un M'Bia trop attiré par le jeu au milieu serait plus fort en défense centrale et qu'un Cheyrou pas assez leader devrait laisser sa place à Kaboré.


- La victoire en Coupe de la Ligue, le 28 mars


Quelques heures avant la finale contre Bordeaux, Deschamps fait connaissance avec “la” rumeur : Laurent Blanc, qui comptait aligner les remplaçants lors de ce match, va finalement mettre son équipe-type. Pression à l'intérieur du club ? De la Ligue ? DD s'en fout, il ne cesse de dire à ses joueurs qu'il faut gagner à tout prix. Histoire de vite gagner un trophée, afin de se débarrasser du signe indien pour aborder la fin de saison sans pression. Il ne s'y trompe d'ailleurs pas quand le lendemain, à la fin de la cérémonie de célébration sur le Vieux Port, il lâche en plein milieu de la mairie : « Allez, il faut rentrer se reposer, on a un plus gros trophée à ramener en fin de saison... » .

- La victoire contre Rennes, le 5 mai


Comme pour se venger d'un Bordeaux qui lui a volé la vedette dans la dernière journée de championnat en 1999 et 2009, l'OM enchaîne les victoires pour s'offrir “un titre à la Lyonnaise”. Lors de l'antépénultième journée, les Phocéens ont donc l'occasion d'être sacrés chez eux. Quand même mieux que l'Etap Hôtel. Oui mais. Deschamps n'oublie pas que le 5 mai, c'est aussi la date de la catastrophe de Furiani. Alors à la fin du match, au premier micro qu'on lui tend, il montre qu'il a plus de tact que la Ligue et rend hommage aux victimes.

- La conférence de presse d'après-match contre Rennes, le 5 mai


Malgré le feu d'artifice et les courses de Valbuena en slip, Deschamps a du mal à se lâcher. « C'est une joie différente de celle d'un joueur, un peu plus contenue » s'excuse-t-il presque en conférence de presse après le match. Les journalistes n'auront pas à se plaindre, la belle formule, ils vont l'avoir à la toute fin : « Cette année, j'ai avalé beaucoup de couleuvres et même quelques boas mais tu es obligé de composer » . Une phrase qui est arrivée plus d'une fois aux oreilles de Jean-Claude Dassier. Et qui a amorcé un peu la fin de leur relation idyllique.

- La drague de Liverpool, le 26 juin


On pouvait s'en douter, un tel bilan, ça attise les convoitises. Lorsque Rafael Benitez annonce qu'il part pour l'Inter Milan, les propriétaires pensent à Hodgson certes, mais aussi à Monsieur Je-gagne-partout-où-je-passe. Ça fait la une de L'Equipe et Double D s'offre un gros coup de pub avec son démenti. Comme en 2004 lorsqu'il refuse la Juventus, il choisit la continuité. En espérant secrètement détenir les pleins pouvoirs lors du mercato.

- La provocation de Ben Arfa avant le stage à Port-Crouesty, le 30 juin


Lorsque Deschamps retrouve son groupe à la reprise, fin juin, il constate que ses joueurs sont revenus accompagnés de kilos superflus. Premier coup de gueule et première directive : fini la junk-food et les sucreries. Le lendemain, avant d'embarquer pour le premier stage de l'équipe, Hatem Ben Arfa va au distributeur de l'aéroport s'acheter un canette de Coca et un Kinder Bueno. Il se met alors dans le sillage de Deschamps et croque la barre chocolatée avec délectation, carré par carré. Il a beau être plus convaincant que Tsonga dans la pub, il se coupe définitivement de son entraîneur.

- L'annonce Luis Fabiano, le 6 août


Avant l'ouverture du championnat, Didier Deschamps passe sereinement par le point presse. Il faut dire qu'il est confiant : non seulement Mamadou Niang ne partira pas, mais en plus un grand attaquant va venir l'épauler : « Dimanche, nous n'avions pas les fonds nécessaires, aujourd'hui, nous les avons. Il faut trois choses pour réussir ce genre d'opération : trouver le bon attaquant puis que le joueur soit d'accord pour venir et enfin que les deux clubs s'entendent. Les deux premières conditions sont réunies » . Gilardino, Luis Suarez... les supporters peuvent se mettre à rêver. Finalement, il s'agira de Luis Fabiano. Mais il ne viendra pas.

- L'après-match contre Valenciennes, le 15 août


Deux matchs, deux défaites. Marseille n'arrive pas à entamer son championnat. Après avoir chargé son président après le match contre Caen ( « Moi j'ai demandé des joueurs, si on n'est pas capables de les prendre ... » ), il en remet une couche après Valenciennes. Alors que le départ de Niang pour Fenerbahçe est officialisé, on parle d'un plan B en attaque. « Ou C, ou même Z » précise Deschamps avec fatalisme. De quoi excéder son président qui lui retire les clés du recrutement pour les filer à José Anigo.

- La défaite contre Paris, le 7 novembre


L'OM n'avait plus perdu au Parc depuis l'automne 2004. Pour situer, dans l'effectif de l'OM, seul Doudou Cissé avait joué ce match. C'était avec la tunique adverse et il avait planté le but de la victoire. Si l'on est pragmatique, comme il faut bien en perdre un de temps en temps, autant donner celui-là. Pour autant, après la rencontre, la Dèche fait passer la pilule auprès des supporters en jouant au mauvais perdant. Le périphérique parisien, l'hôtel : tout y passe.

- La victoire sur Montpellier, le 27 novembre


En s'imposant 4-0 contre Montpellier, l'OM clôt d'une belle manière une semaine durant laquelle il s'est qualifié en huitièmes de finale de la Ligue des Champions avec une journée d'avance. Également en tête de la Ligue 1, le club marseillais est dans les temps. Qu'ils aient un point d'avance ou deux de retard, que Lille, Paris et Lyon enchainent les bons résultats, beaucoup continuent de faire de l'OM le favori à sa propre succession. Sans doute parce que l'entraîneur, c'est Deschamps.

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