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2006-2014 : Respect pour l'Espagne !

Comme en 2010, il y avait en 2014 une Roja de trop et la vaincue d'hier soir a passé le témoin à celle malheureuse d'il y a quatre ans. Respect aux Espagnols de 2006-2014 qui sont morts debout et qu'on aurait tort de ne pas voir rebondir à l'Euro 2016…

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2014, ou le contrecoup d'un leadership longtemps recherché

Pourquoi depuis 2006 ? Parce que c'est l'année du deuxième sacre en C1 du grand Barça conquérant qui sera la matrice du jeu de la sélection hispanique. Même si seuls Iniesta, Puyol et Valdés avaient disputé la finale contre Arsenal (2-1), ce furent les débuts de la reconquista du foot de sélection ibérique perceptible au Mondial 2006 (quart de finale, 1-3 contre la France). Deux ans plus tard, à l'Euro 2008, la Roja regagnait enfin un titre majeur après son Euro 1964 à dom (2-1 contre l'URSS). Puis elle enquilla avec son premier Mondial en 2010 et un troisième Euro en 2012. Cette triple couronne inédite qui la remontait enfin au niveau des grandes nations n'était qu'une façon de corriger la plus grande anomalie de l'histoire du foot. Comment l'Espagne n'avait-elle gagné qu'un Euro 1964 alors que ses clubs avaient fait une razzia dès 1956 dans toutes les coupes d'Europe et qu'elle produisait régulièrement des joueurs de grand talent ? La malchance, l'injustice, quelques générations de joueurs parfois moyens ou juste bons, ou bien des conflits « interrégionaux » niés mais réels (entre Basques, Castillans et Catalans) avaient installé la Roja dans une lose devenue proverbiale. Il appartiendra à Aragonés et Del Bosque de resituer la place véritable du foot espagnol sur l'échiquier international : au sommet de cette « caste » très fermée. Au milieu du Brésil, de l'Italie, de l'Allemagne et de l'Argentine. Pas moins.

On a senti qu'après le style dominateur et flamboyant de l'Euro 2008, la Roja de Del Bosque des succès de 2010 et 2012 avait opté pour un tiki-taka constrictor qui a fait plier tous les ténors du foot mondial. En 2012, on toucha même le sommet de l'étouffement par la (longue) possession en se privant carrément d'un n°9 ! Sans doute une petite forme de vengeance après toutes ces années de lose désespérante : Del Bosque, ancien international, ainsi qu'Aragonès et Aimé Jacquet, ont connu les périodes noires de leurs sélections respectives. Alors quand le bon vieux Vicente a mesuré tout le profit qu'il pourrait tirer du jeu des Blaugrana (à nouveau vainqueurs de la C1 2009 et 2011), il n'a pas hésité à l'imposer à la Roja. Un style très critiqué : l'Espagne gagna le Mondial 2010 avec le plus faible total de buts marqués… Vicente n'avait en fait qu'appliqué une formule qui marche à l'heure où tous les adversaires blindaient derrière sans trop vouloir prendre le jeu à leur compte. La Roja assuma donc la possession et s'appuya sur ses fameux petits gabarits, les « modèles réduits » comme Xavi, Iniesta, David Silva, monstres techniques et tactiques, acteurs d'un foot futé et révolutionnaire. En fait peu importait la manière pour Del Bosque : l'Espagne devait combler un palmarès indigne de son rang et sur ce point crucial, il a parfaitement réussi. Jusqu'à ce Mondial 2014…

Syndrome « Équipe de France 2002 » , objectif Euro 2016

Comment en est-on arrivé à l'élimination d'hier soir ? Il suffit de reprendre deux citations quasi prémonitoires de Xabi Alonso et Iker Casillas… Au début de l'année, le premier avait déclaré à France Foot : «  Nous ne voulons pas connaître le même sort que la France en 2002. » San Iker, héros d'hier injustement brûlé aujourd'hui (et les tab à l'Euro 2008 et 2012 ? Et l'arrêt décisif face à Robben en 2010 ?) s'était confessé à GQ avant la finale de C1 contre l'Atlético. Il avait évoqué le long règne victorieux de la Roja et du challenge de Brésil 2014 : « Notre génération a désormais le droit à l'échec. » Tout était déjà dit, non ? De 2006 à 2014, toute une génération extraordinaire a bataillé très dur en clubs et en sélection : 9 ans de combats acharnés et de succès inestimables ont fini par cramer un groupe gagné par la lassitude. Une triple couronne pour la Roja, une triple C1 pour le Barça, la Decima pour le Real, des Clásicos planétaires devenus légendaires (C1, Liga, Coupe du Roi !), des titres en pagaille en C3 et l'apothéose 2014 avec une finale 100 % ibérique en C1 et une victoire du FC Séville en C3…


Le foot espagnol ne pouvait pas monter plus haut. Tout simplement. Même les quatre Ballons d'or de Messi (Barça) et le deuxième de Cristiano (Real) mettent indirectement en évidence l'excellence d'un foot espagnol écrasant ! La faim de victoires était pourtant encore là. Mais… Récemment, Emmanuel Petit nous avait décrit ce sentiment de lent déclin vécu par les Bleus 98-2000 : « Nous, les joueurs, on ne se rendait pas compte qu'on était moins bons. On était champions du monde et champions d'Europe et de ce fait quasi incapables de nous remettre en cause. Ce n'était pas de l'arrogance, mais juste un sentiment de force collective qui conduisait à un certain déni quand les choses ont commencé à mal tourner. Seule l'extrême brutalité de notre élimination du Mondial 2002 au premier tour nous a fait comprendre qu'on était nettement moins compétitifs. Mais en 2002, en Asie, c'était trop tard pour s'en rendre compte. » Après le 5-1 face aux Pays-Bas, Manu avait senti instinctivement que l'Espagne 2014 allait être victime du même syndrome «  Équipe de France 2002 » . Bien vu, Manu ! Xabi Alonso a fait lui aussi le constat tardif de ce syndrome : « On n'a pas su maintenir la conviction, la faim, sans doute en raison des nombreuses victoires. On n'a pas pu maintenir ce niveau. On n'avait pas les mêmes sensations sur le terrain que lors des autres championnats. C'est un peu tout. Mentalement, on n'était pas prêts et physiquement, on était un peu justes. Donc, tout ça ensemble fait qu'on n'était pas dans les meilleures conditions et on n'a pas été à la hauteur.  » Aujourd'hui, quand on revoit les images de l'après-finale de l'Euro 2012 où les joueurs espagnols avaient communié ensemble avec leurs enfants sur la pelouse du stade olympique de Kiev, on ne peut s'empêcher de penser que la Roja n'aspirait plus qu'à revenir « à la casa » et à y rester. Trop de souffrances les attendaient à nouveau pour espérer gagner le Mondial 2014…

En passant, on remarquera que le Brésil ne réussit pas à l'Espagne. C'est le traité de Tordesillas de 1494 qui l'avait privée du gros morceau de colonie d'Amérique du Sud : le Brésil, justement, attribué au Portugal. Plus globalement, en parlant de jeu, le style sud-américain en général a toujours posé problème à cette Roja à cause de certaines similitudes (technicité, jeu de passes courtes, harcèlement et pressing, grinta) : hier, la Roja a perdu contre son double démoniaque sous les « olé ! » de corrida « andalose » … Mais pour en revenir au « syndrome Brésil » , on notera que le choix malheureux du Brésilien Diego Costa en 2014 s'inscrit en contre-exemple absolu du choix d'un autre Brésilien, Marcos Senna, en 2008, un des artisans majeurs du titre à l'Euro… Alors, morte l'Espagne ? On va attendre dans un premier temps de savoir si Vicente del Bosque reste ou non à son poste (son contrat avec la Roja court jusqu'en 2016). On souhaiterait qu'il prolonge pour le voir aborder le challenge de l'Euro en France qui déterminera sa faculté ou non à redonner du souffle à la Roja. Une Roja qui recèle de vraies potentialités : les U19 sont champions d'Europe (2011, 2012) et les Espoirs sont doubles champions d'Europe en titre (2011, 2013). Qui, parmi les « anciens » , pourra faire la soudure avec la jeune génération de De Gea, Carvajal, Isco, Jesé, Herrera, Muniain, Deulofeu et Thiago Alcántara (le Munichois de 23 ans dont l'absence au Brésil a pesé lourd) ? Iniesta, l'un des moins décevants de ce Mondial, est toujours là. On peut compter aussi sur les possibles « revanchards » que sont désormais Ramos, Jordi Alba, Javi Martínez, Busquets, Fàbregas, Koke, Mata, Pedro. Morte et enterrée l'Espagne ? Vraiment ?...

Par Chérif Ghemmour
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