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1984, Hollywood sacre la France

Il y a 27 ans jour pour jour, l'équipe de France remportait l'or olympique, avec une sélection de seconds couteaux. Récit d'une aventure pas banale, conclue devant plus 100 000 spectateurs, face au Brésil.

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Le 27 juin au Parc des Princes, Platini et Bellone défloraient le palmarès de l'équipe de France, dominatrice de l'Espagne 2-0 en finale de l'Euro. A peine un mois plus tard, c'est une sélection bis, ni vraiment espoir, ni franchement expérimentée, qui débutait son parcours olympique. Il était bel et bien question alors de surfer sur la victoire, d'autant que dans le contexte tendu de la guerre froide, trois des principales nations favorites, la RDA, l'URSS et la Tchécoslovaquie, avaient finalement déclaré forfait, imitant les satellites des Américains quatre ans plus tôt à Moscou. Parmi les pays du bloc de l'est, seule la rebelle Yougoslavie avait finalement décidé de venir sur le sol yankee. A noter par ailleurs qu'un nouveau règlement avait été mis en place à l'époque par Juan Antonio Samaranch afin de favoriser la participation de joueurs professionnels (sans limite d'âge, mais avec 5 sélections A max par tête).

La menace yougo

Placés dans le groupe A, les Bleus d'Henri Michel (qui succédera à Michel Hidalgo dans la foulée à la tête de la vraie équipe de France) débutent par un match inaugural face au Qatar. Le 29 juillet, lendemain de la cérémonie d'ouverture, à laquelle ils n'assistent pas. Et pour cause : le match se déroule à Annapolis, dans le Maryland, à plus de 4 000 km de Los Angeles ! Les débuts sont hésitants, le Qatar va même mener au score, mais Daniel Xuereb va réussir à créer l'égalité 2-2. Le premier d'une série de 5 buts pour l'attaquant lensois sur l'ensemble de la compétition. Lors du deuxième match de poule, c'est un autre Lensois, François Brisson, qui inscrit un doublé pour une victoire 2-1 face à la Norvège. Avec un résultat nul 1-1 lors de la troisième et ultime rencontre du premier tour (but français du Parisien Jean-Claude Lemoult), la France se qualifie avec une première place à la clé. Direction la côte ouest, enfin, et le village olympique, pour participer à la phase éliminatoire. Elle débute tranquillement en quarts face à l'Egypte, dominée 2-0 (doublé de Xuereb). Puis c'est la demi, au mythique Rose Bowl de Pasadena, devant près de 100 000 spectateurs, face à la redoutée sélection yougoslave. Au tour précédent, cette dernière a fait une démonstration en écrasant 5-2 la RFA d'Andreas Brehme et Guido Buchwald. Les Yougo comptent dans leurs rangs des noms connus tels que les futurs Niçois Ljubomir Radanović et Marko Elsner, l'actuel entraîneur sochalien Mehmed Baždarević, sans oublier le tout jeune Dragan Stojković, 19 ans à l'époque.

Guy Lacombe en leader

Le début de partie est idéal pour la France, en démonstration pendant le premier quart d'heure et qui mène alors deux buts à zéro. Des buts inscrits par le jeune milieu monégasque Dominique Bijotat (actuel entraîneur de Metz) et le défenseur nancéen Philippe Jeannol. Victime de son inexpérience, la bande à Henri Michel va pourtant laisser revenir ses adversaires en seconde période. Des adversaires réduits à 10 peu après le retour des vestiaires, et même à 9 dans le dernier quart d'heure. Le double avantage numérique permet à Guy Lacombe et Daniel Xuereb de clore la marque durant les prolongations, pour un score final de 4 à 2. A l'époque, Lacombe porte déjà la moustache. A 29 ans, il est un des deux joueurs les plus expérimentés de l'équipe, avec le gardien sochalien Albert Rust. Patrice Garande est également de la partie aux Etats-Unis. A 23 ans, il vient d'être sacré meilleur buteur de D1 sous les couleurs de l'AJA (21 buts, à égalité avec Delio Onnis). Interrogé en 2008 par le quotidien Ouest-France, il se souvient de cette demi-finale comme «  le match le plus difficile du tournoi, contre des Yougoslaves très limites » . Entendre agressifs, avec les deux cartons rouges récoltés.

La teuf à Malibu

Dans le même temps, le 8 août très exactement, le Brésil est péniblement venu à bout des Italiens, 2-1 après prolongations. Rien d'étonnant quand on voit au sein de la squadra azzura la présence de joueurs du calibre de Pietro Vierchowod, Franco Baresi, Aldo Serena, Daniele Massaro ou encore Salvatore Bagni. Mais c'est bien le Brésil du prometteur Dunga (capitaine de l'équipe championne du monde U20 l'année précédente) qui s'offre aux Bleus ce 11 août 1984 au Rose Bowl de Pasadena, où l'affluence est record : 101 799 spectateurs ! Après 45 minutes à prendre la mesure d'un adversaire moins hargneux que celui des demis, William Ayache et les siens vont tranquillement dérouler, avec un premier but inscrit par François Brisson de la tête à la 54e (centre de Jean-Philippe Rohr), puis un second arraché moins de dix minutes plus tard par Daniel Xuereb, qui profite d'un dégagement foireux du gardien sur une frappe de Bijotat. Patrice Garande : « Au coup de sifflet final, c'était énorme. On a vécu des moments magiques, ancrés en nous » . Préférant zapper la cérémonie de clôture du lendemain, les joueurs partent fêter l'or olympique à Malibu. «  On s'est baigné, on a fêté notre titre dans des endroits que l'on voyait seulement à la télé » . C'était l'époque où les footeux ne partaient pas se dorer la pilule sur les plus belles plages du monde à l'intersaison. La préhistoire.

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