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15 mois après, les Lensois sont rentrés al' baraque

Nouveau stade, nouvelle équipe et nouveau championnat. Largement de quoi attiser la curiosité du peuple lensois après une saison « cauchemardesque » , dixit Gervais Martel, vécue du côté de la Licorne à Amiens. Revigorés par un nul rassurant et prometteur lors du match inaugural à Metz, les supporters lensois ont vécu une semaine trépidante, impatients de retrouver leur antre de Bollaert-Delelis après un lifting de 15 longs mois. Récit.

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  • Lundi 3 août


    Les Red Tigers, principal groupe ultrà du RC Lens, lancent les invitations. Ils donnent rendez-vous à tous les fans Sang et Or pour le samedi, 11h30, devant la gare de la cité artésienne. L'idée est de provoquer un grand rassemblement de supporters pour prendre, ensemble et en cortège, la direction du nouveau stade. Les ultras artésiens préparent 4000 sacs de confettis pour transformer Bollaert en Bombonera.

  • Mardi 4 août


    Le Racing club de Lens annonce que la rencontre contre le Red Star se jouera à guichets fermés. Les 32 000 places mises en vente, sur les 38 223 que comptera le stade dans sa configuration finale d'ici quelques semaines, sont parties comme des petits pains. Tony, un fan Sang et Or, écrit : « Il reste des places pour Lille-PSG. Lens-Red Star est déjà sold-out. Quand certains possèdent une équipe, d'autres ont un club. » Chambreur. Jean-Marc, lui, préfère plomber l'euphorie ambiante : « C'est Gervais qui va être heureux. Dans la série plus je raconte n'importe quoi, plus ils sont nombreux…  » Mais Vlad' Smicer vole au secours du public lensois : « Lens est une petite ville, avec un grand stade et un super public qui adore le football. L'ambiance ? C'est peut-être la proximité avec l'Angleterre qui la rend similaire. Les fans n'attendent pas un grand match pour faire du bruit. » Le mec a quand même joué à Liverpool…

  • Mercredi 5 août


    Une bande de fans du Racing, nommée Lens 1906, se fait tomber dessus par nombre de supporters lensois après avoir postée sur Facebook une photo de sièges arrachés lors d'un déplacement à Créteil il y a deux ans : « S'il vous prenait l'envie de faire la même chose samedi, faites-vous plaisir  » , écrit Lens 1906 qui veut défendre « une tribune Marek debout et populaire » . Face au tollé, la bande s'explique : « On ne vous a pas demandé de venir avec un tournevis au stade (…) Dans un contexte de volonté de suppression pure et simple du mouvement supporter en France, posez-vous la question de savoir pourquoi les abonnés de la Marek (ndlr, la tribune latérale qui accueille les fans du Racing) ne veulent pas de sièges et pourquoi on s'obstine à nous en remettre à chaque rénovation (...) En réalité, les sièges sont accidentogènes, ils nuisent à l'ambiance et à l'animation (le but des autorités) » . À coup sûr, ce sujet sensible reviendra dans les négociations avec le club à l'issue de l'Euro 2016.

  • Jeudi 6 août


    La presse est conviée à découvrir en avant-première le nouveau visage de Bollaert-Delelis. Lequel grouille encore d'ouvriers et d'engins de chantiers. Difficile de croire qu'un match va pouvoir s'y dérouler à guichets fermés 48 heures plus tard. Mais Damien Vanoise, directeur de la sécurité du RCL, se veut rassurant : « Compagnons, ouvriers des différentes sociétés et tous les salariés du club travaillent d'arrache-pied, jours et nuits, pour que le public soit accueilli dans les meilleures conditions de confort et de sécurité  » , affirme-t-il.

    Même Gervais Martel mouille la chemise. Le polo plutôt. Violet et assorti à un pantalon vert. Le big boss, amaigri et visage marqué, arpente le stade d'un pas pressé, passant d'un bureau de chantier à un autre, et serrant la main des ouvriers : « Il y a deux mois, j'étais inquiet, avoue-t-il. Je me demandais si on pourrait démarrer le championnat ici. Mais ça y est. On est prêt. Bollaert est disponible, jouable et en sécurité pour accueillir son public. C'est un pari gagné. On a pu mettre 32 000 places en vente pour l'instant et comme d'hab, le public a répondu présent.  » N'aurait-il pas cependant peur d'un contretemps de dernière minute ? «  Moi peur ? » , réplique-t-il. « Il y a longtemps que j'ai oublié d'avoir peur. J'ai quand même connu un peu de péripéties ces derniers temps. Je fais confiance aux spécialistes. Encore quelques finitions et, dès samedi, on retourne enfin à la maison. On attend tous ça depuis un an. » GM est fier de son nouvel outil : « C'est un stade fabuleux qui avait vieilli et qu'il fallait rénover. La structure et la toiture me font penser au stade du Milan qu'on avait joué il y a quelques années. Mais on a voulu garder un stade à l'Anglaise avec quatre tribunes séparées. C'est ça, l'âme de Bollaert. » « Unique en France » , communique d'ailleurs le club sur ses affiches. « Le nouveau Bollaert est plus aéré, la sécurité et le confort sont accrus et il y a une meilleure visibilité » , conclut GM. Son kop, lui, reste en tribune latérale. Et là, ne dites pas que c'est unique, sinon les Valenciennois ne seront pas contents.

    De son côté, Antoine Kombouaré est venu en repérage sur la pelouse de Bollaert avec ses joueurs et dix nouvelles recrues. Dont Christian Bekamenga tout juste arrivé de Troyes et à qui un journaliste demande : « Il vit comment le vestiaire ? » AK rebondit à la place du Camerounais : « Notre vestiaire ? Il est en plein travaux, on est allé le voir ce matin, y a rien de fini. » Avant de donner son avis sur la nouvelle enceinte : « C'est beau. De l'extérieur, le changement est frappant. Maintenant, un stade ce n'est pas grand-chose. C'est surtout le public qui est à l'intérieur qui est important. D'ailleurs, je pensais que nos supporters allaient nous bouder après le mauvais travail que l'on a fait la saison passée. Je les pensais fâchés. C'était ça, mon appréhension. Mais ils nous apportent la plus belle des réponses. Ce stade est notre maison et il faut désormais qu'elle soit infranchissable. »

  • Vendredi 7 août


    Le nouveau Bollaert-Delelis fait parler, même les joueurs des autres clubs. Comme Baptiste Reynet, le gardien de Dijon, interrogé sur le match de L2 qu'il suivrait ce week-end : « Je vais dire Lens-Red Star, parce que c'est la première de Lens en Ligue 2 à domicile. Ce stade Bollaert, il fait frissonner tout le monde. C'est un endroit où l'on voudrait toujours jouer. » Les supporters lensois, eux, sont surexcités : « Prêts à lever vos mains ? » , interrogent les Red Tigers sur Facebook avec une photo d'ambiance de leur tribune à l'appui.

    À quelques centaines de mètres du stade, le café Chez Muriel se prépare au grand rush du lendemain. Ce bar qui respire le foot a résisté tant que bien mal à l'exode forcé des supporters Sang et Or à Amiens la saison passée. « Encore une saison comme ça, et on pouvait baisser le rideau  » , confie la patronne, fan du Racing depuis sa plus tendre enfance et de tous les déplacements en France et en Europe. Pour preuve, l'un des troquets voisins, La Mi-Temps, face au stade, ne servira pas de pintes aux fans ce samedi, faute de repreneur. « Nous, on a la chance d'être propriétaires » , précise Muriel. Son mari, Emile, enchérit : « Lens, sans le Racing, sans Bollaert, c'est mort. On a perdu 60 à 70% de nos recettes avec la délocalisation à Amiens. Le retour à Bollaert va redonner de la vie au centre-ville. » Muriel frissonne déjà à l'idée de retrouver son antre : « On le voit de loin maintenant. De toute façon, mon stade a toujours été le plus beau. Demain, ça va être grandiose. Le temps d'un match, on va oublier que c'est la Ligue 2. »

    Bollaert, justement, il est tellement prêt que des centaines de supporters reçoivent un mail du club pour leur annoncer que leur place en tribune Lepagnot sera temporairement déplacée dans une autre tribune en raison « d'un problème d'assise » de siège. Ça va, l'Euro, c'est dans 10 mois.

  • Samedi 8 août


    Le jour J est enfin arrivé. Il est 11 heures et des centaines de supporters lensois sont déjà là. Ils ont revêtu leur maillot le plus vintage, le dress-code du jour, et se dirigent vers la gare de la cité artésienne. La bière coule à flots. Notamment devant le bar La Loco, QG des Red Tigers. Selon la police, 4000 supporters sont présents. Les pétards claquent, les fumigènes s'embrasent, les chants redoublent d'intensité. « On est là, on est là, dans le malheur ou la gloire, nous on est là, pour l'amour du maillot, que vous portez sur le dos…  » , reprennent en chœur les Ch'tis. Loin de la Licorne. Sous un soleil de plomb, l'ambiance est véritablement festive. À 12h30, le capo des RT 94 invite les fans Sang et Or à partir au stade. Une banderole «  Lens Fans » mène le cortège.

    455 jours après l'avoir quitté, les fans du Racing découvrent leur nouvelle enceinte. « Avec un tel stade, il faut la Ligue 1 et l'Europe » , s'exclame Eddy en entrant dans les travées. « Sans le drapeau Azéri qui flotte sur son toit, c'est encore mieux  » , s'énerve Greg, tandis que le mot qui revient sur toutes les lèves est « magnifique » . « Je trouve le stade épuré, lumineux, avec une meilleure acoustique grâce à la nouvelle toiture même si la sono est pourrie, estime un autre supporter. On ne peut pas dire que c'est impressionnant car ça reste Bollaert avec sa structure d'antan, mais c'est vraiment un beau lifting.  »

    Les grands changements du Bollaert-Delelis version Euro 2016 sont effectivement visibles à l'extérieur des gradins avec une mégastructure métallique, un système de haubans avec des mâts de 74m pour soutenir la nouvelle toiture, des parvis intérieurs et extérieurs pour déambuler autour des quatre tribunes. L'intérieur reste globalement similaire à l'ancienne version, avec de nouveaux sièges et de bons coups de pinceaux. La centaine de supporters du Red Star a quant à elle inauguré un nouveau parcage visiteur situé tout en haut et dans un coin de la tribune Trannin, derrière l'un des buts. On les a plaints.

    Le reste ? Une solide équipe du Red Star. Un Racing timoré qui n'a jamais su imposer un rythme capable de destabiliser un bloc parisien bien regroupé. Et 32 110 spectateurs qui ont pleinement joué leur rôle de 12e homme. Score final : 1-1. En témoigne la déclaration du coach Kombouaré à l'issue de la rencontre : « Je ne vais pas vous mentir. Si je suis ici aujourd'hui comme entraîneur de Lens, c'est pour vivre ce genre d'émotions. On a la chance d'avoir un stade magnifique. Mais vous pouvez avoir des stades et avoir personne dans les tribunes. Aujourd'hui, on a fait guichets fermés, avec un public qui nous a poussés, qui nous a amenés à se battre jusqu'au bout pour aller chercher ce point du nul. C'est exceptionnel. » Après deux autres rencontres à domicile en trois jours, mardi et vendredi, le chantier du stade Bollaert-Delelis reprendra de plus belle pour s'achever fin octobre selon le président du RC Lens. La livraison officielle, aura lieu, elle, en décembre prochain.

    Par Youri Hermano
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    Cheric Zghemmfour Niveau : CFA
    La seule baraque des Lensois,c'est la baraque à frites.
    Que ça fait du bien après avoir été dans un stade limité à 10 000 place de retrouver Bollaert et ses plus de 30 000 places qui pour ce match ont d'ailleurs été vendues dans leur totalité presque 1 semaine avant le match! Même quand l'equipe n'est pas au mieux les supporters eux sont toujours la :D
    number-14 Niveau : CFA
    @cheric. Nope. La seule baraque des lensois, c'est le bolaert....
    Bravo d'ailleurs au supporters du Red Star qui ont pas mal chanté, même si tous leurs chants tournent autour de Bauer haha

    Un régal de revenir à Bollaert...
    Message posté par tictac
    Que ça fait du bien après avoir été dans un stade limité à 10 000 place de retrouver Bollaert et ses plus de 30 000 places qui pour ce match ont d'ailleurs été vendues dans leur totalité presque 1 semaine avant le match! Même quand l'equipe n'est pas au mieux les supporters eux sont toujours la :D


    Gare a ne pas s'emballer non plus, même si l'ambiance était encore fofolle, tu sais bien que c'est le premier match, le "nouveau" stade qu'il y a plein de nouveaux joueurs, et tout.
    Quand on sera 15e en décembre et qu'on recevra Bourg Peronnas, tu verras qu'on passera plus les 15000 (Bien que ce soit toujours > aux autres affluences de L2 réunies).

    Surtout que qu'on se le dise, les parties du Stade censées être terminées sont de l'être, et les conditions de confort en tribune Lepagnot dite "Présidentielle", c'est une calamité pour le moment.
    Message posté par Louis1991


    Gare a ne pas s'emballer non plus, même si l'ambiance était encore fofolle, tu sais bien que c'est le premier match, le "nouveau" stade qu'il y a plein de nouveaux joueurs, et tout.
    Quand on sera 15e en décembre et qu'on recevra Bourg Peronnas, tu verras qu'on passera plus les 15000 (Bien que ce soit toujours > aux autres affluences de L2 réunies).

    Surtout que qu'on se le dise, les parties du Stade censées être terminées sont de l'être, et les conditions de confort en tribune Lepagnot dite "Présidentielle", c'est une calamité pour le moment.


    Je ne suis pas d'accord, Lens est avec sainté le club le plus fidèle de France. Même en national je suis sur qu'ils auraient plus de 15 000 pers /matchs et même quand Lens a été dans le mal en L2 je n'ai jamais vu moins de 20 000 spectateurs a Bollaert
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